Les fachos accusent les gauchos d’égalitarisme, mais qui pourrait être assez stupide pour songer, au nom de l’égalité, à sacrifier notre liberté ? Eux trouveront normal de la sacrifier au nom de l’ordre et de leur petit confort… Question à creuser… la liberté n'est pas une notion formelle à tempérer en fonction d'impératifs révolutionnaires ou sécuritaires. D’un autre côté, on le constate aisément ces derniers temps, l’inégalité est préjudiciable à tous, à certains plus qu’à d’autres toutefois… Entre Bill Gates et Paul Emploi, il y a un monde ! L'inégalité, en chiennerie humaine, loin de préserver...
Page du 10 juillet 2023, jour du petit Chaperon rouge...
(Dessin de Santy Gutiérrez)
-Affaire Meute de Monsieur Le Loup contre le Petit Chaperon rouge… Maître, vous avez la parole pour défendre les intérêts des plaignants, nous attendons vos arguments… - Merci, votre Honneur… Figurez-vous, Mesdames et Messieurs les jurés, que le Petit Chaperon rouge, cette soi-disante innocente, a pris un malin plaisir à provoquer la faim de Monsieur Le Loup : il ne lui voulait aucun mal, il n’y avait rien de personnel mais en promenant son panier rempli de provisions sous sa truffe, cette tentatrice lui a ouvert l'appétit. La nature des loups étant carnivore, elle...
(Photo par Duculot Wendy)
"Liberté, liberté chérie"… Nos commentateurs habitués des plateaux de télévision en ont plein la bouche. Ce sont les mêmes qui reprochent à la justice de ne pas faire son travail quand la police se tue à la tâche, or parler de respect de nos libertés, et voir leur agencement aujourd'hui laisse beaucoup à désirer et à penser. Si l’on espère que le droit ait une valeur dans un État de droit, cela implique de parler de la rectitude du droit ainsi que de trouver un système efficace pour gérer les transgressions observés. Or, ce qui se passe aux États-Unis nous arrive de...
page du 8 juillet 2023, jour au goût de cendres...
Malgré la pression d’un système asservissant, nous avons la chance de vivre dans un État de droit ce qui n’est pas particulièrement fréquent sur cette planète. On s’y habitue et on finit par se dire que c’est un dû alors que rien n’est immuable, c’est plutôt un privilège. Mais il suffit d’une seule faille dans un système pour que tout vole en éclat, l’important, c’est que personne n’en prenne conscience : le problème c’est que de nos jours, tout est filmé… Là-dessus, on diffuse la vidéo d’un policier abruti tirant à bout portant et de sang froid sur un jeune désobéissant et valse notre État de...
(Illustration par Dariusz Klimczak)
Malgré les avertissements répétés de longue date par les plus sages d’entre nous, nous fonçons droit dans le mur. Environnement et société vont à vau l’eau… et chacun se dit "après moi le déluge" et demande aux autres de faire des efforts ou du moins de commencer les premiers. Il y aurait pourtant moyen de nous en sortir par le haut mais qui souhaite sacrifier son petit confort et ses privilèges ? Dans mes rêves les plus fumeux, notre réussite collective respectueuse de chacun dépendrait d’un investissement massif dans le futur en commençant par une valorisation...
Page du 6 juillet 2023, jour des lendemains qui déchantent...
(Dessin de Babouse)
Être né quelque part… chantait Maxime Le Forestier… Personne ne choisit de naître comme il est ni les trottoirs de Manille pour apprendre à marcher, pourtant la société n’a que mépris et rejet pour nos différences. Pourtant, nous vivons dans un pays qui se veut libre et laïque où chacun peut bien s’habiller comme il l’entend mais à condition, comme il se doit, de ne pas porter de signes religieux distinctifs trop voyants… en attendant, avec une djellaba, tu peux toujours essayer d’entrer dans une boîte de nuit !… Avant de rentrer au quartier dépités, ces monstres crament...
La démocratie est le seul régime politique que les plus libertaires tolèrent par défaut mais quand elle est dévoyée, son hypocrisie est tout aussi insupportable qu’une dictature. La démocratie véritable serait de reconnaitre à un individu le droit au désordre ou plus précisément, le droit de chacun à suivre "son" ordre, sans qu'il y soit contraint par une puissance extérieure ou supérieure. Cela exigerait éthique, lucidité, éducation et maîtrise de soi : avant toute chose, la démocratie et l’état de droit attenant supposent l'acceptation préalable d'une règle du jeu simple, basée sur la liberté...
(Illustration par Santi P. Seoane)
Une communion, une musique qui vous met en harmonie, une rencontre où vous entrez en résonnance, un prêche de tribun qui vous emporte, une méditation profonde où l’on disparaît, une séance de yoga par un maître, un coït de qualité ou bien, selon l’âge, une miction bien menée qui l’équivaut largement, les occasions ne manquent pas de se sentir en fusion avec le monde. Comme la goutte d’eau appartient à l’océan, ce sentiment d’appartenir à un tout nous comble d’une plénitude infinie, éternelle et absolue mais qui, malheureusement ne dure qu’un bref instant...
La vertu des utopies est de nous laisser quelques lointains espoirs quand la réalité s’acharne à nous les enlever… Ce que je cherche est bien plus important que ce que je trouve se disent les rêveurs… les autres pensent l’inverse mais rassurez-moi… on a encore le droit de rêver, oui ou non ? Quand le calme retombe sous le ciel étoilé après des infos de feu et de sang, je rejoins mes utopies, je rêve à un monde de parfaite anarchie où l'égalitarisme ne se concevrait que comme une élévation générale, une volonté de mettre chacun au meilleur niveau et où nos complémentarités s’emboiteraient comme...
(Photo de Willem de Kooning dans son atelier)
Nous vivons dans une société paradoxale où chacun se voudrait différent en faisant comme tout le monde… Un lavage de cerveau médiatique multiplié par les réseaux sociaux, impose un individualisme forcené, un anticonformisme de bon aloi tout en étant tous modelés par le même formatage… L’uniformisation est en marche mais ce ne fut pas toujours le cas : malgré son classicisme et sa rigueur, la paradoxale période dite "Art déco" encore si présente dans l’architecture américaine, fut riche en esprits indépendants, créatifs et originaux comme entre...
(Dessin de Flock)
Je ne voudrais dédouaner personne, mais il faut reconnaître que ce n’est guère facile de gouverner un pays comme la France… La nécessité de passer des compromis, d’adapter ses principes à une réalité contingente plus forte que soi, de renoncer à l’idéalisme et au tempérament utopique… c’est l’essence machiavélienne de la politique qui, de force, inspire la conduite de nos dirigeants successifs et en particulier celle du petit dernier, lecteur assidu de Machiavel. Raymond Aaron a passé sa vie à enseigner cette "essence machiavélienne" et la même vie à la détester comme si le...
Page du 30 juin 2023, jour au Rockefeller Center...
(Peinture : "L'Homme contrôleur de l'univers" par Diego Rivera)
Comme les musulmans font sept fois le tour de la Kaaba, la Pierre Noire, au cours de leur Hajj, vous ne pouvez visiter New-York sans rendre hommage au Dieu Dollar en tournant autour de la petite Rockefeller Plaza, où tous les drapeaux du monde vous accompagnent (- bien qu’en ce moment ils soient remplacés par des étendards arc-en-ciel LGBT)… Elle est le cœur du complexe de dix-neuf buildings dédiés à l’argent et au contrôle de l’information, l’axe du système. Pour ne pas devenir esclave des milliers de milliards de cette puissance...
(Illustration par Erik Johansson)
L’immoraliste Machiavel, qui s’accommodait aisément de l’ambivalence hors de toute morale, aurait bien sûr préféré De Gaule à Pétain d’autant plus que l’Histoire lui aurait donné raison. Il nous a enseigné que si nous agissons au milieu des hommes, cela a des conséquences à la fois positives et négatives, prévisibles et imprévisibles, mais en tout cas irréversibles et qu’il faut faire avec. Si le déroulement des faits est irrémédiable, l’Histoire est beaucoup plus souple et voyage dans le temps : elle a vite fait de refaire le monde quand on sait la manipuler…...
("Photoallegory" de la talentueuse et prolifique Sarolta Bán)
De Gaule et Pétain sont les deux faces d’une même pièce. En 1940, malgré son âge, Pétain n’estimait pas avoir trahi la France en serrant la main d’Hitler et en collaborant avec l’ennemi, mais, pour le moins, il savait ce qu’il faisait en se ménageant un compromis entre ses principes et les conséquences de son geste. Un compromis ne signifie pas nécessairement compromission mais dans ce cas-ci, c’en était bien une : sa vision du monde, les idées qu’il avait de ce qu’il appelait "la révolution nationale", ses convictions, son désir...
(Pétain et Hitler à Montoire en octobre 1940)
Il y a des jours sombres dans notre si glorieuse Histoire de France : à l’entrevue de Montoire, le 24 octobre 1940, Pétain a serré la main d’Hitler, scellant ainsi la collaboration française avec le régime nazi… il faut reconnaître que notre armée avait subi une sévère dérouillée ! Par la même occasion, il lui a permis d’utiliser nos ressources pour poursuivre son délire sanglant… Nous autres Français, claironnons à tout va mais nous sommes à double face : rien que dans ma famille, j’ai eu un grand-père pétainiste et un père dans la résistance…...
(Dessin de l’impayable Unger)
C’est minable, répugnant, choquant… mais c’est ainsi… Lorsqu’ils célèbrent la signature de contrats juteux avec des pays qui font fi de "nos" droits de l’Homme à prétentions universelles, nos dirigeants intègres et souriants lèvent bien haut leurs verres en trinquant joyeusement avec des dictateurs corrompus et des vendus de leur espèce. Ils trinquent au fric et à la mort, le véritable sel de leurs vies. Si on est un homme politique conséquent, a-t-on le droit, au nom de ses convictions, de serrer la main de personnes qui cautionnent l’oppression de leur peuple,...
Il n’avait pas séjourné comme son mytho d’homonyme durant trois jours dans les sucs digestifs d’un "gros poisson" en guise de punition divine, mais après la deuxième guerre mondiale, Hans Jonas, constatant dans "Le principe de responsabilité" que les hommes avaient failli se détruire par deux fois sous ses yeux, s’est dit qu’il était temps de restaurer la peur comme bouée salvatrice pour protéger ce qui nous reste d’humanité et refaire surface. Du coup, nous avons hérité de ses bonnes intentions ainsi que de son sinistre principe de précaution qui légitime tous les abus de pouvoir et nous pourrit...
Page du 24 juin 2023, jour des chiens de guerre...
Le Groupe Wagner est composé de chiens de guerre sans foi ni loi mais ils n’ont pas le monopole de la violence : les Américains ont les mêmes crapules accros à l'adrénaline qu’ils payent grassement pour les sales besognes. Ces sociétés font commerce de la guerre et engrangent des millions de dollars pour faire couler le sang sans salir les mains des dirigeants mais attention, ils se vendront au plus offrant. Quand on privatise la violence, elle n’a plus de limite et gare au golem… Ne donnons pas de leçon : nous avons-nous aussi nos respectables légionnaires étrangers et malgré nos déboires, notre...
(Dessin de Justin Cohen)
En France, les vieux ont toujours rigolé de la "Nouvelle Vague" jusqu’à ce qu’elle recouvre tout… La génération pourrie-gâtée des boomers a rigolé toute sa vie : pas de guerre, pas de chômage, les seins nus, la pilule, l’amour sans préservatif, pas de Sida, pas de casque, pas de portable, no limite, on pouvait fumer dans les avions ou au resto et tout ça dans la joie et la bonne humeur… Elle a fait mai 68 rien que pour rigoler et faire caguer les vieux. Elle ne s’est jamais posé trop de questions et la vie s’est montrée généreuse avec elle : on peut la considérer...
(Photo de Pejac)
"Peut-on dissocier liberté et responsabilité ?" Vous avez quatre heure…Voilà qui aurait fait un sujet de philo d’actualité intéressant pour le bac. Effectivement, en ces temps de remise en cause de l’individu au sein de la société, la responsabilité de chacun est engagée dans ce monde si inégal… Elle est plus ou moins grande selon notre position et notre puissance, mais tout d’abord, pour dégager le terrain, peut-on penser la liberté hors du libre-arbitre et quel est l’écart entre responsabilité et culpabilité ? Ou bien, est-ce que l’on peut être tenu pour responsable quand...
(Image de Fabio Frédéric)
Sans intelligence collective, nous sommes fichus… Nous avons la chance de vivre en démocratie, elle n’est pas donnée à tout le monde mais c’est un leurre et il nous faut voir plus loin… Nous en avons besoin, nous en redemandons de la démocratie, mais c’est à condition qu’elle soit raisonnable et sur le chemin de la rationalité. On constate malheureusement que, de tous les régimes politiques, c’est le seul qui soit fondé sur le vide : c’est-à-dire sur nous-mêmes et sur notre vouloir-vivre. On peut légitimement s’inquiéter de savoir si la croyance publique la portera...
Peste brune et fièvre rouge sang Vous ne pouvez pas nous accuser Nous voulions le bonheur de l’Homme Nous étions pour l'égalité Nous la chiffrions en mégatonnes. Certes… Nous vous privions de liberté Elle nous semblait risquée cette fête Nous préférions l'égalité Dussions-nous couper des têtes Nous détestions l'individu Ce rêve futile de la conscience La pensée unique était due Même au prix de la Connaissance. Nous rêvions d'un Être suprême Et forgions l’Homme chimérique Dans les camps les peaux était blêmes Sous les coups de schlagues électriques. Notre Science était politique Et la génétique...
(Affiche du film Idiocracy de Mike Judge)
A ce qu’en disait Churchill, la démocratie est le pire des systèmes politiques à l’exclusion de tous les autres… or il se trouve que nous sommes en train de choisir le pire du pire : nous tombons en Idiocratie et, au pays des abrutis, Ubu est roi… Le bilan est terrible : depuis des temps immémoriaux, toutes les démocraties aboutissent à des impasses inadmissibles. Effectivement, il n’y a guère d’autre alternative qui tienne la route, mais, après une période d’espoir et d’enthousiasme plus ou moins longue, systématiquement, une élite aristocratique bien...
(Illustration par Fran Rodríguez)
Passer d’un côté à l’autre de l’Atlantique, c’est changer de monde. En caricaturant et en forçant le trait, les Américains forment un patchwork bigarré, accueillant et souriant à condition de payer cash. Tout va bien si l’on est riche mais à condition de bosser dur et de ne jamais prendre de vacances pour ne pas rester sur la touche… "On achève bien les chevaux" constatait déjà Sydney Pollack il y a plus d’un demi-siècle. Quant aux autres, ce sont des esclaves qui se veulent libres : ils vivent à crédit aux dépends du reste de la planète qu’ils ignorent superbement...
Chromes, glaces, scialytiques éblouissants, rien de bien nouveau sous le soleil… sinon, sur la table alvéolée de la reproductrice, chaude et moelleuse au contact, une sorte de sac de simili-placenta qui se bosselle ! Arya, sublime créature couleur de miel (- aux proportions sacrées de la poupée Barbie qui représente depuis des millénaires le summum harmonique du corps féminin…), les grands yeux bleus intenses rivés sur l'objet informe, imagine à travers la membrane tendue, la courbe d'une adorable petite tête, la marque d'un minuscule pied tout mignon. De nos jours, un bébé, c’est du cousu main...