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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 26 juin 2022, jour du raccommodeur de rêves...

Denis Vallier

Que l’on parle de planètes, de plantes ou d’animaux, on ne peut s’empêcher de s’extasier devant cette impressionnante unité de surface et cette prodigieuse diversité dans le détail. Il en est de même pour l’espèce humaine. Si nous sommes structurés de manière identique, l’assemblage de chacun est unique. Chaque individu présente les caractères de l’espèce avec les variations qui lui sont propres et notre époque exacerbe ces particularités.

Ainsi, les uns inventeront l'avion et le bateau, les autres le parachute et la bouée de secours mais même le moins doué voudra apporter son grain de sel à l’édifice puisque la technologie le lui permet : à chacun sa vérité et elle doit être connue. Cette variété est le résultat de l’expression de notre programme génétique et de l’influence de nos conditions de vie. Mais ce que l’on trouve détestable dans la génétique et le darwinisme social, c’est de nous mettre devant le fait accompli… La vie est foncièrement injuste et nous la passons en funambules à rétablir des équilibres initiaux compromis. Si cette vérité basique semble être le seul balancier sur lequel s’appuyer pour rétablir des relations saines, propices à notre bienêtre commun et à notre prospérité, elle est d’une évidence lui faisant frôler la banalité… les humains ne sont vraiment intéressants et amusants que quand ils racontent n’importe quoi comme sur Facebook ou dans les bars où Gourio collecte ses brèves de comptoirs… Nietzsche aurait fait un bon client et il aurait eu un paquet de followers.

De nos jours, peu d’entre nous sont capables d’écrire Nietzsche correctement, pourtant, ce qu’il disait sortait de l’ordinaire et aurait mérité une plus grande attention. Il soutenait par exemple que "ce qui importe, ce n’est pas tellement ce qui est vrai, c’est ce qui aide à vivre". Tandis qu’Alphonse Allais un peu vite en besogne en appuyant ces propos :"un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité". A l’ère du virtuel, ce sont des vérités bien plus intéressantes que mes propos basiques. Il faudrait en effet être bien stupide et un sacré rabat-joie pour reprocher à quiconque ses illusions. Pourquoi lui briser ses rêves ?  Et puisque c’est la journée porte ouverte aux lieux communs et aux poncifs, autant en faire collection en enfonçant le clou : on n’a qu’une vie et à chacun de voir midi à sa porte… 

 (Illustration : Erik Johanson – Le lac au miroir)

 (Illustration : Erik Johanson – Le lac au miroir)

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