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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du mercredi 20 avril 2022, jour d'embrouille...

Denis Vallier

Dur le réveil ce matin… inutile de m’agresser la parole avant le petit-déjeuner, je suis aux abonnés absents… Si j’apprécie les curiosités langagières (- elles ne sont pas de vilains défauts), les imbécilités, par contre, m’énervent plus que le café… Nous avions auparavant le déjeuner en nous levant, le dîner à midi et le souper le soir. Si je tenais le lève tard qui a tout décalé et a placé un "petit" devant déjeuner, je lui demanderais des comptes (- on me glisse dans l’oreillette que ce devait être un Parisien mais qu’il serait mort depuis longtemps…). En dehors de l’Hexagone et dans quelques régions reculées on continue de rompre le jeûne de la nuit par un déjeuner…Le contraire de faire, c'est bien défaire, on est d’accord ?… eh bien le contraire de jeûner, c’est déjeuner et puis c’est tout. Et voilà qu’on déjeune à nouveau à midi… C’est quand même terrible cette propension à se compliquer la vie.. Et le contraire  de gueuler, c'est dégueuler ? Et celui de mentir, c'est démentir ou bien  "se taire" ? ou "inter-dire"?

Et cela nous amène tout naturellement (- héhé !) à ce summum de la pensée occidentale : "Toute vérité est parallèle. Toute vérité est fausse" "aphorismé" par Rozz Williams, au lendemain d'une cuite monumentale dans un bar du Quartier Français de New-Orleans. C'est beau comme une thèse sur Michel-Ange carrossée par Lamborghini, le fabriquant de tracteur ! Ou une "Suite pour cloches fêlées, viole dégingandée et basse discontinue dans le continuum" ! D'où il ressort qu'une vérité en biais, voire perpendiculaire, est fausse tout autant. Mais si toute vérité est fausse, le mensonge devient vrai nous feront remarquer Trump, Johnson, et tous les populistes associés aux complotistes et aux candidats aux élections ! Il est vrai que l’on peut se retrouver séduit par des vérités sinusoïdales, voire paraboliques ou même bibliques (- le conte est bon !). Ne serait-ce pas une variante des fractales ou du yin yang ? Il nous faut bien admettre qu’il y a systématiquement du faux dans le vrai, comme il y a du vrai dans le faux. Bon, et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? On voltige comme un yoyo entre les deux ?

Non messieurs-dames, because on patauge dans la mare : les deux sont des perfections théoriques, des asymptotes, des extrêmes, des cas limites, extrêmement rares, voire jamais atteints tandis que l’univers comme nos cerveaux sont d’une complexité monstrueuse. Alors on dés-aristotise, on reste quelque part dans ce qui nous sert de réel, et pour cela on coefficientera sans crainte des néologismes. Telle pomme entamée n’est ni une pomme ni une non-pomme, mais une pomme à 78,12 %. Ou bien on invente de nouveaux verbes et on probabilise, on possibilise, on potentiabilise (- exemple : ce que j’affirme ici est vrai à 39 %). Notre réalité ondulante est faite de vague, d'à peu près, de non complètement connu, de compromis, d'éventualités et vous voudriez qu’on croit à des vérités ? La complexité est faite de complexités plus simples faites de complexités plus simples faites etc. etc. mais au bout il y aura toujours autant de complexité sinon plus… Même les sciences dures ne donnent que des approches (- qui opèrent dans le cas courant, dans certaines conditions, et ne fonctionnent plus dans les cas extrêmes quand on s’approche de l’infini). Eh oui, on fractalise, on chaotise, on gaussé-ise ou pareto-ise ou même, on kurtosise le degré de voussure. Et ça marche ! (- cf le système de régulation d'une banale machine à laver par logique floue, autrement dit selon le bon vieux principe du tâtonnement, mais informatisé pour le coup). Va falloir se mettre au dynamique et au complexe, les p’tits pépères, les p’tites mémères ! Les points fixes, les ancrages, les racines, les identités, les certitudes, ça ne pourra plus vous sauver, arrêtons de nous y accrocher, pour ne pas couler avec le navire. Que ce soit sur la toile ou sur la vague, va falloir surfer et ramer ferme, les gars ! Peut-être pour la première fois dans notre Histoire, va falloir débrancher les pilotages automatiques et autres aides à la conduite, et se servir vraiment de nos neurones !

(Dessin de Bülent Üstün)

(Dessin de Bülent Üstün)

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