Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 21 septembre 2022, jour d'Idiocracy...

Denis Vallier
Page du 21 septembre 2022, jour d'Idiocracy...

Tout va très vite, de plus en plus vite… quand après l’élection de Donald Tromp, on a interrogé Mike Judge, le metteur en scène d’Idiocracy (- ce film délirant au comique d’entrée de gamme mais étrangement prémonitoire et posant questions), il a répondu que franchement, il ne s’attendait pas à avoir raison si tôt... Il y a développé la thèse plausible que, si les abrutis se multiplient nettement plus vite que les plus intelligents et la sélection naturelle n’agissant plus, nous allons rapidement devenir une majorité de cons jusqu’à finir par choisir Camacho, un catcheur, comme président dans un avenir très lointain. La question centrale de la démocratie est effectivement la qualité des personnes qui la composent et l’on s’en rend compte de plus en plus au vu de l’évolution de notre niveau. On dirait qu’il arrange pas mal de monde…

Certes, on ne naît pas citoyen, on le devient : c’est s’inscrire dans une Histoire et la prolonger, c’est donc se sentir responsable dans un territoire déterminé et cela nécessite une prise de conscience minimum des données et des enjeux. Mais en réalité, nous ne sommes plus citoyens, nous avons étés ramenés au rang d’électeurs. Ça, c’est fait… et un électeur neuneu, c’est très influençable, on lui fabrique vite fait une opinion… C’est compréhensible : quand vous possédez l’information, l’argent et que vous craignez de tout perdre, vous vous en servez pour en gagner encore plus. Derrière tout cela, il y a effectivement l’argent et la peur, mais pas que : pour un politicard, l’attrait du pouvoir est la plupart du temps plus fort que celui de l’enrichissement personnel. Régenter la vie de millions d'êtres humains est quand même plus excitant que de s'offrir une montre d’exception ou la dernière Ferrari. D’autant que ce n'est pas incompatible : malgré tout, une nauséabonde et tenace odeur de pognon traine toujours dans le sérail. Quand on est Trump et milliardaire, on se fait un petit plaisir en s’offrant une présidence pour ses vieux jours. En France, notre système impose de très nombreuses signatures, c'est à dire de très nombreuses connaissances et pas mal d'argent pour financer une campagne électorale. Bien sûr, cela crée des liens indéfectibles… De plus, comme dans le monde des grands patrons ou de la presse se rajoute un système de cooptation des élites qui fait qu'il n'y a que très peu de renouvellement dans ce milieu.

Politicien est un emploi à la solde des puissants comme les autres sauf que l'argent y a vraiment le dernier mot. Pourtant, malgré tous nos garde-fous, un élu est toujours très embarrassé de dire comment il se l’est vraiment procuré, par quelles compromissions il a dû passer. Justement, son passé est toujours un passé très composé, mais jamais simple : c’est un homme dont la réputation dépend de ce qui n'a pas encore été découvert sur lui. Nous sommes loin du bon temps des Pasqua inatteignable au-dessus des lois comme le regrette Balkany… de nos jours, au moindre faux-pas visible, un mauvais geste, vous êtes viré, lapidé, livré à la vindicte des réseaux et c’est tant mieux… mais qu’il jette la première pierre celui qui n’a jamais péché… En politique, il s'agit plus de tenir les rênes courtes à votre conscience que d'ouvrir votre esprit et c’est pour cela qu’il est si étroit. Mais évitons de généraliser, c’est une profession où un petit 90% fait une mauvaise réputation aux 10% intègres. Que voulez-vous, l’honnêteté ne paye pas dans ce milieu, la dernière chose qu’un politicien honnête pourrait espérer, c’est notre gratitude…

Nous autres aux pieds des urnes, nous survivons comme nous pouvons mais survivre n’est pas vivre… pour le moins, une élite devrait être décemment représentative pour espérer survivre elle aussi. Les crapules se croient à l’abri car on ne raccourcit plus de cols pour l’exemple comme au bon vieux temps mais, comme nous nous abrutissons à vitesse grand V, une rechute de sauvagerie n’est plus à exclure. Aux armes citoyens, citoyennes, citoyautres ! Réapproprions-nous un pouvoir qui n’aurait jamais dû nous échapper… D’accord, ce n’est pas gagné !…

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires