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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 3 juin 2022, jour du penseur...

Denis Vallier
Page du 3 juin 2022, jour du penseur...

On se retrouve ici à vivre et à mourir sans trop savoir pourquoi ni comment et ce n’est pas sans quelques difficultés… mais le problème n’est pas là : le problème, c’est nous. Pourquoi la guerre ? Pourquoi des fortunes monstrueuses et des misères sordides ? Pourquoi devant le danger climatique qui menace directement la vie de nos enfants ne pouvons-nous nous mettre d’accord ? Pourquoi le monde est-il si divisé, éclaté, éparpillé façon puzzle ?  Pourquoi ne partageons-nous pas les mêmes idées philosophiques puisqu’elles sont censées nous rapprocher de la vérité ?... Cela paraîtrait pourtant logique et raisonnable… N’est-ce qu’une affaire d’intelligence ? Il n’y a manifestement d’intelligence qu’à reconnaître les limites de notre intelligence…

Vous en pensez quoi ? Nous autres, braves gens, pensons sans trop nous en rendre compte comme autant de bourgeois gentilshommes. Nous pensons comme nous respirons, par inadvertance… La somme de toutes nos pensées forme-t-elle un tout quantifiable et exploitable ? Oui ! répondront en cœur les Bigdata… Cette énergie colossale est-elle à somme nulle ou en subsiste-t-il un résidu inaltérable ? "Mais avant tout, qu’est-ce que la pensée ?" se demande encore  et toujours la statue de Rodin depuis tant et tant d’années sur ses toilettes. Quand on y pense, penser ce n’est pas simplement se poser des questions comme je le fais ici. "Nous ne pensons pas encore" pensait déjà un Heidegger qui s’est toujours demandé ce qu’on faisait là. Ce n’est pas simplement "avoir conscience"  comme en avait conscience Descartes. Penser ce n’est pas non plus méditer qui fait référence à l’intériorité,  c’est plus que contempler un coucher de soleil ou une œuvre d’art… Mais c’est aussi tout autre chose que l’agir : "le savant ne pense pas" continuait à constater Heidegger. Au départ, nous n’étions que des éponges devenues actives, notre cerveau initial a été prévu pour agir, pas pour penser… et pourtant, nous pensons. Penser ce n’est donc pas être simplement actif, c’est être agissant, nuance… : il y a derrière ce verbe, l’idée de caresse, de mouvement, d’analyse mais en tout cas, c’est plus que comprendre. On ne saurait par exemple comprendre l’infini mais rien ne nous empêche d’y penser…

Penser, ce n’est pas plus philosopher comme je tente de le faire désespérément ici, c’est regarder avec des yeux de poète et d'enfant, ce curieux problème sans solution qu’est l’Humanité. Mais ce que l’on ne voit pas avec les yeux, mieux vaut ne pas l’inventer avec la bouche… Trouver ainsi un problème qui n'a pas de solution pose-il un problème ? S'il n'y a pas de solution, y a-t-il "vraiment" un problème ? ... En tout cas, nier le problème est une très bonne solution !

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