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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 juin 2022, jour régressif...

Denis Vallier
Page du 23 juin 2022, jour régressif...

Force est de constater que la plus grande richesse du monde où nous transpirons, n’est plus le savoir, c’est l’information qu’exploitent les géants du Web. Ces entreprises à l’échelle mondiale puisent à la fois dans notre unité et dans notre diversité, et manifestement, l’abrutissement collectif en pleine expansion leur est favorable : l’ignare est aisément manipulable, il se pose moins de questions et se contente de réponses toutes faites en barquettes de supermarché mais surtout, il rapporte beaucoup d’argent. Il est vrai que si nous formons un tout, nous sommes à la fois très semblables et très différents : il y a parmi nous, des hommes, des femmes, des entre-les-deux et autres variantes, des énergiques, des mollassons, des malins, des idiots, des instruits, des ignares… il est donc très difficile  de tous nous mettre dans le même pannier et pourtant, ces entreprises y parviennent  et exploitent les grands nombres : nous sommes leur marchandise. Les gouvernements ont essayé pendant très longtemps de recouper les informations sur chacun de nous sans y parvenir et nous autres gogos, nous l’avons fait de nous-même… Il existe des arbres mais tout en restant arbres, ils sont différents : ils appartiennent à différentes classes et catégories d’arbres ce qui permet de mieux les étudier et les comprendre. Par contre, ce qui est valable pour des arbres immobiles est beaucoup moins évident pour nous autres, êtres irrationnels, inconséquents, incohérents, chaotiques et mouvants, nous qui prenons très souvent nos décisions en fonction de nos émotions. Quand on a cherché à catégoriser les humains pour simplifier le monde, cela n’a jamais rien donné de bon.

Les algorithmes de ces Gafa et autres multinationales plus puissantes que des états, ne sont pas près d’accepter que l’unité d’un monde n’est pas une, qu’elle est faite d’un patchwork de près de huit milliards de sectes, jusqu’au morcellement, à la disparité et à l’opposition. Vue à distance, notre unité semble même ressortir de nos divisions, c’est ce que nous avons le plus en commun. C’est-à-dire que la disparité ne nuit pas à notre unité, elle ne s’y ajoute pas et ne la réduit pas. L’unité d’un monde n’est rien d’autre que sa diversité, et celle-ci est à son tour une diversité de mondes sinon les individus sombreraient dans l’uniformité de la pensée unique et du totalitarisme au profit d’une classe hors sol comme cela se passe en Chine ou en Corée du Nord. Tout monde est fractal, une multiplicité de mondes dans le monde et notre monde ne fait pas exception : son unité est le partage et l’exposition mutuelle en ce monde de tous ses mondes, grandement accélérés ces derniers temps par les nouvelles technologies et facilités dangereusement par les réseaux sociaux.

Nous devrions garder une foi inébranlable dans la supériorité de l’esprit sur les profits de la haute finance et compenser notre dégradation progressive par un effort considérable d’éducation mais non… nous la sacrifions : que viendrait encore faire une éducation nationale fédératrice et archaïque dans cette évolution explosive digne du Meilleur des mondes et de Big Brother ? De quoi elle se mêle cette vieille baderne totalement dépassée qui fait de la résistance ? Je plains et admire les profs… nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans l’obscurité de la caverne en  nous habituant à vivre médiocrement, à nous exprimer dans une novlangue au vocabulaire de plus en plus réduit comme dans 1984 ou Fahrenheit 451… il va leur falloir une abnégation, une inventivité et une énergie prodigieuses pour continuer à y croire…

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