(Photo d’Alexander Khokhlov)
C’est quand même prodigieux d’être en vie…mais de l’abruti au QI d’huître au nobélisable, nous tournons en rond autour des mêmes questions : "Qui suis-je ? Où courge ? Irai-je où mes potes iront ?"… Chercher à comprendre ce que l’on fait ici-bas est inné, inévitable, inépuisable, inénarrable. Quelles que soient nos facultés, nous sommes notre propre énigme et on se retrouve tous à égalité… déjà, comment un cerveau peut-il se comprendre lui-même ? Ce serait s’opérer soi-même à cœur ouvert…Quant à nous comprendre entre nous… il ne faut quand même pas demander la lune…...
(Photomontage poétique de la belle Luisa Azevedo)
Nous sommes chaque jour un peu plus nombreux sur cette planète limitée, il va bien falloir se serrer… mais malgré tout, qui ne voudrait pas d’un peu plus de place ? Nous sommes un peu gênés aux entournures… qui ne demande pas un peu plus de liberté ? Une grande part des personnes postulant à la liberté et à la vérité n’est en fait assujettie qu'à des systèmes mécaniques limitant la compréhension de sa situation. Je rajouterais même que ce que prend la plupart des terriens pour de la pensée consciente n'est en réalité que de la pensée subconsciente...
Nous avons voté… nous avons élus nos maîtres en nous informant auprès de médias publics ou commerciaux qui nous distillent ce que l’on doit impérativement savoir ou bien nous avons cherché l’alternative dans les organes d’information parallèles… De toute façon, le résultat est le même… nous savons pertinemment qu’ils savent que nous savons qu’ils nous mentent, mais ils nous mentent quand même et nous l’acceptons malgré tout…. Nous n’avons pas à en être fiers : la société n’est que le reflet de ce que nous méritons… Toutefois, il sera toujours préférable de lire, de se renseigner, de s’informer...
Nous n’habitons plus des pays ou des régions, nous vivons dans une erreur mondiale et une caste en profite… Si on faisait lire "2022" à George Orwell, l’auteur de l’aimable "1984", il en blêmirait et Big Brother en sourirait… Après la seconde guerre mondiale, Keynes l’avait emporté sur Hayek ce qui ouvrit la voie aux "Trente glorieuse" (- ces quelques décennies de prospérité et d’espoir) en faisant baisser leur garde aux suppôts du Capitalisme de l’École de Chicago comme Milton Friedman et nous avons été un bref instant plus ou moins libres de nos choix et maîtres de nos destins. Puis, leur revanche...
Plus ridicules d’année en année, les résultats du Bac sont tombés dans la joie et l’allégresse quasi générale… Il est à parier que nombre de lauréats éprouveraient les pires difficultés à réussir au modeste Certificat d’études des années 50 (- il est vrai qu’il ne leur serait pas facile de situer l’AOF et l’AEF sur une carte et vous ne trouverez plus un train qui arrive à l’heure…). Quelques rares punks sans filtre ni filet sont à féliciter de ne pas faire comme tout le monde : ils ont raté l’inratable… Nous n’avons pas tous les mêmes dons, ni les mêmes chances initiales et, par définition, la...
Enfant parmi les enfants, j’étais plutôt du genre curieux et téméraire. Je ne touchais plus terre, je volais comme l’hirondelle… Seuls les enfants savent aimer… La curiosité est le plus beau des défauts mais l’inconvénient de la témérité, c’est que l’on va souvent trop vite en besogne et que l’on commet pas mal d’erreurs… d’analyse entre autres. Nos erreurs finissent par faire partie de ce que nous sommes mais parfois, il n’est guère facile de les réparer. Par contre, de temps à autres, nos erreurs se transforment en petits miracles inattendus et nous accordent d’heureuses surprises (- sérendipité...
Avec des zéros et des uns, on fait déjà tout un monde… Les uns versent dans l’Astronomie, les zéros dans l’Astrologie… Le zéro est inclus dans l’univers comme l’absence et la mort le sont dans nos vies. Il est un mini cercle qui symbolise le point infiniment petit autour duquel tout s’articule, le positif et le négatif, le néant et l’existant. Je l’ai longtemps situé au centre de mon nombril, mais je me trompais : il est partout… Admettre que l’on se trompe est un grand pas vers la vérité inatteignable… La différence entre un scientifique et un charlatan, c’est qu’un scientifique admet que certaines...
(Photo Andre Benamour du côté d’Agadez)
- Qu’est-ce que tu aimes faire ? - Ne rien faire et dormir… Prendre congé du monde, de votre folie et de vos turpitudes, vivre à minima, apprendre à mourir à petits feux et rêver… Je sais, je sais… il y a tant à faire… beaucoup trop ! Remarque, quant à ne rien faire, autant dormir et rêver que dormir pour rien du tout. Que l'on dorme au point que les rêves se changent en cauchemars ou que l'on espère de ses vœux l'étoile traversant la nuit, au matin, le jour se lève, les ombres fuient et c’est toujours aussi miraculeux qu’incroyable…. mais qu’importe…...
Les trois singes font bien de se méfier de ce qu’ils entendent, de ce qu’ils voient et de ce qu’ils disent : nous ne percevons le monde que très partiellement, qu’indirectement, et en plus, j’ai la vue qui baisse… On peut toujours rêver, s’imaginer un monde parallèle, mais effectivement, tout commence par le filtre de nos sens, imparfaits par définition, incomplets et qui pourraient être très différents en s’alignant sur d’autres longueurs d’ondes. De nos jours, nos sens sont assistés et même remplacés par la technologie pour capter l’information, et puis ensuite, ces informations subissent notre...
(Illustration par Magnus Muhr)
- Tu vis ou tu rêves ? - Je vis parce que je rêve ! (Conversation existentielle) Des gens souffrent et meurent à chaque instant de faim, de soif, de noyade, rongés par la maladie ou la pollution, brûlées par le phosphore des bombes et, comme Derrida, je me demande quelle différence oppose "je rêve" et "je crois rêver"… Il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire… heureusement, il n’a jamais donné de réponse et cela me convient, je n'en voudrais surtout pas. Au bout du conte à dormir debout qui vire ainsi au cauchemar, ais-je dormi ? Ais-je rêvé que j’étais un...
(Portrait talentueux par Lee Jeffries)
Il y allait fort Baudelaire…"Enivrez-vous !" qu’y disait… Il avait sans doute raison : quand on n’a plus que le temps à tuer et que son psy s’est suicidé, il ne nous reste plus grand chose à vivre… mais, franchement, l’ivresse publique est un spectacle pitoyable… Pourtant, même si ce n’est qu’un débris d’humanité, un vieux poivrot parvenu à l’autre bout d’une vie, voici une personne qui a obtenu ce qu'elle cherchait : parvenir à donner corps à son illusion, l’enrober dans une robe moulante… être assez ivre pour s'y sentir bien et rester toujours assez...
(Photo d'Orhan Kilic)
- "Tu vois mon petit, il ne suffit pas de naître, ensuite, il faut gagner sa vie…", c’est ce qu’on nous rabâche dès les bancs de l’école. - "Gagner sa vie" ?… comme à l’Euromillion ?... La lutte pour la vie et le darwinisme social sont bien ancrés dans notre système et paraissent une évidence pour nos économistes et nos dirigeants qui nous inviteront à "travailler plus pour gagner plus"… toujours plus… " Comme on fait son lit, on se couche et l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt"… rabâchent les vieux devant des enfants rois qui rouspètent quand on les réveille avant...
(Illustration : Luke Kempers)
Moi : - "Seuls les idiots n’ont pas de doute." Courteline : - "Vous en êtes sûr ?" Moi : - "Sûr et certain !" et vous pouvez toujours rigoler… de toute façon j’ai raison… et j’ai raison d’avoir raison à longueur de temps et de propos et puis c’est tout… Je ne sais pas trop pourquoi j’ai raison, mais j’ai raison envers et contre tout. En tout cas, je dois avoir une bonne raison de dire que j’ai raison même si je ne sais pas trop laquelle… Les raisons pertinentes d’avoir raison sont des choses qui m'échappent encore mais en attendant, je me fais une raison… - Hé,...
(Photo: Roine Magnusson )
Le bonheur est dans le pré, Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Ah la vache ! Il a filé… L’amour vache est dans le pré, Nous invite, nous évite. Le bonheur le fait exprès Ça c’est sûr, sa vache y est... (- Bon… d’accord, ce n’est pas un Pré... vert et l'orthographe est discutable… désolé… mais fallait que ça sorte et que ça rime… Merci à Paul Fort pour son poème que j'ai massacré et à Roine Magnusson pour sa photo rigolote)
(Portrait de Friedrich Nietzsche par Munch en 1904)
Maintenant, tout le monde y amène son portable… de mon côté, dans l’intimité protégée de mes toilettes, j’aime bien feuilleter "Le Gai Savoir" de Nietzche au hasard du pouce, sa gaité m’inspire… Rattrapé par ses démons, le pauvre a mal fini, mais avec Pierre Dac et Raymond Devos, il fut des philosophes parmi les plus gais et les plus positifs de ces deux-cent dernières années… et des plus lucides aussi : beaucoup de ses prophéties se sont réalisées et le dernier homme est presque là. Mais, prophète ou pas, jamais il n’aurait imaginé voir son...
Page du 26 juin 2022, jour du raccommodeur de rêves...
Que l’on parle de planètes, de plantes ou d’animaux, on ne peut s’empêcher de s’extasier devant cette impressionnante unité de surface et cette prodigieuse diversité dans le détail. Il en est de même pour l’espèce humaine. Si nous sommes structurés de manière identique, l’assemblage de chacun est unique. Chaque individu présente les caractères de l’espèce avec les variations qui lui sont propres et notre époque exacerbe ces particularités. Ainsi, les uns inventeront l'avion et le bateau, les autres le parachute et la bouée de secours mais même le moins doué voudra apporter son grain de sel à l’édifice...
Nous avons une femme Premier Ministre, mais elle ne vous fait pas flipper cette Élisabeth Borne qui sourit quand elle se brûle ?… Nous nous méfions, sans doute à juste titre, des technocrates quand il leur prend l’idée de nous gouverner : si ces esprits ultra-rationnels savent gérer une situation, ils manquent de vision et sont capables de nous mentir froidement au nom de l’efficacité. Même sans eux, nous sommes habitués à ce que l’on nous mente depuis toujours sur le fond en affichant clarté et transparence dans la forme et les plus méfiants d’entre nous se construisent un périmètre de sécurité...
La vérité sort de la bouche des enfants… comme disait la lippe humide, le curé de ma paroisse. Que ce libidineux appelle ça comme il veut… Nous vivons dans un monde où chaque nouveau mensonge est un premier pas vers une vérité nouvelle… Si la vérité est devenue si difficile voire impossible à atteindre… ce constat est très dérangeant : comment puis-je me permettre de continuer à affirmer quoi que ce soit ? Je m’obstine malgré tout : il y a-t-il une méthode reconnue pour cerner cette fameuse Vérité ou du moins s’en approcher ? L’obstination nécessite des moyens, elle est bien plus onéreuse que la...
Force est de constater que la plus grande richesse du monde où nous transpirons, n’est plus le savoir, c’est l’information qu’exploitent les géants du Web. Ces entreprises à l’échelle mondiale puisent à la fois dans notre unité et dans notre diversité, et manifestement, l’abrutissement collectif en pleine expansion leur est favorable : l’ignare est aisément manipulable, il se pose moins de questions et se contente de réponses toutes faites en barquettes de supermarché mais surtout, il rapporte beaucoup d’argent. Il est vrai que si nous formons un tout, nous sommes à la fois très semblables et très...
(Photo de Robert Doisneau - Les écoliers de la rue Damesme)
"Ludique ? Ludique ?… c’est quoi ce mot de ouf ? Hé M’dame, vous pouvez pas parler français comme tout l’monde ?"... On nous exhorte à la patience en toute circonstance… mais ça vaut pour les ignares ? Eh bien oui, pour les ignares aussi… surtout pour les plus demeurés… Quand l’ignorance hurle, quand la stupidité triomphe, tempête, s’auto-congratule, l’intelligence n’a plus qu’à se taire. Elle a autre chose à faire que perdre son temps à convaincre… Je crois bien que pour ma dignité, je ferais mieux d’en rester là et de me taire moi...
(Photographe : le cauchemardesque Arthur Tress)
Echec et mat Du blanc au noir Je ne sais pas Au regard brouillé Sur l'échiquier Le clair et le sombre De l'ombre à la lumière De la lumière à l'ombre Il n'y a qu'un pas... Avec sa reine claire Il va tuer mon roi Je ne vais pas mourir sur le coup Mais je vais mourir tous les jours Jusqu’au bout Et je ris de mon trépas !
Que nous soyons piliers de bar, députés ou philosophes, nous ne sommes pas d’accord entre nous et nous trouvons à redire sur tout. Pierre Dac, le plus grand philosophe du 20ème siècle, condense toute notre réflexion dans une formule célèbre : "Si tous ceux qui croient avoir raison n'avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin". À quelle hauteur d'humour et d’amour ne lui faut-il pas se hausser, pour constater ainsi combien souvent les vrais ennemis se trouvent dans le même camp et combien les extrêmes se rejoignent ? Très souvent, une lutte à mort s'engage entre les authentiques partisans d'une...
"La vérité c’est Dieu"… Ce n’est qu’une des trente-six-mille vérités plus ou moins consistantes circulant sur cette planète… Si les Indous tombent le voile de Maya, c’est pour découvrir la vérité. On peut également aller se faire voir chez les Grecs ou chez les Égyptiens et ils vous diront autre chose... Entre fronts butés de religieux ou de politiciens, on peut comprendre ces écarts dogmatiques, mais même entre philosophes (- euh… c’est-à-dire entre personnes sérieuses, intelligentes, émotionnellement stables) les désaccords sont légions… À l'évidence, donc, existe chez ces philosophes aux points...
Dans une guerre, il faut laminer l’adversaire, au foot ou au rugby, il faut le pénétrer, aux échecs, il s’agit de détruire son égo… L’un dira blanc, l’autre dira noir en passant par cinquante nuances de gris… dans la boîte de Pandore de cette compétition où nous sommes enfermés, chacun cherche à dégager quelques vérités pour s’y agripper. C’est très humain et si notre vérité ne nous attache pas, il est ridicule de la soulever au rang de vérité…Entre autres, les romains pensaient vraies toutes leurs croyances, même si celles-ci n'étaient pas vérifiables : cela ne leur posait aucune difficulté. Depuis,...
Mc Adam Au long du fleuve Mac Adam Lourd du fret de son vacarme Pylônes, pêcheurs de nuages, Tendez vos lignes vers la nage Du ventre rond des cumulus... Souple migration de baleines Indifférente à vos harpons, Aux routes noires dont l'haleine Se charge du suint des camions Et d’une odeur de détritus… Au long du fleuve Mac Adam Je mets le cap vers l'horizon. Entrant aux villes qui s’écoulent Le long des rives de leurs rues, Des fleuves de lumière déroulent De longs frissons le soir venu. Ainsi des chapelets d'étoiles, Prises aux rets d'une araignée, Dessineraient sans fin sa toile Scintillante,...