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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 30 novembre 2017 jour d'épines et de myrtilles

Denis Vallier
Page du 30 novembre 2017 jour d'épines et de myrtilles
Page du 30 novembre 2017 jour d'épines et de myrtilles

Comme le regrettait ce coquin de Lamartine, « je tourne vainement ma peine vers les livres »…Hé Hé ! La vie ne saurait être un roman que l’on nous donne mais une histoire que nous écrivons. Ce que je suis, je ne l'ai pas. Ce que j'ai, je ne le suis pas. Écrire c’est sans cesse naître et voir, voir et savoir, savoir et pouvoir. Quand on est petit on grandit et quand on est grand, on grossit. Nous enflons de concert. L’avoir asservit l’être ; le savoir, non. Personne n'est responsable de qui il est, d'où il est né, comment il a été élevé, mais chacun peut néanmoins changer et se choisir un avenir,...

Page du 29 novembre 2017 jour du départ

Denis Vallier
Page du 29 novembre 2017 jour du départ
Page du 29 novembre 2017 jour du départ

Si j’en crois mon philosophe de GPS, avant de chercher où aller, il nous faut trouver un point de départ. Comme l’illustre superbement « À nous la liberté » ce film de René Clair réalisé en 1931, c’est d’abord l’esprit de liberté qui fait prendre la route et abandonne à l’art le soin de décider d’une vie. Qu’est-ce que vivre avec pour premier souci le fait de le dire d’une certaine façon ? Vivre pour écrire, c’est vivre du temps qui n’est passé qu’à écrire mais c’est également vivre intensément pour nourrir une écriture. Même si l’on ne possède rien, on a en soi un monde. . Partir donc… très bien,...

Page du 28 novembre 2017 jour brouillon

Denis Vallier
Page du 28 novembre 2017 jour brouillon
Page du 28 novembre 2017 jour brouillon

Dans le silence de mon petit Larousse illustré de 1985, sagement couchés entre les pages, les mots attendent ma main sans impatience aucune. Ils savent qu’ils peuvent compter sur elle. Ma main saura les retrouver. Même s’il s’agit toujours de raconter ce qui grésille dans sa cervelle, écrire est tactile, cela provient d’une certitude touchée, comme si l’organe de la parole devenait la main. C’est d’un bout à l’autre une affaire de temps ou de passe-temps, en tous cas de vivant : l’affaire d’un corps scripteur crypté de vie, immergé dans le temps qu’il innerve en retour. Je suis la main qui exécute...

Page du 27 novembre 2017 jour du premier pas

Denis Vallier
Page du 27 novembre 2017 jour du premier pas
Page du 27 novembre 2017 jour du premier pas

Écrire sur l’écriture est auto-réversible et infini comme un grand-huit. Il est grand temps de tourner la page et de trouver enfin un début d’autant plus que la morale et la décence m’empêchent de préciser ici ce que j’impose à de pauvres mouches innocentes. Me voici face à la fenêtre blanche de cet écran, à ce dehors intime. Je me perçois aussi sot que le jeune Greystoke d’ Edgar Rice Burroughs, perché sur sa branche, face à une jungle dense, indifférente et grouillante de vie, criarde comme s’il n’existait pas. L’œuvre, d’art ou d’autre chose, est une projection de la faune et de la flore infinies...

Page du 26 novembre 2017 jour de vérité toute nue

Denis Vallier
Page du 26 novembre 2017 jour de vérité toute nue
Page du 26 novembre 2017 jour de vérité toute nue

L’« art » est don. La générosité du don ne doit pas laisser voir ici en œuvre une acceptation inconditionnelle de l’autre. Le lecteur devra remplir un certain nombre de conditions pour devenir l’éventuel destinataire de l’écrit, son interlocuteur, son vis-à-vis. Il faudrait pour cela qu’il soit accessible, libre, vacant, tourné vers l’écrivant et de préférence, insomniaque. En fait, la disponibilité et l’ouverture ne suffisent pas ; une attention affinée, une réceptivité orientée vers l’écrit sera requise, tout comme une certaine plasticité psychique, une aptitude à la perte temporaire de ses représentations...

Page du 25 novembre 2017 jour excrémentiel

Denis Vallier
Page du 25 novembre 2017 jour excrémentiel
Page du 25 novembre 2017 jour excrémentiel

Aussi longtemps que nous lisons seulement des mots comme l’expression de quelqu’un qui écrit, nous ne lisons pas encore, nous ne lisons pas absolument. Jamais non plus nous ne parviendrons ainsi à avoir vraiment compris quelqu’un. Quand donc avons-nous lu ? Nous avons lu, quand nous faisons partie de ce qui est écrit. Je me suis relu… il n’y a pas longtemps, j’affirmais : « il faut lire et relire »… Pourquoi relire ? Parce que c’est toujours un retour sur soi, là où on s’était laissé, et l’on se revoit de dos. Cela autorise le dépassement de soi, mais dans mon cas, j’avance si laborieusement que...

Page du 24 novembre 2017 jour du lecteur

Denis Vallier
Page du 24 novembre 2017 jour du lecteur
Page du 24 novembre 2017 jour du lecteur

Lire ne suffit pas, il faut savoir lire. Il faut donc apprendre à savoir lire mais il n’y a toujours pas besoin de permis, du moins pas encore : nous avons encore quelques belles soirées devant nous avant Fahrenheit 451. C’est tout un art de trouver un chez soi dans l’écriture d’autrui. Ainsi sans doute n’a-t-on pas fini d’apprendre à lire les vies lorsqu’elles s’écrivent. Il faut autant de talent pour lire qu'il en faut pour écrire. Deux comètes se croisent et les cieux sont embrasés, le poème est ce lieu où la rencontre advient, pied de nez au néant, à l’infernal déni. Pour apprendre à savoir...

Page du 23 novembre 2017 jour de lecture

Denis Vallier
Page du 23 novembre 2017 jour de lecture
Page du 23 novembre 2017 jour de lecture

Un mot isolé est orphelin de sens, il ne veut rien dire, il ne prend vie que par un acte, la phrase. Si je prononce un mot au hasard et que je dise « image » par exemple, les uns verront un dessin, les autres un tableau ou une photo ou bien encore un timbre-poste. Une image, ça n’existe pas, il n’y a que des images. Certaines m’habitent et il y en a d’autres où j’aimerais m’exiler. Il en va de même pour tous les autres mots. Notre communication, même la plus rigoureuse, ne peut-être qu’approximative. À propos, il y a de quoi méditer sur le désamour des images et des mots, sur la manière de mettre...

Page du 22 novembre 2017 jour solitaire

Denis Vallier
Page du 22 novembre 2017 jour solitaire
Page du 22 novembre 2017 jour solitaire

On me reproche de parler tout seul, mais, tout d’abord, comment ça peut se savoir ? Et puis, quand on est seul, il y a deux façons de se parler tout seul : il y a soit la confession, soit la colère… Je crois que je préfère la colère : regarder en arrière, faire continuellement le bilan, évaluer son bonheur, est trop dangereux pour les sains d’esprit quand ils foncent droit dans le mur alors que la colère, contre l’absurde, la mort, les embouteillages, Dieu, les lois de la physique ou moi-même, contrairement à la haine étouffante, est libératrice et porteuse de vie même si elle est effectivement...

Page du 21 novembre 2017 jour souterrain.

Denis Vallier
Page du 21 novembre 2017 jour souterrain.
Page du 21 novembre 2017 jour souterrain.

De plus en plus, j’ai la tentation d’explorer le monde des rêves souterrains, celui de mes racines. Ce n'est pas possible, me semble-t-il, de consacrer tant d'heures d'une vie à rêver sans tenir compte d'une possible signification du contenu des rêves. En fait, tous ces réveils au cours desquels j'ai fait des efforts pour me rappeler mes rêves de la nuit passée et les noter m'ont appris qu'ils sont effectivement significatifs. Par contre, les rêves possèdent une logique qui se démarque de la logique cartésienne, ils sont la porte ouverte sur une dimension autre, ils nous nous parlent de ce que...

Page du 20 novembre 2017 autre jour d'un autiste.

Denis Vallier
Page du 20 novembre 2017 autre jour d'un autiste.
Page du 20 novembre 2017 autre jour d'un autiste.

Mon ordinateur est fichu, définitivement irréparable, il ne me sert plus, maintenant, c’est moi qui lui sers, j’accompagne ces derniers moments. Il faut savoir échanger les rôles au besoin mais c’est fini, je ne peux vraiment plus rien pour lui. Du coup, j’ai examiné en détail tout ce qui m’entoure, ce lieu où je vis, je l’ai bien examiné… Je crois que ce chez-moi représente à mes yeux la même chose que pour n’importe qui : un peu d’intimité, là où on a ce qui est à nous, là où on devrait se sentir en sécurité, en théorie du moins… Ce chez-moi est exactement à mon image : tout y est, vraiment tout,...

Page du 19 novembre 2017 jour d'un autiste

Denis Vallier
Page du 19 novembre 2017 jour d'un autiste
Page du 19 novembre 2017 jour d'un autiste

Quand les murs ont des oreilles ça papote, ça chuchote, ça bruisse de vie mais si mes oreilles en viennent à se construire des murs, c'est l'autisme assuré… je deviens alors très vulnérable, à l’extrême bord d’un gouffre : le trou béant du regard des autres. Dans ces moments dangereux, je réalise que chacun de mes mouvements devient pertinent et prend une importance considérable mais que je ne maîtrise plus rien et deviens ainsi encore plus vulnérable. Entre l’idée et la réalité, entre le mouvement et l’acte, se glisse insidieusement l’ombre. Est-ce le baiser ? l’exploit ? la réussite ? le crime...

Page du 18 novembre 2017 Jour peinturluré

Denis Vallier
Page du 18 novembre 2017 Jour peinturluré
Page du 18 novembre 2017 Jour peinturluré

En face de l’écrivant, la lecture de ce qui est écrit renvoie à une existence et, feu follet, demeure un instant : le temps d’accepter le texte de l’autre, ce qui nous autorise, au terme d’un corps à corps humble et tenace, à nous aimer l’un l’autre. Les donneurs sont exception pour les greffes de cœur, je sais un tel lecteur rare et donc précieux et ne me fais guère d’illusions d’en rencontrer dans mon désert, mais je ne désespère pas d’une visite d’extra-terrestres assoiffés d’ammoniac. Ils seront plus nombreux. Je les attends de pied de nez ferme et réactif… mais avant qu’on me greffe quoi que...

Page du 17 novembre 2017 Jour de Gavroche

Denis Vallier
Page du 17 novembre 2017 Jour de Gavroche
Page du 17 novembre 2017 Jour de Gavroche

Le Gavroche des Misérables est presqu’aussi connu que Quasimodo : Hugo a créé là un petit être joyeux qui ne mange pas tous les jours et « qui n’a rien de mauvais dans le cœur ». Ce personnage minuscule, fils des Thénardier, est l’esprit même de ce roman, c’est la main qui l’écrit : le sublime nait du grotesque. Sa mère, cette affreuse montagne de chair d’une laideur repoussante, qui aurait apprécié Halloween pour pouvoir sortir dans la rue sans déguisement, met au monde un enfant de rêve. Gavroche ne sort pas d’une maison : « je rentre dans la rue » disait-il. Hugo a donné à cet indien dans la...

Page du 16 novembre 2017 Jour grotesque

Denis Vallier
Page du 16 novembre 2017 Jour grotesque
Page du 16 novembre 2017 Jour grotesque

Par-dessous, dans les profondeurs, nos racines se nouent et s’entremêlent. Victor Hugo ne cache pas son admiration pour le grand Shakespeare et son Songe d’une nuit d’été où grotesque et sublime s’interpénètrent. Ce qui est dommage, c’est qu’en lisant sa magnifique préface de Cromwell, on peut parfaitement interpréter cette proximité entre grotesque et sublime comme un choc frontal entre deux mondes différents et imaginer Hugo utilisant théâtralement un repoussoir pour mieux mettre la beauté en évidence. Le laid qui déborde, tout le monde connaît ça et nul ne le retient, surtout s'il s'épanche....

Page du 15 novembre 2017 Jour de Voltaire

Denis Vallier
Page du 15 novembre 2017 Jour de Voltaire
Page du 15 novembre 2017 Jour de Voltaire

Après les attentats de janvier 2015 en France, les libraires intelligents placèrent juste devant les caisses le Traité sur la tolérance de Voltaire. Le résultat fut à peu près sans équivalent dans l’histoire de l’édition et 250 000 exemplaires de ce livre vieux de plus de 250 ans se vendirent en quelques jours. Ceux qui eurent la bonne idée de le lire purent profiter de ce trésor inaltérable : « Quand la nature fait entendre de sa voix douce et bienveillante, le fanatisme, cet ennemi de la nature, pousse des hurlements. Et, lorsque la paix se présente aux hommes, l’intolérance forge ses armes....

Page du 14 novembre 2017 Jour de Coriolan

Denis Vallier
Page du 14 novembre 2017 Jour de Coriolan
Page du 14 novembre 2017 Jour de Coriolan

Pascal disait que pour avoir la foi, il suffisait de s’agenouiller et de prier, que l’existence précède l’essence, que le geste précède l’émotion, que l’acte précède la puissance, que pour être roi, il suffit d’être pris pour un roi. Il a peut-être raison, les uns s’assoient bien dans un fauteuil et se croient présidents. Je l’ai écouté, me suis mis à genoux et j’ai prié comme on hurle à la Lune. Et alors… rien… Rien que le silence infini du vide entre les galaxies. Je n’étais peut-être pas assez agenouillé, je n’ai sans doute pas assez fait semblant. Depuis je me méfie de Pascal et de ses paris...

Page du 13 novembre 2017 jour de Shakespeare

Denis Vallier
Page du 13 novembre 2017 jour de Shakespeare
Page du 13 novembre 2017 jour de Shakespeare

Quand la caricature de Victor Hugo s’affine, elle nous présente l’idée, toujours reçue mais intéressante, qu’il est un héritier de Shakespeare, celui qui mêlait, en chacune de ses histoires, le grotesque et le sublime. On est ce que l’on mange nous répètent entre autres nos amis juifs. Toutefois, n’en déplaise à nos amis juifs et musulmans réunis, le porc que nous mangeons subit une métamorphose radicale de par la puissante efficacité de notre alchimie digestive. Ce qui est vrai pour notre viande l’est tout autant pour nos tripes et notre esprit, nous mangeons des symboles, nous avalons des signes...

Page du 12 novembre 2017 jour de Saint-Augustin

Denis Vallier
Page du 12 novembre 2017 jour de Saint-Augustin
Page du 12 novembre 2017 jour de Saint-Augustin

Qu’il le veuille ou non, qu’il s’en rende compte ou pas, quelles que soient ses origines et sa couleur de peau, tout francophone est imprégné de l’incomparable odeur des premières gouttes de pluie dans la poussière mêlée à celle de l’encens. Même s’il n’en a pas forcément conscience, il est estampillé par Saint-Augustin le Berbère et par Victor Hugo le géant. Ces deux-là cheminent à ses côtés dès ses premiers pas. La culture c’est comme les odeurs : on s’en imprègne très tôt, positivement ou négativement, et il nous est difficile de changer ce rapport initial. Tout le monde croit fréquenter son...

Page du 11 novembre 2017 jour de Léonard de Vinci

Denis Vallier
Page du 11 novembre 2017 jour de Léonard de Vinci
Page du 11 novembre 2017 jour de Léonard de Vinci

Nous avons tous nos supers héros, des êtres merveilleux à qui l’on attribue des pouvoirs extraordinaires. Je crois choisir les miens mais en fait, ce sont eux qui s’imposent, ils me tiennent depuis mon enfance pour ne plus me lâcher. Leurs fantômes bienveillants hantent mes neurones. Cette monstrueuse merveille qu’était Léonard de Vinci ne s’en prive pas, c’est un de mes plus fidèles visiteurs. Comme les crêpes qui ont toujours deux côtés, cette idole brillant de mille feux garde sa part d’ombre : je ne voudrais pas être un dandy à son image par exemple. Cela ne me pose guère problèmes : je n’atteindrai...

Page du 10 novembre 2017 jour enraciné

Denis Vallier
Page du 10 novembre 2017 jour enraciné
Page du 10 novembre 2017 jour enraciné

Nous effleurons à peine la surface des choses et du monde, mais nos racines sont profondes... En fait, l’écriture est une question de famille où se mêlent des racines de la naissance, de l’amour, du pouvoir, de la mort, et de l’héritage. Avec de telles racines, on n’est jamais seul avec soi-même, quel que soit l’isolement que requiert l’écriture, mais prétendre au sublime est sacrément puéril et carrément grotesque. Le sublime est une expérience sensible de l’homme qui se trouve confronté à un univers qui le domine et l’écrase comme un pouce écraserait une fourmi, bien peu s’en relèvent. Qui se...

Page du 9 novembre 2017 jour d'amitié

Denis Vallier
Page du 9 novembre 2017 jour d'amitié
Page du 9 novembre 2017 jour d'amitié

Mathématiquement, pour avoir un ami comme La Boétie, il fallait que Montaigne en soit un lui aussi. Les Essais furent le monument qu’il érigea pour son ami décédé, pour prolonger cette amitié. L’amour, quand il est le plus pur, revient hanter l’écriture d’une façon tremblante, fragile, éphémère. Quel est ce drôle de sentiment qui préfère à l'amour global du genre humain la passion inconditionnelle, et pourtant distanciée, pour quelques-uns de ses membres ? C’est bien souvent une énigme. Avec un proche ou un ami, les barrières tombent, il est cet autre dans notre silence : il est alors plus précieux...

Page du 8 novembre 2017 jour de solitude

Denis Vallier
Page du 8 novembre 2017 jour de solitude
Page du 8 novembre 2017 jour de solitude

Tel le bernard-l’ermite changeant de coquille, lentement, je me détache non sans danger de mon passé pour rejoindre un nouvel ordre. Passer de l’encre intime aux pixels volatiles me semble une trahison. Écrire est, a priori, l’expérience même de la solitude et en mauvaise compagnie en plus. La solitude en elle-même n'est pas une tragédie, elle est discrète et fort commune… c'est l’isolement, la tyrannie de la chambre vide, qui en est une car ni on ne le voit, ni on ne l’entend. Parfois on n’a guère le choix. C'est ce qu’Hannah Arendt appelle « la désolation » et qui est la cause intime des états...

Page du 7 novembre 2017 jour des chiens morts

Denis Vallier
Page du 7 novembre 2017 jour des chiens morts
Page du 7 novembre 2017 jour des chiens morts

Mon dernier chien est mort… Quand je me promène, seul à présent dans le maquis de l’Estérel, là où Victor Hugo voyait mourir dignement les Alpes dans la mer, je lui parle encore… Comme avant… Je n’en suis même pas conscient jusqu’à ce qu’effrayé, je m’arrête. Je me retourne et je crois voir l’éclair d’une fourrure fauve. Mais le sentier est désert, buissons rabougris, pierres sèches… Pourtant, je ne m’étonne pas d’entendre craquer les branches mortes sous la pression souple de ses pattes. Où la petite âme canine peut-elle errer ailleurs que sur mes traces ? C’est un fantôme amical qui ne ferait...

Page du 6 novembre 2017 jour en équilibre instable

Denis Vallier
Page du 6 novembre 2017 jour en équilibre instable
Page du 6 novembre 2017 jour en équilibre instable

Aux confins d'un royaume oublié, se cache une porte magique.Un défilé d'ombres qui se dérobent au grincement des huisserieset des gonds branlants garde jalousement le secret, ne pipe mot,veille en armes du soleil couchant à la lune naissante.Faisant fi du sésame, niant même l'existence d'une clef d'or,un gueux tout en poux se poste devant le bois précieux,croyant à une clémence toute particulière des esprits toujours présents,l'impénitent vise la serrure de son œil torve pour y jeter un regard furtif.Las ! le pourceau y perd la vue, la foi et sa raison.Et les ombres de danser en silence et la porte...

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