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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 29 juin 2022, jour de certitude...

Denis Vallier
 (Illustration : Luke Kempers)

 (Illustration : Luke Kempers)

Moi : - "Seuls les idiots n’ont pas de doute."
Courteline : - "Vous en êtes sûr ?"
Moi : - "Sûr et certain !" et vous pouvez toujours rigoler… de toute façon j’ai raison… et j’ai raison d’avoir raison à longueur de temps et de propos et puis c’est tout… Je ne sais pas trop pourquoi j’ai raison, mais j’ai raison envers et contre tout. En tout cas, je dois avoir une bonne raison de dire que j’ai raison même si je ne sais pas trop laquelle… Les raisons pertinentes d’avoir raison sont des choses qui m'échappent encore mais en attendant, je me fais une raison…

- Hé, dis-donc, avoir raison rend-t-il heureux ?… s’inquiéterait Nietzsche… dans cette histoire, ne vaut-il pas mieux être heureux qu'avoir raison ? De toute façon, vous auriez toujours raison d’être heureux... Nietzsche était un drôle de type mais n’était pas un triste sire (- même s’il est passé par de rudes moments), en tout cas, il ne lui serait jamais venu à l’idée d’affirmer "j’ai raison", d’ailleurs, s’il l’avait, il l’a perdue… Il croyait, et sans doute espérait, que nous pourrions un jour retrouver la voie dionysiaque en nous défaisant de nos certitudes et du lourd fardeau de la culpabilité judéo-chrétienne qui nous handicapent encore de nos jours. Il ne serait guère surpris de notre évolution, juste un peu déçu.

S’il avait une certitude, Nietzsche croyait dur comme fer en l'aptitude au bonheur de l'être humain, même si lui-même l'aura très peu connu. C’est ce qui le rend  si proche et si touchant : il nous ressemble tant… il nous donne des clés pour nous libérer, quand lui-même, incapable de trouver la serrure, est le jouet de forces qui finiront par le détruire. Il sombra progressivement dans la folie et s’enferma définitivement dans le "cloître pour esprit libre" dont il avait rêvé (- ou alors, il a abusé d’amanietzsches). Quand on parcourt la petite histoire de la philo, la plus intéressante, celle qui parle de la vie des philosophes, de leurs rencontres, de leurs amours, de leurs déséquilibres, de leurs disputes, de leur correspondance et surtout de leur turpitudes, on a beaucoup de mal à la rapprocher de la philosophie ou de la sagesse de leurs bouquins (- à part pour les quelques exceptions qui sont en raccord).

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