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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 2 juin 2022, jour de rencontre...

Denis Vallier
Page du 2 juin 2022, jour de rencontre...

Certains êtres, lorsqu’on les rencontre, remplissent  instantanément cet espèce de gouffre, ce besoin de l’autre que nous avons tous en nous. Que ce soit l’amour d’une vie, le Prophète ou Jésus ou bien un ours en peluche, peu importe cela fonctionne. Et quand ils disparaissent, on s’aperçoit qu’ils ont laissé cet espace intérieur dramatiquement vide… mais au moins, on en a pris conscience et on s’emploie alors à le combler. On peut ainsi rechercher toute sa vie son doudou et ne jamais rien trouver… peu importe : déplacer des montagnes pour voir ce qu’il y a dessous et ne rien trouver est assez comique en soi mais c’est déjà un progrès. Avant, pour augmenter nos chances et faciliter nos rencontres, il y avait les bals du samedi soir, puis il y eut les boîtes de nuit… de nos jours, le temps nous manque et nous avons des sites spécialisés efficaces mais la plupart du temps, ils sont faits pour que des illuminés ou des obsédés rencontrent des désespérées. C’est un peu comme mettre en place un numéro vert pour les daltoniens…

Je ne sais si c’est l’époque qui veut ça ou le fait de vieillir, mais les authentiques rencontres, seules garantes de toutes créations véritables, se font de plus en plus rares, étouffées qu'elles sont par les rendez-vous, les réunions et tous les emplois du temps (- quels vilains mots !) fixés d'avance aux détours desquels, tout le monde ne fait plus que se croiser sans se rencontrer ni encore moins s’écouter. Nous n’écoutons plus que la voix de notre GPS… et du coup, collectivement, nous manifestons quelques symptômes inquiétants de troubles psychiques : à l’aide de nouvelles technologies, nous nous construisons de toute pièce une réalité alternative ressemblant comme deux gouttes d’eau à ce que les psychiatres appellent un "principe organisationnel". Cela permet aux personnes atteintes de psychoses graves de s’expliquer leur folie en se réfugiant dans une construction psychique rationnelle, un lieu rassurant, une position sociale confortable… Le problème se complique quand, à mon image, on se prend pour le médecin d’un gigantesque hôpital psychiatrique… Comme nombre d’entre nous, j’éprouve un urgent besoin de m’extraire de ce réel pour mieux l’habiter. Mais rassure-toi, ma mie, si je suis un peu fou, mes pattes d’oie sont devenues pattes de velours et il n’est de meilleur nid que le creux de tes bras…

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