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Cahier décharge

Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 5 novembre 2024, jour inquiet...

Denis Vallier
Page du 5 novembre 2024, jour inquiet...
Page du 5 novembre 2024, jour inquiet...

Imaginons la scène… - Ma chérie, je n’aime que toi… - C’est ça… et moi, j’aimerais te croire !… Dring-dring !… Quelqu’un à la porte… Mince ! Mais ce n’est pas possible d’être aussi bête ! C’est sans doute ma maîtresse ! J’ai oublié de la prévenir que ma femme ne travaillait pas aujourd’hui…. Ayayaille !… Ça va faire mal !… Je précède ma femme d’un air dégagé, je vais à la porte d’un pas qui se voudrait assuré mais je n’en mène pas large… J’ouvre… Rien ni personne… Ouf !... Juste une enveloppe sur le paillasson. Qu’est-ce que c’est ? Je n’ai même pas le temps de me baisser que mon épouse l’a déjà...

Page du 4 novembre 2024, jour éclaté...

Denis Vallier
Page du 4 novembre 2024, jour éclaté...
Page du 4 novembre 2024, jour éclaté...

D’un seul tenant ! Unique ! Monolithique comme Supertramp ! C’est ainsi que je me sentais : d’un bloc, avec les muscles saillants, la grâce cachée et les intérieurs compactés du bœuf à l'attelage... Un monolithe si écorné, si écaillé par tant d'efforts à faire la cour à l'entour... certes amoché par endroits mais superbe en d'autres... D’un bloc vous dis-je, d’un seul, et puis, sacrément vivant !... L’illusion est tenace… Je me voyais menhir taillé dans la masse, alors que tout mon être n’est qu’assemblage façon puzzle, combinaison complexe et unique, certes, mais des plus ordinaires car l’ordinaire...

Page du 2 novembre 2024, jour fantomatique...

Denis Vallier
Page du 2 novembre 2024, jour fantomatique...
Page du 2 novembre 2024, jour fantomatique...

Supertramp, le vagabond mythique qui a parcouru l’Amérique à pied pendant de nombreuses années avant de disparaître en pleine nature, n’était pas vraiment seul : Thoreau, Jack London ou Tolstoï l’accompagnaient. De même, les fantômes de milliers de personnages accompagnent mes jours et mes nuits. Certains se contenteront d’une présence divine envahissante, mais dans mon cas, ce sont des personnes célèbres ou que j’ai connues plus ou moins, encore vivantes ou non, des héros de romans ou de films, mes chiennes depuis longtemps disparues, tout un petit monde qui peuple mon imaginaire et le nourrit....

Page du 1er novembre 2024

Denis Vallier
Page du 1er novembre 2024
Page du 1er novembre 2024

(Photos : en haut, l'authentique Christopher McCandless et en bas Emile Hirsch dans Into the wild) Profitant de la Toussaint ou d’Halloween, un fantôme vient hanter ces pages comme il en a l’habitude : il connaît le chemin. C’est celui de Christopher McCandless alias Alexander Supertramp, le super-vagabond que l’on retrouve dans le film mythique de 2007 "Into the wild" de Sean Penn. Ce film est particulièrement évocateur pour illustrer, a contrario, les bienfaits de la confiance que nous nous accordons les uns aux autres. Et pour une aventure, c’est une aventure picaresque digne de Cervantès,...

Page du 31 octobre 2024, jour éblouissant...

Denis Vallier
Page du 31 octobre 2024, jour éblouissant...
Page du 31 octobre 2024, jour éblouissant...

("L'étranger" de Camus selon Jacques Ferrandez – "C'est à cause du soleil"…) Chacun trouve dans les livres ce qu’il y cherche et selon son éclairage et son point de vue, la lecture d’un même ouvrage ouvre sur de multiples interprétations. À ma lecture de "La Peste", Camus, face à l’absurde, oppose la révolte à la solidarité et développe l’idée que le bonheur ne peut être que partagé pour éviter la médiocrité… c’est ce qu’a compris à mes yeux, le personnage de Rambert. La solidarité nous est naturelle et constitutive : un fémur humain fossilisé vieux de 15 000 ans a été retrouvé et il présente...

Page du 30 octobre 2024, jour pestif...

Denis Vallier
Page du 30 octobre 2024, jour pestif...
Page du 30 octobre 2024, jour pestif...

(Illustration : "Le triomphe de la mort" par Pieter Brueghel l'Ancien) "La Peste" de Camus, ce lanceur d’alerte avant l’heure, est un roman en grand écart entre la révolte et la solidarité. En vous y plongeant, vous rencontrez le personnage ambigu de Rambert, le journaliste. Le pauvre est mal tombé, il se retrouve à Oran pour son travail quand l’épidémie se déclenche, mais il ne connaît personne et il décide de s’en échapper au plus vite. Or, c’est déjà trop tard, la mise en quarantaine le prend de court. Il essaye de s’en sortir par tous les moyens, même les plus malhonnêtes, mais c’est...

Page du 29 octobre 2024, jour joyeux...

Denis Vallier
Page du 29 octobre 2024, jour joyeux...
Page du 29 octobre 2024, jour joyeux...

(Illustration : Don Quichotte par Picasso) Ça y est, c’est passé… le ciel bleu immaculé joue à nouveau les innocents. Pourtant, vingt ou trente centimètres d’eau en quelques heures, ça laisse de la boue et pas mal de soucis, mais les assurances prendront le relais. Retroussons les manches et au boulot ! Je ne me plains pas, ailleurs, c’est soixante centimètres et des morts… je me sens bien… Il y a toujours une épidémie qui traine, deux ou trois guerres au loin et quelques catastrophes en permanence, mais je me sens bien. Quand les coups cessent de pleuvoir, ça fait du bien. Ce n’est pas le...

Page du 28 octobre 2024, jour solitaire...

Denis Vallier
Page du 28 octobre 2024, jour solitaire...
Page du 28 octobre 2024, jour solitaire...

(Illustration par Sarolta Ban) Certes, on nait seul, on vit seul et on meurt seul en compagnie des autres… et même vivre en couple ne consiste qu’à marier deux solitudes : "Aimer, c’est prendre soin de la solitude de l’autre, sans jamais prétendre la combler, ni même la connaître."… nous assène Christian Bobin et il nous faut bien faire ce qu’on peut avec ce qu’on a… Pendant ce temps, la Terre continue de tourner sans se préoccuper de nos états d’âme… Même si on tente désespérément de s’accrocher aux branches la société évolue et on se retrouve entraînés par le courant. La tentation de se...

Page du 25 octobre 2024, jour perché...

Denis Vallier
Page du 25 octobre 2024, jour perché...
Page du 25 octobre 2024, jour perché...

(Illustration par Julian Majin) On s’acharne à trouver des constantes dans la vie, alors qu’on le sait bien, par en-dessous, tout change, tout bouge tout le temps… ça pose problème… Par exemple : pourquoi les ennuis me tombent-ils toujours dessus ? Je suis maudit ou quoi ? Ou bien au contraire, pourquoi les autres me paraissent-ils toujours moins heureux que moi ? Est-ce parce que je les vois de loin et que je me fais des idées ou leur arrive-t-il réellement tous les malheurs du monde ?… Alors que tout baigne ou presque dans ma vie, je regarde, dégoûté, le flot d’informations qui se déverse...

Page du 24 octobre 2024, journal d'un salop...

Denis Vallier
Page du 24 octobre 2024, journal d'un salop...
Page du 24 octobre 2024, journal d'un salop...

(Illustration par Waldemar von Kazak) Nous sommes plus ou moins doués pour le bonheur, mais je ne me plains pas : je remercie tous les jours l’imbécilité heureuse qui m’accorde une inextinguible joie de vivre. Je suis peut-être un imbécile, mais si je ne me contentais pas d’être heureux de cette manière, je ne pourrais qu’être malheureux… Dans cet état de béatitude, je rejoins ainsi l’immense confrérie des imbéciles heureux qui se moquent des avis éclairés des censeurs de tout poil. Effectivement, tant que je suis dans cet état de niaiserie autocentrée et en bonne santé, je suis heureux...

Page du 23 octobre 2024, jour du rire des enfants...

Denis Vallier
Page du 23 octobre 2024, jour du rire des enfants...
Page du 23 octobre 2024, jour du rire des enfants...

"Il est où le bonheur ? Il est où ?"… Christophe Maé se pose sans cesse la question mais seule la réponse est vivante : le bonheur est une promesse de monde meilleur, de vie meilleure, il se cache dans le rire des enfants. Si nous pouvions avoir ce même rire en renouant avec l’enfant que nous étions, nous serions heureux… Le temps fait malheureusement son œuvre. L’expérience nous fait prendre conscience de la profondeur des choses de la vie et de leurs valeurs… de nos rires d’enfant, il ne reste que des sourires… Sourire, c’est rire à moitié mais on croise aussi des sourires joyeux. Ils sont forcément...

<page du 22 octobre 2024, jour du bonheur...

Denis Vallier
<page du 22 octobre 2024, jour du bonheur...
<page du 22 octobre 2024, jour du bonheur...

(Dessin de Dmitriy Usanin) "C’était mieux avant, on était plus heureux"… Allons, ça va de soi, pépé ! Ça fait des milliers de générations que les vieux le rabâchent aux jeunes en les culpabilisant d’être nés. Seulement, avant, à vingt ans, les femmes avaient déjà eu six gosses dont trois ou quatre étaient morts et à vingt-et-un ans, elles mourraient en couche… Les amoureux, les alpinistes ou les pêcheurs à la ligne vous le diraient : est heureux quiconque se réjouit par avance de ce qu’il va vivre… en même temps, ce mouvement demande d’être attentif à cette anticipation et d’avoir un peu d’imagination...

Page du 21 octobre 2024, jour d'Alain Mimoun...

Denis Vallier
Page du 21 octobre 2024, jour d'Alain Mimoun...
Page du 21 octobre 2024, jour d'Alain Mimoun...

(Photo : Alain Mimoun, n°13, champion olympique du marathon de Melbourne en 1956) Dans les années 2000, j'ai entendu à la radio une interview d’Alain Mimoun, le médaillé d’or au marathon des jeux olympique de 1956 à Melbourne et elle m’a marqué à cause d’un détail. J'ai oublié les circonstances exactes, mais il y avait longtemps que cette gloire nationale venue d’Algérie avait quitté la compétition et le journaliste le faisait parler de son palmarès impressionnant. Ce dont je me souviens, par contre, c’est que ce noble vieillard rayonnant a raconté que pendant un marathon d’un championnat...

Page du 20 octobre 2024, jour en cage...

Denis Vallier
Page du 20 octobre 2024, jour en cage...
Page du 20 octobre 2024, jour en cage...

(Dessin toujours aussi noir et drôle de Serre) Notre époque est vraiment prodigieuse par ses grands écarts ! Notre technologie progresse quand nous régressons humainement de jour en jour… En attendant de prendre le pouvoir, les robots patientent et se contentent, pour l’instant, de nous aider à cuisiner… Le pouvoir a toujours été un enjeu fascinant : il nous intrigue par notre servilité à le subir et l’accepter, tout autant que par notre acharnement à le posséder. Le pouvoir, c’est le carburant des puissants mais les puissants ont leurs faiblesses comme les autres : la plus visible, c’est leur...

Page du 19 octobre 2024, jour de racisme ordinaire...

Denis Vallier
Page du 19 octobre 2024, jour  de racisme ordinaire...
Page du 19 octobre 2024, jour de racisme ordinaire...

Depuis toujours, nous rivalisons pour l’accès à des points d’eau, à des pâturages, à des zones de chasse ou pour nous assurer une descendance. Nous nous battons pour des terres, des ressources naturelles ou des frontières artificielles. La compétition n’a jamais cessé et est toujours aussi systématique, mais nous nous sommes adaptés cyniquement : bien qu’un peu plus civilisée, notre violence est démultipliée par nos moyens techniques… "À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire" selon Corneille. Sans doute, mais on évite pas mal d’ennuis et on ramasse la mise… Mais ne trouvez-vous terrible de...

Page du 18 octobre 2024, jour de rivalité...

Denis Vallier
Page du 18 octobre 2024, jour de rivalité...
Page du 18 octobre 2024, jour de rivalité...

(Photo de Black Friday aux USA) La plupart des publicités que nous subissons nous invitent ridiculement à trouver le bonheur dans un produit mais en plus, c’est en flattant notre égo et en stimulant notre narcissisme : c’est criant sur nos écrans. Or, il est catastrophique de faire du bonheur une norme sociale que l’on doit poursuivre grâce à nos performances, à nos neuroleptiques, à nos conso-performances qui nous permettent de dire "je suis ce que je possède et je vais écraser du poids de mon bonheur le malheur des autres… Tenez, prenez-en plein les yeux, regardez ce que je vous balance...

Page du 17 octobre 2024, jour solidaire...

Denis Vallier
Page du 17 octobre 2024, jour solidaire...
Page du 17 octobre 2024, jour solidaire...

On s’imaginait l’humanité en route vers les étoiles et nous retrouvons une bande de brutes dans un monde de brutes obnubilées par la croissance, la consommation et la compétition. Or, voir la compétition entre brutes, c'est voir la guerre. Pourtant, la rivalité, ça s’éduque : demandez aux profs de gym… Le jeu de Go est un jeu chinois très ancien où deux joueurs posent tour à tour une pierre (- noire ou blanche selon leur camp) en se partageant le territoire d’une grille. La plupart des amateurs de Go admirent la beauté des motifs qui se forment au cours du jeu. Cependant, ces motifs sont le fruit...

Page du 16 octobre, jour de tempête et de rage...

Denis Vallier
Page du 16 octobre, jour de tempête et de rage...
Page du 16 octobre, jour de tempête et de rage...

(Peinture de Benjamin West) À l’abordage ! Pourtant nous y avions cru si fort Au Grand Soir, aux lendemains qui chantent… Mais elles sont revenues, les tempêtes et la rage… À l’attaque ! À l’abordage ! Nous sommes embarqués sur les mêmes navires… Loin des rivages, claquent les cordages, De la poupe à la proue, les coques vibrent et s'effleurent. En spasmes cinglants les voilures giflent le vent. Sur les flots déchaînés, se lancent les grappins. Sous le déluge, s’affrontent les consortiums, Guerroient les nations, hurlent les religions de paix, S’étripent ceux qui ne ressemblent plus à des...

Page du 15 octobre 2024, jour de compétition...

Denis Vallier
Page du 15 octobre 2024, jour de compétition...
Page du 15 octobre 2024, jour de compétition...

(Photo : Teddy Riner en mode Goliath aux JO de Paris) Nous vivons une époque formidable ! On fait des efforts, mais ça continue encore et encore… Simplement, nous allons nous endetter un tout petit peu moins mais nous endetter quand même pour soutenir l’économie et distribuer des dividendes. Croissance ! Croissance ! Croissance ! Toujours et encore… à l’infini…. Alors que nous sommes déjà trop nombreux et que la Terre refuse curieusement de gonfler comme le reste de l’Univers. Consommons ! Consommons ! Le cri de douleur du poisson dans la soupe… Compétition ! Compétition ! Il ne suffit plus...

Page du 14 octobre 2024, jour de honte...

Denis Vallier
Page du 14 octobre 2024, jour de honte...
Page du 14 octobre 2024, jour de honte...

Qu’est-ce qu’on fera quand nous serons tout seuls ? Nous avons pratiquement éliminé la concurrence et nous nous partageons cette planète entre nous très inégalement. C’est parfois fait avec amour mais la plupart de temps, c’est à coups de mandales plus ou moins gentilles, plus ou moins violentes. La coexistence finit par s’installer dans ce contexte tendu de compétition mais elle ne survient pas par l’existence, elle ne s’y ajoute pas et on ne peut pas l’en soustraire : elle est l’existence. On se vante parfois d’être seul et d’en être fier et heureux, mais le plus seul des humains n’est jamais...

Page du 13 octobre 2024, jour de tissage...

Denis Vallier
Page du 13 octobre 2024, jour de tissage...
Page du 13 octobre 2024, jour de tissage...

(Image : " Fusion nucléaire" par Howard Schatz) La vie ne tient qu’à un fil d’ADN… Chaque existence, aussi infime et modeste soit-elle, est un fil qui se déroule en s’enroulant au fil du temps et ces fils liés tissent l’étoffe du monde comme chaque mot que j’écris tisse le tissu de ce texte. Nos vies s’écoulent, flexibles, s’accrochent, résistent… puis se déchirent sur le fil du rasoir. Au cours de toute une vie, une personne ordinaire se rapproche en moyenne de dix-mille personnes à part si elle est à l’asile ou sur une île. Nous formons ainsi cortège et sommes tous reliés par un fil si fin...

Page du 12 octobre 2024, jour sans influence...

Denis Vallier
Page du 12 octobre 2024, jour sans influence...
Page du 12 octobre 2024, jour sans influence...

(Photo : Tom Stoltman heureux avec sa pierre à l’édifice) Oui, il y a moyen d’être heureux en ce bas monde, mais si vous voulez l’être, arrêtez immédiatement de me lire. Être heureux est même un devoir, mais c’est à condition de se libérer de tout modèle de bonheur, même de ceux que je pourrais vous offrir… N’écoutez donc pas mes slogans ! Bon, puisque vous continuez à me lire, au moins, bouchez vos oreilles à toute influence : la mienne, mais aussi celle du religieux qui va appeler vos croyances à la rescousse, celle de vos parents qui voudraient vous imposer la vie dont ils ont rêvée pour...

Page du 11 octobre 2024, jour paresseux..

Denis Vallier
Page du 11 octobre 2024, jour paresseux..
Page du 11 octobre 2024, jour paresseux..

(Dessin d’AH comme c'est écrit dessus) Je tire une de ces flemmes… Pourvu qu’il ne se passe rien ! Surtout, surtout, pourvu qu’il ne m’arrive rien !… C’est horrible de me dire ça… Mieux vaudrait une bonne vieille tuile sur le coin de la figure, elle me laisserait au moins quelque chose à raconter. Exister ne suffit pas, c’est vivre qu’il me faut. Il ne suffit pas d’espérer vivre pour de vrai, un jour prochain qui tarde à venir même s’il n’y a rien d’honteux à ça : nous ne sommes pas les seuls à ramper ici-bas. Ce qui distingue ceux qui parviennent au sommet de ceux qui rampent au sol, c’est...

Page du 10 octobre 2024, jour perché...

Denis Vallier
Page du 10 octobre 2024, jour perché...
Page du 10 octobre 2024, jour perché...

(Photo : Alex Honnold sur El Capitan) Quand vous vous baladez en montagne, vous pouvez croiser tout un petit monde sympathique : des rêveurs à gros mollets, des types en vélo, le nez dans le guidon, des familles saines et sportives, des personnes souriantes et d’apparence sensées, mais totalement dingues d’alpinisme. C’est qu’au bout d’un moment, l’alpinisme devient une vraie drogue, il y a addiction, accoutumance et c’est l’escalade… Une fois là-haut à respirer l’air des cimes, et après une très courte euphorie, ces grimpeurs retournent aussitôt retrouver leurs amis dans la vallée comme...

Page du 9 octobre 2024, jour d'escalade....

Denis Vallier
Page du 9 octobre 2024, jour d'escalade....
Page du 9 octobre 2024, jour d'escalade....

(Photo Robert B.May) On peut passer ses journées à philosopher allongé sur le dos, en regardant passer sagement les nuages et les oiseaux, mais c’est assez vite intenable… Les nuages et les oiseaux ont vite fait de vous donner envie de voler, de grimper aux arbres ou de chanter. Je ne veux plus être ni sage ni philosophe, je veux m’envoler… Les sages sont terre-à-terre et prudents et la philosophie finit par vous rendre indifférent au plaisir comme à la douleur…Ces braves gens vous diront à juste titre qu’on ne voit bien les montagnes qu’en s’en éloignant et que si la foi vous transporte,...