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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 18 juin 2022, jour dans l'arène...

Denis Vallier

Dans une guerre, il faut laminer l’adversaire, au foot ou au rugby, il faut le pénétrer, aux échecs, il s’agit de détruire son égo… L’un dira blanc, l’autre dira noir en passant par cinquante nuances de gris… dans la boîte de Pandore de cette compétition où nous sommes enfermés, chacun cherche à dégager quelques vérités pour s’y agripper. C’est très humain et si notre vérité ne nous attache pas, il est ridicule de la soulever au rang de vérité…Entre autres, les romains pensaient vraies toutes leurs croyances, même si celles-ci n'étaient pas vérifiables : cela ne leur posait aucune difficulté. Depuis, nous avons évolué, le monde a changé et le doute s’est immiscé, mais comme pour tout un chacun, j’ai longtemps considéré comme normal de me faire tyranniser par ma propre vérité même si elle ne valait pas grand-chose. Je savais parfaitement qu’elle pourrait éventuellement se modifier plus tard : elle ne serait ainsi qu’autant d’étapes sur un chemin vers je ne sais quoi... En voyant les choses ainsi, tout geôlier qui ne se laisse pas tyranniser par sa vérité, ne peut prétendre détenir le moins du monde ce qu'on appelle une "vérité", à moins qu'il ne se mente à lui-même...ou qu'il ait une confiance aussi déplacée que ridicule...

En outre, le fait qu'il y ait des conflits dans le monde (- qui emplissent notre Histoire) démontre pleinement que la vérité de chacun est bien tyrannique envers ce chacun et l’on en constate les effets catastrophiques... dérèglement climatique, guerres, pandémies… Je considère comme une vérité incontestable le réchauffement de la planète ou bien que les courants de l’Atlantique menacent de se modifier dangereusement pour la survie de l’Humanité… mais contre qui ou quoi dois-je me battre ? Comment taper sur du mou ou l’océan ? S'il advenait que la vérité d'une personne ne l'attache pas au point de ne pas la défendre, cette personne abdiquerait en rase campagne en faveur de la vérité d'une autre personne pour qui la vérité serait plus tyrannique encore. Ce serait par exemple se donner pieds et poings liés aux gourous, aux prédicateurs ou aux magnats de la haute finance. Mais le plus souvent il y a affrontement ou du moins, on tente de faire barrage… Et ce n’est plus alors qu’une affaire de psychologie et de force de conviction pour maintenir sa propre vérité à flot. En société, pour que la discussion soit praticable, il ne suffit pas que chacun s'exprime, il importe avant tout que chacun puisse construire ses convictions en étant bien informé et ce n’est en rien évident dans l’arène publique où l’information est confisquée par les puissances d’argent. Cette arène ne peut être qu’un espace public conflictuel dans nos sociétés toujours autant basées sur la compétition et la rivalité plus que sur l’entraide.

 Comme l’affirme le si pondéré Mélenchon (- un modèle de placidité et de self-control…) il n’y a qu’un seul combat que l’on est sûr de perdre, c’est celui que l’on ne mène pas. C’est une lapalissade, mais, malgré mon éducation orientée par de fortes valeurs viriles, une supériorité occidentale dans la lutte pour la vie au sein d’une société de compétition et d’affrontement, tyrannie ou pas, je m’en balance. Il pourra me traiter de lâche ou d’irresponsable, me dire que je n’ai pas de couilles, je m’en contrefiche, je m’assoie sur toute vérité, la sienne comme la mienne ou celle des autres. J’ai vraiment autre chose à faire que de défendre stupidement mes positions : vous pouvez en faire ce que vous voulez. Le paon place toute sa fierté dans sa queue, Mélenchon et tant d’autres la placent juste en dessous… Je ne serai jamais un taureau de combat que l’on mène aux picadors et autres toreros, je préfèrerai toujours la fuite dont Henri Laborit fit l’éloge pour retrouver mon troupeau de ruminants, dormir sur mes deux oreillers et sauver ma queue… Il en va de mon temps et de ma santé, ces biens autrement plus précieux que toute fierté si mal placée.

(Dessin revanchard de Serre)

(Dessin revanchard de Serre)

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