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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 24 juin 2022, jour de vérité...

Denis Vallier
Page du 24 juin 2022, jour de vérité...

La vérité sort de la bouche des enfants… comme disait la lippe humide, le curé de ma paroisse.  Que ce libidineux appelle ça comme il veut… Nous vivons dans un monde où chaque nouveau mensonge est un premier pas vers une vérité nouvelle… Si la vérité est devenue si difficile voire impossible à atteindre… ce constat est très dérangeant : comment puis-je me permettre de continuer à affirmer quoi que ce soit ? Je m’obstine malgré tout : il y a-t-il une méthode reconnue pour cerner cette fameuse Vérité ou du moins s’en approcher ? L’obstination nécessite des moyens, elle est bien plus onéreuse que la soumission mais si l’on compense par un travail teigneux, elle finit par payer : comme au jeu d’échec, pour atteindre la vérité, il faut mettre en place une structure adaptée et simplement mettre de l’huile dans les rouages pour que cela fonctionne harmonieusement. Au niveau de la prise d’information et de son traitement, se dégage un système dynamique d'informations où s’appliquent trois principes correspondant respectivement : - à ce qu'est le système (- c’est-à-dire une traduction), - à ce qu'il fait (- il interprète) et - à ce qu'il devient (- son épistémologie). Mais il manque un élément de taille : l'espace de déploiement du système car un système ne peut pas rester clos et fermé sur lui-même, sinon il dégénère rapidement : on ne joue jamais la même partie comme Héraclite ne se baignait jamais deux fois dans le même fleuve. Donc le système existe aux conditions du milieu duquel il émerge. Mais quel est ce milieu ? Est-il continu ou discontinu ? Perméable ou imperméable ? Est-il tangible ou conceptuel ? "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà"… avait déjà constaté Pascal.

En vérité, en vérité, je vous le dis, entendez-moi bien, ce que j’affirme là, c’est la Vérité !... mais je prêche dans le désert… le propre des vérités devenues entre temps "alternatives" est de ne point être "entendables". En ces temps de tromperies et de mensonges universels, dire la vérité vraie devient un acte révolutionnaire. "Connaître et penser, ce n'est pas parvenir à une vérité absolument certaine, c'est dialoguer avec l'incertitude" soutenait prudemment Edgar Morin dans "La tête bien faite".

Ai-je la tête bien faite ? Ai-je les qualités requises? Suis-je suffisamment sensible ? Ai-je assez d’esprit de conséquence, d’ouverture, de ténacité, de vitalité, de force intérieure pour atteindre cet "Art de comprendre" et encore plus d’expliquer ? La vérité ne peut être qu’approchée et pourtant, une certaine mathématisation d'une pensée à formaliser sur tout sujet effondrerait, sans doute les divergences dans un monde devenu parfait, mais ce monde idéal est-il vraiment souhaitable quand on imagine les conséquences d’une morne uniformité proche du totalitarisme ? En ce processus, on pourrait ne voir nul prodige qui ne serait qu’à la portée d'une poignée d'esprits supérieurs, on pourrait ne voir qu'une barrière psychologique que chacun partage. La rationalité n'est pas un exercice difficile, elle est juste ressentie intuitivement comme dangereuse et son exploitation en est ralentie par divers processus infantiles de protection et c’est plutôt une chance tant le danger d’une pensée unique nous menace… Heureusement, nous devenons de plus en plus stupides et nos sociétés n’atteindront jamais la perfection.

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