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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du dimanche 17 avril, jour de rire jaune...

Denis Vallier
Page du dimanche 17 avril, jour de rire jaune...

L’aberrant le dispute à l’absurde, nous marchons sur la tête, la guerre frappe à la porte et nous faisons selfies sur selfies… Même quand on s’appelle Poutine, on aura beau scruter son reflet dans le miroir jusqu’au plus profond des yeux, il n'est pas possible de voir une chose et pas même soi-même, à la fois et dans le même temps, du dedans et du dehors : car c’est ou l’un, ou l’autre. Les physiciens quantiques auront beau pleurer, ils ne se verront jamais tel qu’ils sont sinon indirectement, en creux, par défaut. Mais pourquoi aurais-je besoin de me voir ? Pourquoi tous ces selfies ? C’est incongru tout comme un touriste lapon au pied des pyramides ou comme mettre des moustaches à la Joconde ou comme ces comparaisons. Au départ, nous n’avons pas été prévus pour nous voir, mais avant tout pour ressentir, il faut bien vivre. En l'absence de réalité tangible estampillée, où mettrions-nous nos pas ? Comme le disent les cognitivistes, il nous faut nous aider de représentations du monde et de soi-même, c’est un vrai boulot… Le problème c'est que ces représentations tendent à être unifiées, mais ne le sont jamais totalement. Elles ne sont pas suffisamment unifiées et cohérentes pour constituer une seule image fixe. Nous en avons plusieurs que l'on ressort en fonction des circonstances et de ce qui nous arrange sans percevoir le tour de passe-passe ni les biais.

Ce qui explique plusieurs phénomènes parasites comme nos propres incohérences qui se rattachent à des représentations différentes, mal collées, ou comme nos facultés adaptatives qui peuvent nous permettre d'investir des réalités différentes par des comportements fondamentalement opposés, mais qui nous semblent, malgré tout, tous cohérents dans une sorte de schizophrénie largement partagée... Alors on part en guerre sans la déclarer et on continue à croire au Père Noël… Au sortir de la Maternelle nombre d'enfants déclarent qu'il n'y a que les bébés pour croire au Père Noël, que c'est même pas vrai, que ce sont les parents.... cependant beaucoup d'entre eux continuent à faire des lettres au Père Noël, des commandes et mettent leurs chaussures au pied du sapin avec leur prénom dessus pour que le Père Noël les reconnaisse. Duplicité des bambins ou représentations plurielles ?

Idem pour la Vérité : ce n’est pas que nous soyons fous, mais si l'on est dedans, on ne peut alors la voir, comme si elle nous était extérieure et inversement, ce que l'on croit voir de celle-ci, démontre alors seulement que nous n'y sommes déjà plus. Il nous est difficile d’imaginer l’isolement que vit Poutine depuis tant d’années, ce n’est qu’un homme et tout homme a ses limites… C'est un peu l'idée de ce proverbe chinois : "Tchouang-Tseu rêve qu'il est un papillon. Mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu ?"... Ou bien l'idée de ce type qui rêve : sur une feuille de papier, il lit : "Ce qui est écrit de l'autre côté n'est pas vrai...". Il retourne la feuille et lit : "Ce qui est écrit de l'autre côté n'est pas vrai...". La Vérité gigogne ne serait-elle qu'un mensonge qui a trébuché ... ou l'inverse ? Le réel et la vérité sont plus imprévisibles que le langage qui nous en défend et qui prétend pourvoir de sens le monde… que signifient ces dizaines de milliers d’innocents tués stupidement ? Quand le monde tourne à l’envers du bon sens et quand nous aurons épuisé toutes nos larmes, il ne nous restera que le rire face à la violence absurde des brutes. Que c’est tragique la violence… que c’est drôle la connerie…

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