Nous ne disposons jamais de toutes les informations : c’est le privilège des plus puissants et encore… Par exemple, la nuit la plus noire devrait être blanche de milliards de galaxies lointaines si nos pauvres yeux pouvaient les voir… Mais on voit bien qu’il y a le feu ! Une guerre sordide patauge dans le bourbier ukrainien (- ce nouveau Viêt-Nam à la sauce européenne et à la donne inversée). Elle traumatise le reste du monde : elle est inacceptable !... C’est intolérable ! Mais qu’il y a-t-il derrière cette folie ? À qui profite le crime ? Qui tire les marrons du feu en vendant son pétrole, son...
(Photo : rayon de soleil dans le Slot Canyon en Arizona)
Les hommes de cavernes en avaient sans doute conscience : ces cavités naturelles se caractérisent par leur aspect "organique" et perdurable. Les grottes les avaient précédés et elles seront toujours là quand nous aurons disparu comme tant d’espèces avant nous. Elles se démarquent de fait de toutes constructions artificielles qui font références à l'intellect plus qu'à une sagesse expérientielle… nos constructions artificielles comme nos idées reçues ou nos croyances, ne se conçoivent que selon leurs fonctionnalités : ainsi nos maisons (-...
La spéléologie est une des rares activités humaines accessibles à tout sportif permettant encore de découvrir des endroits où la main de l’Homme n’a jamais mis les pieds (- ce qui a toujours fait rigoler les écoliers). La spéléologie, la science des grottes ... des cavernes... des gouffres vient du "Spelaion" qu’utilisait Platon en son temps…. Sans doute qu’au temps de Platon, la caverne ne faisait pas partie de nos loisirs, elle était un lieu plutôt pratique pour vous emprisonner au frais, un lieu d'ignorance, de souffrances et de punition. La caverne est avant tout un lieu sombre avec en général...
(Pas de crédit...)
L’allégorie de la caverne est un pilier de la réflexion philosophique depuis plus de deux millénaires…On s’assimile aisément à ces pauvres types attachés à l’intérieur des entrailles de la Terre et aux apparences. Ils ne se posent même plus de questions et ne se demandent pas pourquoi… C’est une expérience de pensée que Platon attribue à Socrate mais Pythagore et d’autres avant lui avaient déjà utilisé ce mythe ancien… les écrits restent, les idées se partagent en se multipliant sans vous appauvrir et Platon le savait bien mais n’a-t-il rien fait autre que d'aménager la caverne...
Page du 3 mai 2022 jour un peu trop intelligent...
Les Américains avaient quasiment exterminé les loups et depuis leur réintroduction dans l’immense réserve de Yellowstone, on a pu en mesurer l’importance dans l’écosystème : ils ont diminué la prédation des coyotes amateurs de nourrissons de toute espèce et limité l’impact des herbivores sur les jeunes pousses d’arbres, et du coup, la faune et la flore prospèrent à nouveau. Depuis toujours, la nature maintient un équilibre fin jusque dans le moindre de ses détails et puis nous avons débarqué avec nos gros sabots… Nous sommes la pire bourde de la planète en 45 millions de millénaires mais en principe,...
Qu’il est doux de se glisser entre les draps quand les yeux se ferment de fatigue et qu’il est heureux de se réveiller en vie au matin qui suit… J’aime explorer à distance, les passages étranges que sont le moment de mon endormissement et celui de mon réveil. J’ai plaisir à suivre, le plus consciemment et consciencieusement possible, ces rendez-vous biquotidiens avec ma nature ou devrais-je dire mes natures : cela nécessite la même concentration dédoublée que pour la vision périphérique. La fréquentation fugitive de ces bascules renverse la perspective de mes journées puisque je peux expérimenter...
Page du 1er mai 2022 jour de biens et possessions...
Le gros dégueulasse par Reiser...
Depuis des années, jour après jour, le miroir de mon coiffeur se regarde dans le miroir de mon coiffeur, et il s'étonne de nos sourires. C'est ce vertige de l'infini que l'on appelle la conscience, et qui nous fait penser qu'il y a de l'infini, donc de l'absolu, en nous. D’aller chez mon poilopathe de coiffeur m’horripile, on n’y trouve à lire que "Les Pensées de mon peigne" et il y en a trop qui me montrent les dents. La toute première fois qu’on m’y a traîné pour mes quatre ans, j’ai confondu en hurlant son siège avec celui du dentiste de la semaine précédente…...
"Inquiète est la tête qui porte couronne" shaekespearait William… Si vous vous permettez de jeter en public à un ministre qui nous gouverne qu’il n’est qu’un valet à la solde d’un système mortifère aux mains d’une élite égoïste qui nous entraîne vers le gouffre, il sera fortement déstabilisé et puis ses automatismes de défense et ses éléments de langage reprendront le dessus…"Le premier qui dit la Vérité, il doit être exécuté…" chantait Guy Béart… La vérité dérange, nous dérange, surtout quand elle peut nous coûter très cher… Fort heureusement, sur cette Terre des hommes (- faite encore pour un...
Nous montons et descendons joyeusement sur nos chevaux de bois dans les flonflons d’une fête foraine, nous sommes embarqués dans un tourbillon permanent avec une impression très fréquente de déjà-vu… Nous sommes joyeux en cherchant à décrocher le pompon et pourtant chaque jour qui se lève annonce les peurs de la nuit qui viendra car elle viendra. La peur du noir est archaïque, elle jaillit des profondeurs et remonte aux temps premiers. Quand on regarde les étoiles, on voit les choses telles qu’elles étaient autrefois et par la prière du lucernaire nous quémandions quelques lumières quand chuinte...
Lucernaire Vole éphémère aux ailes bleues Vers la flamme qui t’aspire et te mord Rampe terrifiant crépuscule Vers nos ombres écrasées de stupeur... S’emballe l'horloge qui battait nos secondes Elle a pris le galop d’un cheval apeuré Tremblez fantômes derrière le vieux miroir Vous ne saurez jamais ni le jour ni l’heure… Tombe le soir sur les crânes blanchis Il est grand temps d’allumer les chandelles. Grince au dehors l’effraie des clochers… Ce sont nos morts qui ouvrent le portail. Non ! Si l’heure approche, le jour se prolonge… La lumière vacille mais se propage de proche en proche On ne le sait...
Le castor est con...
Finis les fiers coqs sur leurs tas de fumier, vive les castors ! Par le sacrifice héroïque de nos bulletins de votes, je, tu, il, nous avons fait barrage… Chacun voit midi à sa porte au pays des castors et du coup, nous avons réélu Macron dans ce jeu de dupes démocratique… a priori, cela fait beaucoup de portes et de barrages et on pourra toujours dire ce qu’on veut, le résultat est là et l’on se doit de l’accepter. La démocratie, c’est bien même si par le passé, elle a accouché d’Hitler ou de Trump. Elle est toujours préférable au féodalisme ou à Poutine, elle est le gouvernement...
(Illustration par Tiago Aleixo)
Les Français forment un peuple ronchon qui se plaint à longueur de temps, pour certains c’est à juste titre mais pour la plupart, c’est par principe à cause d’un esprit de critique surentraîné… Pourtant, de l’avis unanime, la France est un beau pays où il y aurait moyen de vivre heureux… et c’est mon cas, comme c’est le cas d’une grosse majorité d’entre nous puisque quand on nous le demande, quatre sur cinq reconnaissent qu’ils le sont… Vous êtes donc en mesure de me comprendre : le monde dans lequel je vis, loin d’être un idéal, est néanmoins satisfaisant. Je...
Page du 25 avril 2022, jour en équilibre instable...
(Illustration : Trash Riot)
Ce n’est pas d’aller voter qui est pénible même si parfois ce n’est pas facile, ce sont les débatteurs qui sont difficiles à supporter… Même si l’on se montre relativement calme et impassible, certaines personnes conservent le don de vous énerver… Il n’est rien de plus outrancier et insupportable qu’un interlocuteur ayant des lunettes filtrantes et des œillères : celui qui prédigère le jamais vu en l’inscrivant dans un scénario préalablement conçu, en l’enfermant d’office dans un cadre préfabriqué. Il est d’ailleurs souvent détestable parce qu’il n’a pas les mêmes...
Page du 24 avril 2022 jour débattu et des battus...
(Photo Rodney Smith)
Tous les lustres, nos deux prétendants au poste de Président se retrouvent face à face dans un concours d’amabilité pour gagner des électeurs ou surtout ne pas en perdre et ensuite, on vote pour celui qui nous déplaît le moins. Le reste du temps, des énergumènes se balancent leurs quatre vérités dans les gencives à longueur de débats télévisés, assènent leur opinion comme des gourdins et tout ça sous la houlette d’un présentateur grassement payé aux ordres de son employeur, maître des forges ou capitaine d’industrie… En règle générale, tout détraqué est un voyant, personne...
(Dessin de Kroll)
"Ceci n’est pas une pipe" a dit Magritte… "Je ne veux pas le savoir espèce d’ignare !" a répondu l’adjudant… Si tout le monde ne peut voir la vérité, tout le monde peut l'être… il suffit de se faire une opinion et l’on devient détenteur, un sinistre geôlier. À l’heure du complotisme exacerbé, l'opinion est à la réalité ce que la mégalomanie est au fanatisme. On peut toujours nier, déguiser ou altérer une réalité pour en faire une vérité et ces derniers temps, les exemples se multiplient sans vergogne. On peut mentir si bien qu’on se persuade soi-même de son propre mensonge comme...
(Illustration par Julien)
Avant l’invasion russe, vous pouviez vous promener aux alentours de la centrale de Tchernobyl en contournant les barrages et vous étiez accueilli par la beauté d’une forêt fraîche, luxuriante, colorée ainsi que par une faune sauvage surprenante de richesse et de variété mais dans votre poche le compteur Geiger crépitait allègrement. Vous y croisiez des bestioles qui ont bien une tête de plus que les autres… mais elle est vraiment en trop. . Si vous y retourniez maintenant, ça crépiterait toujours autant, mais il faudrait en plus se méfier des mines… Il y a donc en même...
Nous découvrons le monde en fonction de nos sens, de nos œillères, de notre langage, de ce qui nous sert d’intelligence, de notre bon sens et de notre raison… Nous atteignons assez vite nos limites et cela en donne des occasions de se tromper … Le résultat est variable et sans garantie… Nous avons raison de nous méfier car des biais se glissent entre nos facultés et l’univers et pour illustrer la méfiance requise envers la raison, il n’y a pas meilleur exemple que le "paradoxe de Zénon" d’Élée : il met en scène Achille et une tortue faisant la course. Achille, sûr de sa force et de sa vitesse,...
Page du mercredi 20 avril 2022, jour d'embrouille...
Dur le réveil ce matin… inutile de m’agresser la parole avant le petit-déjeuner, je suis aux abonnés absents… Si j’apprécie les curiosités langagières (- elles ne sont pas de vilains défauts), les imbécilités, par contre, m’énervent plus que le café… Nous avions auparavant le déjeuner en nous levant, le dîner à midi et le souper le soir. Si je tenais le lève tard qui a tout décalé et a placé un "petit" devant déjeuner, je lui demanderais des comptes (- on me glisse dans l’oreillette que ce devait être un Parisien mais qu’il serait mort depuis longtemps…). En dehors de l’Hexagone et dans quelques...
(Illustration par Erik Johansson)
"Tu as eu 18… tu aurais pu faire mieux !"… "Sois un bon petit soldat !"… "Ça ne pleure pas un homme !"… "La curiosité est un vilain défaut" … Avec le recul, on s’aperçoit que ces injonctions parentales se transforment en autant de croyances… Les enfants, ne croyez pas tout ce que vous disent vos parents, non, la curiosité n’est pas un vilain défaut… Au contraire, soulevons des questions saugrenues pour voir ce qu’il y a dessous… Certes, il y a des questions dans l’air qui ne se posent pas et on se passe aisément d’y répondre, mais, à ce moment de notre évolution,...
Le directeur de la prison avait ordonné que les prisonniers passent entre les deux pendus encore en train de gigoter avant d’aller remplir leurs bols, histoire d'observer leurs réactions. Mais rien, rien sur les visages, aucune émotion apparente. Seule l'invisible et lancinante idée que la soupe allait refroidir… Notre monde est merveilleux mais avant tout, nous avons faim !... Faim de liberté, certes, l’esprit se voudrait libre, mais le corps a ses exigences : l’estomac est encore plus tyrannique que nos organes génitaux, au bout de trois jours, on serait prêt à se les bouffer. Dans la réalité...
L’aberrant le dispute à l’absurde, nous marchons sur la tête, la guerre frappe à la porte et nous faisons selfies sur selfies… Même quand on s’appelle Poutine, on aura beau scruter son reflet dans le miroir jusqu’au plus profond des yeux, il n'est pas possible de voir une chose et pas même soi-même, à la fois et dans le même temps, du dedans et du dehors : car c’est ou l’un, ou l’autre. Les physiciens quantiques auront beau pleurer, ils ne se verront jamais tel qu’ils sont sinon indirectement, en creux, par défaut. Mais pourquoi aurais-je besoin de me voir ? Pourquoi tous ces selfies ? C’est incongru...
(Dessin de Maurits Cornelis Escher - Eye of the Beholder)
- Bonjour ! Comment ça va ? - Dure question, Monsieur l’inquisiteur !… Qu’est-ce que vous voulez que je vous réponde ? Je vous en pose des questions, moi ?... Hein ? Répondre à une question, dès le réveil, même banale est une gageure… Répondre vraiment, authentiquement, réellement, et non pas se payer de mots, c'est en tout premier lieu s’observer profondément. Mais cela suppose d'être revenu sur terre, d'avoir compris que le mot n'est absolument rien qu'un moyen, qu'un vecteur, qu'une image. Qu'il n'est pas du tout la chose en cause,...
Page du vendredi 15 avril 2022, jour d'incertitude...
(Dessin d’Alexei Sovertkov "Homage to Escher")
On s’imagine s’appuyer continuellement sur du solide, du concret, pouvoir aisément faire le tri entre fiction et réalité : notre raison s’accroche à une réalité tangible et objective pour établir ce qui nous sert de vérité… mais quelques expériences inexplicables, quelques observations plus fines, nous amènent parfois à en douter ce qui nous pousse à réfléchir… La réalité, la raison... réfléchir… ce sont de petits mots très ordinaires, tout bêtes, mais il vaut mieux s’en méfier... La composition philosophicomique de la Vérité qu’on en extrait pourrait-être...
Nous vivons théoriquement dans le même monde, mais au vu des résultats des urnes, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous ne sommes pas tous d’accord… nous n’avons pas tous le même point de vue face à la réalité… Il y a donc d’un côté la vérité que nous attribuons à notre petit monde et en annexe et épiphénomène, il y a la connaissance que nous pouvons avoir de cette réalité objective… alors là, ça se complique car cette connaissance partielle est fonction de nos capacités et est, en elle-même, un barrage contre le réel. Et même si notre savoir peut être impressionnant, plus on creuse, plus...
"- Moi, je vous dis la Vérité !"…"- Hahaha…Mais non, c’est moi !"… "- Allons, allons, un peu de sérieux, c’est moi !"… Les vérités s’entrechoquent sur nos écrans de fumée et nous submergent… C’est quand même long toute une campagne électorale à manger des salades… pour en souper, on en a soupé des propos outranciers, des vérités alternatives, des "en réalité je vous le dis, vous êtes dans le déni !" et pendant quinze jours encore, nous aurons droit à ces avis tranchés sur la question, à ces plans tirés sur la comète, à ces promesses qui ne mangent pas de pain… on en viendrait presque à soupçonner...