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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 25 mars 2022 jour d'école...

Denis Vallier
(Illustration par Kevin Carden)

(Illustration par Kevin Carden)

On le sait bien pourtant que la sauvagerie est toujours là, juste sous la peau, en embuscade… mais c’est toujours un choc de le vérifier. On pensait en avoir fini avec la guerre et la barbarie, et voilà que ça canarde à tout va au cœur de l’Europe… et cela recommencera encore et encore tant que les peuples ne seront pas maîtres de leurs destins. Il va de soi que si l’on vient agresser votre famille, on n’a pas d’autre choix que de la défendre, mais c’est en amont qu’il faut agir préventivement.

Le point de départ pour s’en sortir et avancer est la qualité de l’éducation que l’on donne à nos enfants : une population éduquée sainement rechignera à partir en guerre pour agresser les voisins, elle demandera des comptes aux donneurs d’ordres. Le tragique exemple des enfants-soldats nous montre bien que sans éducation éthique, nous ne sommes que des brutes,  elle est primordiale et devrait être la priorité absolue de tout candidat à la Présidentielle… Une bonne part des malheurs de l’humanité provient de ce que l’on enseigne à nos gosses. S’il nous était interdit de leur parler avant leur majorité de patriotisme, de glorieux passé national, de patrie en danger, de la moindre croyance, du moindre dieu  ou même de l’athéisme, nous vivrions dans un tout autre monde. Le cerveau des enfants est une éponge qui accomplit un objectif très précis : emmagasiner un maximum d’informations en faisant confiance aux aînés dans le but de leur survivre. L’enfant ne peut le faire qu’en croyant sur parole les leçons qu’il absorbe, même si tous les parents ou les enseignants ne sont pas également emplis de bienveillance et doués pour la pédagogie. Si on lui dit de ne pas toucher le feu pour ne pas se brûler et qu’il y a un dieu qui vous punira de l’enfer si on n’est pas gentil, il le croira après s’être brûlé la main. Sans une éducation de l’esprit critique on accordera le même degré de crédibilité et de vérité à tout ce qu’on nous aura dit et on ne parviendra jamais à s’en défaire sans une force de caractère vraiment particulière. Il est toujours difficile de revenir en arrière et de tout effacer car se remettre en question n’est pas aisé quand nos références manquent de variété. Pour un enfant, ce qui est vrai est vrai et puis c’est tout. Il s’attache mordicus à cette croyance et qu’on le veuille ou non, même si la vie nous change par la suite, cela vous marque au fer rouge.

Nombre de mythes qui nous encombrent sont apparus pour combler un vide en attendant que la connaissance progresse et nous en apprenne d’avantage. C’est ainsi depuis toujours… On nous a dit pendant longtemps que la terre était plate et puis on nous a prouvé qu’elle ne l’était pas, on avait tort d’y croire et on a donc rectifié l’erreur. Il n’y a, dans ce cas précis, rien de personnel : cela ne nous concerne pas directement et n’affecte pas notre vie après la réparation de l’erreur. Tandis qu’un conditionnement à une croyance aussi terrible de conséquences personnelles que celle de la supériorité d’un groupe ethnique ou d’une culture sur les autres, de l’existence de Dieu et tout ce qui va avec ou de l’intégrité de nos dirigeants politiques, fait bien plus de dégâts. On fait croire un temps aux enfants que le Père Noël existe ou qu’il y a des fées dans le petit bois derrière la maison… c’est mignon quand ils ont quatre ans, mais s’ils en en ont trente et qu’ils font leurs prières du soir ou qu’ils s’enferment dans un isoloir pour élire un bon président, cela devient ridicule et socialement embarrassant.
- Et que devient donc votre grand fils ?
- Il cherche des fées dans le petit bois derrière la maison…
- Ah bon… ?! Euh…  il se fait tard… chérie, on ferait peut-être bien d’y aller, tu ne crois pas ?
Si c’est ridicule pour des fées ou le Père Noël, pourquoi ne le serait-ce pas pour Dieu, le Père fondateur d’une nation ou un chef d’Etat intègre et bienveillant ?

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