Page du 16 août 2024, jour qui danse sous le soleil...
Nous vivons dans l’illusion de ne faire qu’un, mais nous sommes, vous et moi, des êtres changeants, perpétuellement modernes et éclatés, dispersés façon puzzle par notre vie de tous les jours, tournés vers le passé tout en étant aspirés par le futur. Dans ce maelstrom contemporain, comment faire la part entre son travail, son transport, son portable, son domicile, son quotidien, les gosses qui braillent, son confort personnel, ses règles et ses fins de mois pour un grand nombre, sa paresse, sa peur de ne pas arriver à perdre ses kilos superflus, la crainte de mal vieillir et ses élans politico-économiques. Et puis, comment séduirais-je encore le compagnon actuel ou la femme de ma vie indispensable à ma consistance et à mon équilibre avec ce genre de préoccupations surtout si l’exercice perd un peu de son piment avec le temps ? Comme tant d’autres, j'ai bien du mal à accorder sa place à chaque chose de ma vie : je voudrais que la vie soit moins compliquée, nos égoïsmes moins effectifs.
La propagande actuelle du "système" fait la promotion de l’égoïsme et de la réussite individuelle au détriment du vivre ensemble… Mais, vaut-il mieux essayer de bien gagner sa vie ou la vivre bien ? Ce n’est pas un péché d’être heureux, nous sommes tous des pécheurs.… De nombreux jeunes choisissent d’élaguer, de simplifier, de ne plus polluer, de vivre une vie minimaliste pour profiter de la lumière du soleil plutôt que de s’inscrire dans ce monde où ils ne se reconnaissent pas et ne trouvent pas leur place. Ils s’isolent par petits groupes en renouant partiellement avec le mode hippie des années 60. Au niveau individuel, la recherche du bonheur par l’individu ne reflète-t-elle pas la tristesse de notre condition ? Je ne connais qu’une exception géographique et collective sans doute très discutable : le Bhoutan, "le pays du bonheur obligatoire". Mais que vaut encore l'idée de bonheur quand elle est imposée, quand elle est érigée en objectif politique et que l'État en impose à chacun un modèle standard ? Ne représente-t-elle pas une menace totalitaire ? À chacun donc son bonheur. Sa recherche est le seul moteur à la source d’énergie inépuisable…. comme le chantait magistralement Jacques Brel "Sur la place" dans les volutes de ses gitanes qui sans doute l’inspiraient. Cette chanson est un petit chef-d’œuvre méconnu (-voire oublié) dont les paroles simples portent pourtant de belles idées…
"Ainsi certains jours, paraît
Une flamme à nos yeux
A l’église où j’allais
On l’appelait le bon Dieu
L’amoureux l’appelle l’amour
Le mendiant la charité
Le soleil l’appelle le jour
Et le brave homme la bonté"
Voici un lien pour retrouver Brel sur sa place :
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