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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 11 avril 2022, jour révolté...

Denis Vallier

Si vous relisez "Les animaux dénaturés" de Vercors (- qui était le livre préféré de mon cher Tonton Roger), ou si vous allez voir "Zoo ou l’Assassin philanthrope" qui en est l’adaptation théâtrale, vous réalisez que l’humain est le seul animal à s’être révolté contre la nature… Comme le soutient cette grosse tête de Michel Aubert (- c’est mon cousin !), se révolter contre la nature ne se traduit pas forcément par la détruire mais principalement par l’aménager. Le hic, c’est que, poussés par la cupidité et le nombre, nous avons tendance à confondre. De plus, si on admet la Science comme le fer de lance de cette révolte, elle devient une arme à double tranchant particulièrement dangereuse quand elle tombe dans de mauvaises mains et les Docteurs Folamour ou leurs suppôts se mettent à chevaucher les bombes atomiques. Ainsi, les exploiteurs et les profiteurs ont sciemment dévoyé les avancées du darwinisme pour en faire une mise en pratique de la loi du plus fort, et pourtant, elles nous expliquent clairement que le hasard et ses variations aléatoires ont créé cette diversité en dangers nécessaire à la beauté du monde…

Un des aspects de l’absurdité scientifique des successeurs de Darwin a été de vouloir réduire cette diversité en orientant l’évolution avec une intentionnalité délibérée de sélection selon des critères subjectifs d’une mesquinerie mercantile.  Le problème, c’est que cela valait aussi bien pour les races de bétail que pour les humains : révoltée ou pas, l’humanité a été assimilée à un troupeau qui demandait un éleveur avant d’être conduit à l’abattoir. Ils voulurent mimer l’évolution qui se fait de manière aléatoire avec une intention pour la sous-tendre : il s’agissait pour le coup, d’empêcher la naissance d’enfants considérés comme génétiquement inadaptés à la société par souci de rentabilité. Cela nous aurait privés par le passé de nombreux génies qui ont fait notre joie et notre fierté (- Beethoven, Einstein entre autres). J’utilise mes verbes au passé, mais la tentation est toujours aussi forte et présente : le nouveau golem, l’homme augmenté transhumaniste commence à se lever comme Frankenstein… or, jusqu’à présent, quand un apprenti sorcier a cru pouvoir maîtriser totalement la nature, la catastrophe a été systématiquement assurée.

Si Darwin était intéressé par les idées de Malthus (- qui démontraient que donner naissance à des individus demande moins d’énergie que l’énergie nécessaire à leur croissance avant qu’ils ne deviennent productifs à leur tour), il avait un rejet moral de ses conclusions sur le plan humain. Par contre, il admirait sans condition, non pas l’Adam Smith de "La Richesse des Nations", mais l’Adam Smith plus chaleureux de la "Théorie des sentiments moraux" pour "l’instinct de sympathie" qu’il étudiait. Il retrouvait là son point de vue préféré qui était de considérer l’instinct maternel et son amour comme le point de départ des relations sociales qui régissent nos comportements et nos sociétés. Bien sûr, ce n’est pas le propre de l’Homme : c’est une particularité naturelle largement partagée dans le monde animal contre laquelle il serait malvenu de se rebeller même à notre époque genrée où les mères ne sont plus nécessairement des femmes… Vous le voyez, nous sommes loin de la sélection naturelle par la force et la violence : elle s’opère avant tout par l’adaptation et l’amour… d’où l’importance d’apprendre et d’aimer.

(Illustration par Kevin Carden Photography)

(Illustration par Kevin Carden Photography)

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