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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 30 septembre 2018 jour de la méduse

Denis Vallier
Page du 30 septembre 2018 jour de la méduse
Page du 30 septembre 2018 jour de la méduse

Pour un regard froid et lucide, tous nos efforts, nos plaisirs, nos joies nos peines, tout ce qui fait notre vie semble vain et voué au néant. Cependant, je n’ai qu’une conscience floue de cette inutilité absurde : je ne l’approche que quand j’y réfléchis, le reste du temps, elle m’est tout à fait égale. Parfois quand j’y réfléchi je me dis que c’est même notre chance : la mort permet aux espèces de s'adapter à un environnement changeant par le renouvellement des générations. Ce n'est pas une punition mais le moteur efficace de l’évolution. D’ailleurs les morts gardent toujours quelques droits...

Page du 29 septembre 2018 jour du constat absurde

Denis Vallier
Page du 29 septembre 2018 jour du constat absurde
Page du 29 septembre 2018 jour du constat absurde

Illustration par Ronald On. Constat absurde Que sont tes pleurs sur le bitume ? Où vont ces pas, toutes ces viesQui disparaissent dans la brume et t'abandonnent à l'ennui ?Le savais-tu, au fond du lit, ce jour d'école où tu gardasTon corps d'enfant au creux du nid, tremblant de fièvre et de frimas ? Le savais-tu ce Grand Pays où l'horizon est sans saveurOù l’ailleurs est un autre ici et le rosier, un crève-cœur ?Tous les géants sont de chimère et tous les rêves, de noire suie.Notre avenir est de poussière, un corbillard que l’on poursuit. Même en marchant à reculons, le vide est là qui nous attend.Même...

Page du 28 septembre 2018 jour de la termite.

Denis Vallier
Page du 28 septembre 2018 jour de la termite.
Page du 28 septembre 2018 jour de la termite.

Il était une fois Sisif, une termite un peu zinzin, qui, lassée de besogner pour des prunes, d'un grain de sable se fit un piédestal. Elle aimait regarder ses consœurs s'agiter autour d'elle vacant à leurs occupations. Elle jetait sur elles un regard condescendant, les estimant ignorantes de la petitesse de leurs besognes. Parfois le passage d'une de ces ouvrières, venait à ébranler son grain de sable piédestal, aussi notre amie entreprit-elle de consolider son socle : elle agença 3 grains ensemble pour poser le premier ce qui en fit 4, puis elle en rajouta 9 par en dessous ce qui fit 13 au total...

Page du 27 septembre 2018 jour d'escalade

Denis Vallier
Page du 27 septembre 2018 jour d'escalade
Page du 27 septembre 2018 jour d'escalade

La vie est formidable, prodigieuse, miraculeuse et les mots sont faibles, mais à y regarder de plus près, rien ne peut être qui ne soit absurde. Nous avons tant d’énergie à dépenser et nous sommes si nombreux que cela pose problème… s’il est bon de courir, nager, glisser, jouir de tout ce que peut nous offrir notre corps, il est tout aussi absurde d’en abuser. Mais au bilan, sortir du néant, faire son petit numéro et disparaître à jamais… n’être qu’un brave humain qui a la trouille de crever, qui veut se vider testicules et ovaires et qui cherche à « réussir », il y a des jours où on se demande...

Page du 26 septembre 2018 jour de jouissance

Denis Vallier
Page du 26 septembre 2018 jour de jouissance
Page du 26 septembre 2018 jour de jouissance

Nos fonctions organiques sont tout autant digestives et rénales que cognitives ou autres mais avant tout indispensables à notre bon fonctionnement. Assumons-nous en fonctionnant, puisqu'on est fait pour ça. Quel bien-être après avoir pissé, pété, déféqué, éjaculé, éliminé tout ce qui nous encombre l’esprit comme le reste, tout ce que notre verni social et nos religions ont fait glisser en coulisse sous une chape de pudibonderie : on se sent libéré d’un poids comme si tout ce que nous exprimions nous faisait du bien… ne serait-ce que ça la vie ? Fonctionner ? Absorber ? Éliminer ? Non pas se débarrasser...

Page du 25 septembre 2018 jour sur le trône

Denis Vallier
Page du 25 septembre 2018 jour sur le trône
Page du 25 septembre 2018 jour sur le trône

Dans la vie, tout n’est qu’équilibre et mouvements, mais c’est avant tout un énorme besoin à satisfaire qui regroupe nombre de besoins secondaires. Je ne vois aucune raison de les hiérarchiser et d’en passer certains sous silence plus que d’autres. La scatologie mériterait de retrouver la simplicité naturelle de notre « Comment allez-vous ? » quotidien. Pour les plus urgents, c’est la deuxième porte à gauche. En un an, une personne ordinaire utilise en moyenne 2500 fois les toilettes. L’endroit mériterait un investissement à la hauteur de son usage pour en faire la pièce la plus agréable de nos...

Page du 24 septembre 2018 jour de dessin

Denis Vallier
Page du 24 septembre 2018 jour de dessin
Page du 24 septembre 2018 jour de dessin

Est-ce nous qui bougeons ou bien les jours défilent-ils ? Regarde leur caravane, elle dessine une histoire ; c'est le langage des pas qu'il faut apprendre, avant que le sable ne reparte porter un peu plus loin leur paroles murmurées et méconnues... Au cours de notre vie, à raison de quatre kilomètres par jour, nous marchons en gros l'équivalent de trois fois le tour du monde. On sait que le dessin prime sur toutes les autres formes d’expression. Quelle étrange figure dessinent donc les pas d'un être humain tout au long de son existence ? Un piètre pisteur ou une nouvelle appli vous lanceraient...

Page du 23 septembre 2018 jour du mouvement perpétuel

Denis Vallier
Page du 23 septembre 2018 jour du mouvement perpétuel
Page du 23 septembre 2018 jour du mouvement perpétuel

Il ne suffit pas de conjuguer le verbe être pour parvenir à exister, pour cela, l'homme doit faire, agir, se battre contre les autres, les dépasser, se dépasser. La situation où il s’est placé l'insupporte et il doit bouger perpétuellement. Le mythique mouvement perpétuel ne peut avoir pour moteur que le temps, du moins, je l’imagine. Eh bien, en respectant cette contrainte, l'homme est en lui-même un mouvement perpétuel prédisposé à la morale et parfois à l’humour. Le mouvement perpétuel, c'est cela son idéal. L'action, l'avancée permanente comme pour toute forme de vie, il n’a été fait que pour...

Page du 22 septembre 2018 jour dans les bois

Denis Vallier
Page du 22 septembre 2018 jour dans les bois
Page du 22 septembre 2018 jour dans les bois

Shakespeare nous a laissé un superbe héritage : sa vie a été une pièce de théâtre qu’il a jouée en abîme sur une immense scène. C’est valable pour chacun d’entre nous et je ne saurai jamais comment me retirer de cette comédie dramatique : en tant qu'homme, je suis obligé d'y participer. On aura beau dire, être humain vous enlève toute possibilité de choix : je dois être homme ou disparaître. J’ai réalisé que j’étais dans cette impasse très tôt, avant même que j’ai eu mes deux testicules, car en fait, j’ai bien vu qu’on n’a qu’un œuf mais je ne voulais pas le mettre dans le même panier. Il ne m’a...

Page du 21 septembre 2018 jour dans la peau de John Malkovich

Denis Vallier
Page du 21 septembre 2018 jour dans la peau de John Malkovich
Page du 21 septembre 2018 jour dans la peau de John Malkovich

Dans n’importe quel désert, au bout de plusieurs heures sans avoir vu âme qui vive, il suffit d’arrêter sa voiture à cause d’une envie de pisser pour qu’un type sorte de nulle part. L’infection s’est généralisée à l’ensemble du globe, la planète est contaminée, nous sommes partout. J’ai voyagé parmi les hommes, je les ai connus. Certains d'entre eux, certains d'entre elles, très peu mais déjà bien assez. En tout cas, quelle que soit la latitude, je les ai connus assez pour les voir en grosse majorité dans leur pitoyable et ennuyeuse condition … Ces quelques réflexions ne sont guère originales,...

Page du 20 septembre 2018 jour de clairvoyance

Denis Vallier
Page du 20 septembre 2018 jour de clairvoyance
Page du 20 septembre 2018 jour de clairvoyance

S’il existe, le propre de l'homme, propre dans le sens nettoyé ou beauté pure, paraît être que nous ne pouvons nous passer de notre conscience sauf momentanément ou à l'aide de subterfuges autodestructeurs qui invariablement nous ramènent à nous-même ou bien à notre mort. Plus nous sommes conscients, plus nous partageons la souffrance du monde, des êtres et du vivant, et plus nous augmentons notre lucidité, notre clairvoyance. Nous montons ainsi en grade dans la pseudo hiérarchie du conscient. La conscience, c’est cette saloperie qui nous colle au train, qui nous oblige et que des poètes trop lucides...

Page du 19 septembre 2018 jour sur les ondes

Denis Vallier
Page du 19 septembre 2018 jour sur les ondes
Page du 19 septembre 2018 jour sur les ondes

"Plis" par Lucie Nechanicka... Ronds de rêve dans l'eau, ricochets, éclaboussures que des cailloux causèrent au bout de leur trajectoire… quoi donc encore mains sales et facétieuses ! Une main lave l’autre et les deux le visage, mais vous croyez-vous disculpées pour autant ? L’onde de tous les cailloux jetés dans la mer circule encore de nos jours, toutes nos vérités éternelles même murmurées à l’oreille, aussi, mais alors faiblement, si faiblement qu’elles sont devenues imperceptibles. Les paroles s’envolent dit-on, mais une onde, un son s'éteignent-ils vraiment ? Ou bien de plus en plus ténus...

Page du 18 septembre 2018 jour de pluie

Denis Vallier
Page du 18 septembre 2018 jour de pluie
Page du 18 septembre 2018 jour de pluie

Ronds dans l’eau Quand la pluie vient à tomberSur un large plan d'eauUne goutte et une autre d'abord y font des rondsQui bientôt s'élargissent,Et s'abordent de front Puis s'étendent encore Et conjoignent leurs dos. D'autres gouttes peut-être viendront leur faire écho Qui tombant à leur tour, À leur tour formeront Des cercles concentriques Qui s'entrecroiseront Avant de s'estomper, Se perdant sur le flot. À moins qu'ils rebondissent sur les bords de l'étang De la flaque, de la mareDe là se réfléchissent En arceaux s'inversantEt reviennent qui sait… En leur point d'arrivée. Tout ainsi dans la vie...

Page du 13 septembre 2018 jour au fer rouge

Denis Vallier
Page du 13 septembre 2018 jour au fer rouge
Page du 13 septembre 2018 jour au fer rouge

Tout passe devant nous, « corbillards familiers aux chromes éclatants » menant les morts à Corbeil, « étymologiais-je » doctement. Tout passe, « comme autant de troubles anciens, d'indifférentes peines et de lointains combats », soliloquais-je allègrement pas plus tard que hier. Pourtant, rien n’est innocent, tout laisse son empreinte, les cicatrices se payent un jour. Nous sommes marqués, au cours de nos existences, par des événements de toutes sortes et notamment par certains qui laissent des traces pernicieuses et nous empoisonnent sérieusement l'existence, d'autant que nous sommes plus ou moins...

Page du 12 septembre 2018 jour de victoire en déchantant

Denis Vallier
Page du 12 septembre 2018 jour de victoire en déchantant
Page du 12 septembre 2018 jour de victoire en déchantant

La vie défilait, les jours fuyaient à grand train. Tout passait devant nous, corbillards familiers aux chromes éclatants, hordes furieuses et femmes pressées sous une chape de peur. Tout passait, comme autant de troubles anciens, d'indifférentes peines et de lointains combats. La parade était sans fin, la foule, sans âme, et nos corps peinaient à vivre encore, ondoyant péniblement au rythme d'un souffle devenu court. Il nous restait encore tant de meurtres à commettre, de fourmis alignées sous nos pieds, offrant en sacrifice leur multitude à notre absurde et stupide inutilité. Nous avions toujours...

Page du 11 septembre 2018 jour du souvenir

Denis Vallier
Page du 11 septembre 2018 jour du souvenir
Page du 11 septembre 2018 jour du souvenir

Bien sûr la vie, brève et fugitive, est tragique au final, mais qu’y faire sinon sourire et s’émerveiller malgré tout ? Ce n’est qu’un cul blanc de lièvre qui s’échappe furtivement dans la brume du petit matin. Constat biblique : nous ne laisserons pas plus de trace de notre passage que mes fourmis écrasées, qu’un caillou ricochant sur l’eau, qu’une hirondelle dans le ciel, qu’un lézard sur un rocher brulant… ou alors, peut-être, avec un brin de chance, le contour d’un corps à la craie sur le bitume, ou la tache de couleurs ternies d’un de ces incongrus petits bouquets de fleurs plastiques fatiguées...

Page du 10 septembre 2018 jour de poussière

Denis Vallier
Page du 10 septembre 2018 jour de poussière
Page du 10 septembre 2018 jour de poussière

Photo poussiéreuse d'Alexander Yakovlev... Souffle Le vent portait des cris, sans noms et sans visagesEt frappait sa furie aux parois de ma cage.Je me savais de chair et lui, d'éternité,Avait vaincu la Terre et couché tous les blés. Je me voulais poussière, cendre des beaux joursQuand l'aube est un désert et l'âme, sans contours,Soulevé, ébloui, comme un songe dormantRenaissant à la vie sur un souffle géant. J'aurais vu ma lumière peinant au lointain,Qui sait tant ma prière et me chauffe les mains,Vaciller lentement de ses larmes de cireEt s'éteindre en coulant comme un chaud souvenir. J'aurais...

Page du 9 septembre 2018 jour des dunes

Denis Vallier
Page du 9 septembre 2018 jour des dunes
Page du 9 septembre 2018 jour des dunes

Les macchabées sont unanimes, la mort n’est plus ce qu’elle était : ils vous affirmeront qu’il vaut mieux mourir à la campagne qu’en ville, là-bas au moins, tout le monde sait que vous êtes au cimetière, alors qu’en ville, on se figure que vous avez déménagé. Vivre est finalement très superficiel, poussière d’étoile tu es, poussière tu demeureras. Cela revient à inscrire son nom sur le sable d’une île entre deux rives, entre deux néants. De plus, on a beau taper des pieds, nous n’écrivons pas nous-même, c'est le vent qui écrit tout ça, qui enfle les voiles, c'est le vent aussi qui efface, qui pousse...

Page du 8 septembre 2018 jour transparent

Denis Vallier
Page du 8 septembre 2018 jour transparent
Page du 8 septembre 2018 jour transparent

Perdu dans la ville, un inconnu cherche son chemin. Silhouette immobile dans la foule affairée, les passants contournent l’obstacle ou carrément le bousculent. Il marche depuis longtemps et cherche depuis plus longtemps encore, mais là, il s’est arrêté. Un inconnu, qui restera inconnu, cherche, quelqu’un, quelque chose. Inconnu de tous, anonyme, transparent, transpercé par mille et mille regards. En ville, on a bien moins de voisins qu’au village, l'indifférence y est impitoyable. Pas une once de curiosité, pas un atome d'intérêt. Non, il retarde juste les passants qui ne font que passer encore...

Page du 1er septembre 2018 jour des fourmis

Denis Vallier
Page du 1er septembre 2018 jour des fourmis
Page du 1er septembre 2018 jour des fourmis

Les religieux, les philosophes, les poètes, les scientifiques et les bloggeurs qui n’ont que ça à faire nous expliquent à leurs manières le monde où nous vivons. Il y a donc des milliers et des milliers de façons de voir les choses mais, toute description, interprétation, explication du monde qui ne prendrait pas en compte sa part d'absurde serait incomplète, voire fausse. A côté de cela, nous partons d’une donnée incontournable : quel que soit notre degré d’intelligence, de folie ou de sénilité, rien ne peut diminuer l'être, il est. A chacun d’être. L’autre ne peut que lui apporter plus, un plus...