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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 24 avril 2022 jour débattu et des battus...

Denis Vallier
(Photo Rodney Smith)

(Photo Rodney Smith)

Tous les lustres, nos deux prétendants au poste de Président se retrouvent face à face dans un concours d’amabilité pour  gagner des électeurs ou surtout ne pas en perdre et ensuite, on vote pour celui qui nous déplaît le moins. Le reste du temps, des énergumènes se balancent leurs quatre vérités dans les gencives à longueur de débats télévisés, assènent leur opinion comme des gourdins et tout ça sous la houlette d’un présentateur grassement payé aux ordres de son employeur, maître des forges ou capitaine d’industrie… En règle générale, tout détraqué est un voyant, personne d'autre ne perçoit aussi clairement l'image du monde que les fêlés (- ils laissent passer la lumière comme souriait Audiard) mais ce n’est pas une raison pour qu’ils nous imposent leurs points de vue.  Ceux qui se l’autorisent sont de grands malades, mais ils vous soutiendront qu’ils ne font que nous expliquer pourquoi ils ont raison…

Pour nous autres normés lambda, si on ne sait pas trop ce qu'est la vérité, comment pourrions-nous encore être sincères ? C'est pourtant là une condition expresse à l’expression de la vérité sinon le doute pourrait s'installer en la personne même… On devrait donc se dire qu’il serait préférable de faire silence… mais si, comme moi, on ne peut s’empêcher de l’ouvrir, on ne devrait parler que de ce que nous vivons intimement. Fort heureusement, la pudeur et nos intérêts nous en dissuadent et de toute façon, nous ne sommes pour la plupart qu’une énorme erreur sur pieds. En réalité, candidat à la Présidence ou pilier de bar, nous sommes à peine capables d’émettre quelques vagues hypothèses sur la véritable nature des choses… C’est qu’au cours de l’évolution, les premiers mammifères qui circulaient entre les pattes des dinosaures ont, dans un premier temps, pris du muscle avant de prendre du cerveau quand ils ont eu le champ libre et que, malheureusement, nous sommes nombreux à en être restés là. Parmi nous, les uns se passent de mots, la réalité des chiffres leur suffit, quand les autres se passent allègrement de réalité et se payent de mots tandis qu’entre eux, la piétaille piétine sur place dans l’ignorance… et comme on le sait, non seulement l’ignorance ne sert à rien, mais la plupart du temps se montre nuisible.

Dans ce monde absurde, nous ne sommes dans la vérité que lorsque nous réalisons être dans l’erreur ou  bien dans le paradoxal, lorsque l’on ose avouer honnêtement "je suis un menteur", en tout cas, lorsque l’on ne croit plus un mot de ce que l’on dit quand la beauté nous laisse sans voix... On se retrouve ainsi irrémédiablement classé parmi les hommes de peu de foi et c’est aussi réconfortant qu’une dalle de cimetière… Notre seule source de vérité en ce bas monde, n’est ni dans notre puissance de calcul, ni dans notre raison, encore moins dans nos passions mais elle se trouve dans notre poésie, c’est la seule porte s’ouvrant sur l’infini et sa beauté. Le reste, tout ce que l’on se raconte, n’est que spéculation… et rares sont ceux qui, parmi nous, vivent en authentiques poètes. Nous autres laborieux cloportes, vivons entre l’incertain et l’erreur, très souvent dans le déni si ce n’est en plein mensonge (- même ceux qui, comme ici, pensent y échapper en nous dénonçant… nul n’est épargné). À divers degrés, nous sommes tous concernés et coupables et les coupables finissent toujours par creuser leur propre tombe.

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