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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 avril 2022, jour de fakes...

Denis Vallier
(Dessin de Kroll)

(Dessin de Kroll)

"Ceci n’est pas une pipe" a dit Magritte… "Je ne veux pas le savoir espèce d’ignare !" a répondu l’adjudant… Si tout le monde ne peut voir la vérité, tout le monde peut l'être… il suffit de se faire une opinion et l’on devient détenteur, un sinistre geôlier. À l’heure du complotisme exacerbé, l'opinion est à la réalité ce que la mégalomanie est au fanatisme. On peut toujours nier, déguiser ou altérer une réalité pour en faire une vérité et ces derniers temps, les exemples se multiplient sans vergogne. On peut mentir si bien qu’on se persuade soi-même de son propre mensonge comme l’hypocondriaque se persuade de sa maladie. C’est l’acteur qui se prendrait au sérieux, ce serait Shakespeare qui se prendrait pour Shakespeare.

Certains arnaqueurs mythomanes parviennent à nous enfumer avec grand talent. Peut-on pour autant transformer une vérité en réalité ? Le véritable mythomane est un malade : en mentant, il répondra non à cette question. Le propre du mythomane est de se mentir à lui-même et du coup, dans son esprit, il ne ment pas, ne développe aucun sentiment de culpabilité, il baigne dans son mensonge comme nous dans notre bain : avec plaisir et naturel. Si l’on associe la mythomanie à une sorte de paraphrénie, cela donne ces mégalos qui font la une de l’actualité en permanence : les Trump, les Bolsonaro, les Boris Johnson, ceux qui éprouvent une jouissance à sortir leurs énormités devant le monde entier comme de tristes exhibitionnistes. À un degré moindre de gravité, le menteur ne sera bien souvent qu’un lobbyiste amoral grassement payé, qu’un politicien aux ordres du système ou qu'un ambitieux velléitaire, de ceux qui monopolisent nos écrans pour nous imposer leurs opinions.

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