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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 22 septembre 2022, jour désenchanté...

Denis Vallier
(Tableau d'Oscar Rex 1857 -1929 au Musée de Malmaison)

(Tableau d'Oscar Rex 1857 -1929 au Musée de Malmaison)

C’est une rude tâche que d’être élu, demandez au Christ… Il faut avoir le sens du sacrifice, et supporter le vinaigre… Nos représentants politiques sont tous des déséquilibrés sans exception : il y a une certaine démesure entre leur propre existence ordinaire voire médiocre et le projet que leur confie l’Histoire. D’ailleurs, vous ne rencontrerez jamais de politicien heureux : ils ne cherchent pas le bonheur, ils n’en veulent pas, ils veulent atteindre leur but, et ce but, ils l'atteignent par un labeur incessant et des sacrifices pénibles. Ils doutent énormément mais se lancent dans le vide cent fois par jour, ils n’ont pas besoin d’avoir tout lu, tout vu, tout vécu pour imposer aux autres leurs illusions personnelles.

À part pour quelques grands malades comme Berlusconi ou Trump, quelques particularités locales comme en Russie ou en Corée du Nord ou quelques exceptions comme Angela Merkel, leur carrière de chef se divise en deux phases : celle où ils sont utiles ou nuisibles, c’est selon, et celle où ils deviennent encombrants et contre-productifs à cause de leurs idées fixes. Quand ils atteignent leur fameux but, ils tombent comme des douilles vides… impossible de poursuivre plus loin, car plus loin, il n'y a que le néant. Comme à bicyclette, ils trouvent leur limite là où leurs actes s'arrêtent… après, il y a la chute et puis un grand vide. Ils se voient enfin eux-mêmes face au miroir, nus, désenchantés, et au final, c’est leur seule récompense.

Au bout d’un moment, il faut cesser d’espérer et puis commencer à vivre dans la réalité et c’est là que ça se complique : pour ce faire ils devront trouver en eux-mêmes les ressources nécessaires. Ce n’est pas donné à tous et je plains les démunis. Les "grands hommes" éprouvent généralement, à la fin de leur vie, un sentiment d'échec personnel : Alexandre, César, Jésus, Jeanne d'Arc, Robespierre et ses acolytes révolutionnaires, Napoléon, Lénine, Hitler ...ou De Gaulle pour n'en citer que quelques-uns. Tous sont morts désespérés de constater que, très vite, leur œuvre se trouvait réduite à néant.

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