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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 7 avril 2022, jour virtuel...

Denis Vallier
Page du 7 avril 2022, jour virtuel...

Pourquoi un hamster né dans sa cage courre-t-il toujours dans sa roue ? … Nous sommes éduqués, formatés à voir le monde d’une certaine manière et pas d’une autre… du coup, notre psyché nous joue des tours et parfois, nous avons la sensation de ne plus toucher terre et de pédaler dans la choucroute tant les informations que l’on absorbe nous désarçonne… Nous entretenons avec le monde des relations qui oscillent entre le drame shakespearien et la tragédie grecque alors que nous sommes par ailleurs si joyeux… Les évènements se multiplient et nous atteignent or l’évènement n’est pas plus la réalité que le nom est la personne ou le mot l’objet : il n’en est qu’un symptôme. Depuis l’interposition excessive des écrans entre le monde et nous (- au point que très souvent, virtuel et réel en viennent à se confondre dans nos esprits affaiblis), cela se complique encore un peu plus. On confie nos enfants à leurs portables et l’on voit le télétravail comme un facteur de progrès. C’est sans doute vrai dans de nombreux domaines, mais pour l’éducation, la culture et l’enseignement, même si les livres seront toujours très utiles, rien ne vaudra jamais le présentiel et le contact charnel avec le monde.

Il ne peut y avoir de véritable éveil au réel que par retour au temps du monde mais c’est un véritable travail sur soi-même. Chaque jour nouveau est comme une baguette de pain : il a un début et une fin, mais de toute façon, il y a toujours un avant et un après… Précurseur du roman historique, le poète et écrivain écossais Walter Scott qui a remis à la mode le kilt au début du 19ème siècle, situait ses récits dans le passé de l’Écosse, s’attachant toujours à respecter le plus rigoureusement possible la vérité des faits. En ces temps anciens où il n’était question ni de smartphone, ni de Google pour faciliter ses recherches, il parcourait le pays afin d’interroger des spécialistes, recueillir des témoignages de première main et perpétuer ainsi la tradition orale des Hautes Terres. L’encre du passé est sèche, toutes ses blessures sont cicatrisées mais ce qui est enfoui dessous est toujours là et cela ne nous hante que lorsqu’on cherche à le fuir... Cela n’a rien à voir avec l’éducation dont nous nous satisfaisons, la culture Wiki ou la submersion d’infos et d’intox que nous impose notre smartphone : aucun véritable savoir ne saurait être uniquement livresque ou virtuel, il ne peut être que charnel et poétique. Il ne s’acquière qu’en voyant tout un monde dans un grain de sable et tout le ciel dans une fleur sauvage, en tenant l’infini dans la paume de sa main et en enfermant l’éternité dans la seconde à venir…

Il faut être un peu fou pour traquer les ombres, mais nous avons tout à apprendre du passé, soit pour nous en inspirer, soit pour le rejeter, notre avenir en dépend. Il serait bon que chacun de nous imite Walter Scott et reprenne à son compte cette méthode archaïque pour établir un contact direct avec nos racines. La véritable connaissance provient d’un lent travail d’appropriation, pas de tutos. Bien sûr, il peut se faire à partir de livres, de thèses, de recherches sur le Web mais on s’imagine en ces temps numérisés que l’Internet et les Big Data compenseront notre isolement et nos mémoires défaillantes, conserveront et transmettront la connaissance : outre la vulnérabilité du réseau et le danger de la concentration d’une telle puissance entre quelques mains potentiellement manipulatrices, c’est une grave erreur, les Data ont de toutes autres visées car elles font avant tout commerce de leur analyse des grands nombres et ne recherchent que l’augmentation de leur capital.

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