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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du vendredi 15 avril 2022, jour d'incertitude...

Denis Vallier
(Dessin d’Alexei Sovertkov "Homage to Escher")

(Dessin d’Alexei Sovertkov "Homage to Escher")

On s’imagine s’appuyer continuellement sur du solide, du concret, pouvoir aisément faire le tri entre fiction et réalité : notre raison s’accroche à une réalité tangible et objective pour établir ce qui nous sert de vérité… mais quelques expériences inexplicables, quelques observations plus fines, nous amènent parfois à en douter ce qui nous pousse à réfléchir… La réalité, la raison... réfléchir… ce sont de petits mots très ordinaires, tout bêtes, mais il vaut mieux s’en méfier... La composition philosophicomique de la Vérité qu’on en extrait pourrait-être un ensemble vide, non-commutatif, plein de fantasmes salvateurs et de miroirs déformants.

Je ne sais plus trop qui a dit que la vie est un miroir où l’on se regarde passer... Elle ne serait ainsi que notre image en mouvement, une sorte de dessin animé. Mais faites donc l’expérience : à force de s’y mirer, au bout d’un moment, vous sombrez dans le trou sans fond de votre pupille, dans une sorte d’abrutissement proche du vide, vous finissez par vous demander si c'est vous qui regardez le miroir ou si c’est le miroir qui vous regarde… Est-ce que c'est la chose qui se réfléchit sur moi et me "transforme" ou moi qui me réfléchit sur elle en y voyant ce que j’y mets ? Ce qu'on voit, la chose, s'ajoute à nous, se superpose, elle nous transforme donc, d'une certaine manière (- c’est l'aller), puis on en "pense" quelque chose de cette chose (- c’est le retour). Et dans cet aller et retour, qu'est-ce qui l’emporte ?

 Les portables ont remplacé les miroirs et c’est à ce jeu que nous jouons sans avoir conscience de l’enjeu sur les réseaux sociaux : chacun de nous anime un avatar qui nous renvoie notre image. Qu'est-ce qui aura la marque la plus nette, la plus durable ? Ce qu'on a émis ou ce qu'on a reçu ? La réponse est incertaine, la balance n’est pas de précision et de toute façon, pas facile à régler ! Et encore, nous avons fait ici au plus simple, nous n'avons pris en compte que deux paramètres : la chose et nous. Ajoutons-y des paramètres externes : sommes-nous seuls ou en compagnie ? Réfléchissons-nous en parallèle, en groupe, ou en solitaire ? Ajoutons-y le temps… à t+1 la situation, la mienne, celle de mon cerveau, de ma mémoire, de mes sensations, n'est déjà plus la même qu’initialement. Celle de la "chose" non plus. Ajoutons-y la santé, notre forme du moment, pourquoi pas la fumée d’encens ou d’un pétard ? La géographie, la culture, l’ambiance, les vacances en vue ou les bruits de bottes, etc… Nous nous retrouvons face à la réalité d’une montagne d’incertitudes à laquelle on s’imagine encore pouvoir s’accrocher sans perdre pieds…

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