(Contrepèterie saisie par la photo de Richard Mouillaud - Le progrès)
Les yeux dans les yeux, le riche vous soutiendra que son génie, son investissement, ses prises de risques, méritent d’être récompensés, mais qu’au final, les pauvres sont responsables de sa réussite puisque c’est avec leur argent et leur travail que les riches sont riches comme disait Rothschild. Les curés ont dit aux plus naïfs "les premiers seront les derniers et tendez l’autre joue si on vous file une beigne" et les plus gentils les ont crûs… Du coup, ils n’ont rien fait à l’école pour être les derniers et ils ont tendu...
(Photo de Don McCullin -1968)
Même si les pauvres sont de plus en plus nombreux, il paraît que l’extrême pauvreté aurait globalement reculé… en tout cas, les chiffres l’affirment même si on ne vit pas dans le même monde, ce n’est pas notre ressenti : on a bien l’impression que les riches sont de plus en plus riches quand les pauvres sont de plus en plus pauvres. En tout cas, des milliers de miséreux meurent encore de faim, de froid, ou de noyade chaque année à cause de notre indifférence même si auparavant, c’était bien pire comme vous rassurent les riches : on envoyait la chair à canon se...
(Illustration par Alla Mingalёva)
Je suis à la retraite et, en ces temps troublés, j’ai moi aussi lancé un préavis de rêve illimité même si tout le monde s’en tape… En tant que boomer assumé, j’ai la chance de me la couler douce et de ne pas reprendre le travail chaque lundi matin afin de justifier les salaires mirobolants que les patrons s’accordent… En tant qu’ancien soixante-huitard, je ne le supporterais pas, et en plus, il leur faut des larbins à ces pourris… Puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, vous ne trouvez pas curieux que cette caste ait des domestiques ? Mise à part...
"Tous pour un et un pourri"… telle est la devise de la nouvelle aristocratie qui fait la pluie et les grêlons en s’en mettant plein les poches… "Quand la pierre tombe sur l’œuf, l’œuf casse, quand l’œuf tombe sur la pierre, l’œuf casse encore…" (- Proverbe africain). Pour péter dans la soie en altitude dans un jet privé, il faut avoir une très haute estime de son anus mais il n’y a pas de quoi ameuter le Cartier vous répondront les banquiers luxembourgeois ou suisses qui voient passer tout l’argent du monde entre leurs mains en se sucrant au passage. Heureusement qu’il n’y a pas de trous dans le...
Les traders, les capitaines d’industries, les gros banquiers profiteurs du système qui jouent au poker, au Monopoly et à Gatsby le Magnifique pour de vrai, sont parfois particulièrement brillants… mais, il y a quelque chose qui cloche… L’intelligence n’est-elle pas dans la bonté, la compassion, l’entraide ? Alors comment peut-on être à la fois intelligent et avoir la mentalité d’un tueur en série, c’est-à-dire, le nihilisme d’un Marc Dutroux, la cruauté et l’insensibilité d’un Michel Fourniret, la brutalité bestiale d’un Francis Heaulme, le cynisme et l’égoïsme d’une Ayn Rand ? Sans doute parce...
Parfois, je me sens prêt à tout casser, absolument tout, pour tout recommencer… Mais la rage au détriment de l’objectif ne saurait être une solution. Et autour de moi, qui est prêt à tout détruire, absolument tout, pour tout recommencer ? Si j’ai du mal à me comporter civilement dans cette jungle moderne, je ferais peut-être mieux de retourner dans ma grotte… Cro-Magnon, lui, avait le bon goût de vivre dans la belle région du Périgord Noir pas très loin de Sarlat. Il s’était sans doute rendu compte qu’on y mangeait bien et que l’on y vivait tranquille, loin de la rumeur du monde. Il ne se préoccupait...
(Dessin de Reiser)
Qu’il est doux de profiter de sa retraite dans le beau pays de France quand tout s’agite autour de vous… Rien que de voir le soleil se coucher en majesté pour réapparaitre au petit matin frais et dispos me donne le sourire… C’est que je ne suis qu’un infâme boomer doublé d’un Don Quichotte à la petite semaine : rien que pour me sortir du lit, mes combats contre mes articulations sont à renouveler jour après jour et ce n’est pas gagné d’avance, mes victoires sont éphémères… par contre, si j’étais un peu plus jeune, je l’aurais vraiment mauvaise : j’en aurais ma claque d’être...
(Photo de Lee Jeffries)
Dis-moi, ô France si belle… Qu’as-tu fait de ton enfant ? Tu lui avais tant donné… Un travail, des amis, une famille sous un toit… Est-ce encore un humain, sous cette arche de pierre, Cette vieille branche tordue, ce souvenir en haillons, Imprégné jusqu'au cœur de miasmes délétères Que la ville, sous les ongles, a noircis de poisons ? Est-ce un homme ou un poisson qu'on aurait extrait de l'eau Que l'air aurait desséché, flétri dans ses peurs d'enfant, Qui s'endort à même le sol sous sa couette d'oripeaux, La joue rêche et les yeux lourds plombés de songes éprouvants...
Nos machines sont à l’arrêt et nos pieds en mouvement, la France entre dans un Xème épisode de grève et les Suisses se marrent. Pourquoi les Suisses ne manifestent-ils pas dans la rue ? Sans doute parce qu’ils décident directement de leurs lois importantes en votant et ne sont pas soumis aux diktats d’une poignée d’élus subissant des pressions de toutes sortes. La France se met en grève et certains ont le toupet de s’indigner du manque à gagner… Ils sont aveugles ou à la solde de leurs maîtres ? Des millions de salariés triment quand quelques petits malins engrangent les bénéfices et les travailleurs...
Les économistes médiatiques sont des gens qui savent très bien nous expliquer nos erreurs a posteriori sans les avoir vues venir… mais ils ne sont pas tous comme ça et il en est de sérieux qui maîtrisent les grands nombres. Ils constatent que notre économie est indéniablement en difficulté malgré les mantras lénifiants de nos "autorités"… Je n’ai rien d’un économiste, mais si je n’ai qu’une expérience réduite des rouages intimes des entreprises, je sais lire… et pour comprendre et répondre aux obstacles que l’on rencontre, mieux vaudrait tirer collectivement les leçons des erreurs passées… Il se...
Le capitalisme se gave tant et plus, mais sa boulimie le tuera. Il court à sa perte, car sa fuite vers l’avant le mène inexorablement à l’abime dans l’illusion qu’elle sera infinie… De toute façon, ce processus mort-né a été bien compris et fixé de longue date : les financiers ont lu Marx et ne se trompent pas en détournant nos progrès pour se constituer des réserves faramineuses les mettant pour longtemps à l’abri des crises à venir. Nos gains de productivité sont ainsi accaparés par la finance en paupérisant les masses et, par-dessus le marché (- c’est le cas de le dire), elle le fait avec de...
Ah… c’est beau le progrès, n’est-ce pas ? Les innovations ont d’incontestables avantages dont nous bénéficions au quotidien même s’il serait possible de vivre bien plus simplement. Mais ce confort sans cesse accru n’est qu’un moyen de toujours mieux nous tenir en laisse : si on nous privait de notre portable notre monde s’écroulerait et tomberait en dépression. Il nous est devenu impossible de retourner à l’état de nature ou au Jardin d’Eden, nous en avons perdu les capacités : si on nous lâchait à poil dans la jungle, on ne survivrait pas trois jours sans une formation de commando… mais dans la...
Vous vous sentez oppressé, exploité, humilié, pressé comme un citron… Le système vous piétine… mais le système, c’est nous parce que nous avons laissé faire en subissant la loi du marché… Si vous croyez que l’inflation actuelle est le fruit du hasard des circonstances, c’est que vous êtes bien naïf… Sans la contradiction, la liberté déraille : la contradiction empêche la formation de systèmes clos, destructeurs et figés. Le véritable libéralisme devrait être un antisystème car il est le fruit de la dynamique de la liberté humaine et devrait se battre contre toute aliénation, domination, exploitation…...
(Photo montage d’un certain Jason Steall sans certitude)
Coluche, cet enfoiré, était volontiers grossier mais il a créé les restos du cœur… Je vois mal Hanouna aux restos du cœur… Certes, l’un était grossier, mais l’autre est carrément vulgaire. Entre grossièreté et vulgarité, tout est question de ce que l’on respecte… et que respecte l’emblématique Hanouna sinon cette putain de merde de purée de punaise de bordel de cul de pompe à fric ? Le fric… le fric, toujours le fric… Une montagne de fric sous des coulées de merde… Les humains, ces animaux en perpétuelle quête de beauté et d’harmonie...
Comme pour le terme "Dieu", le capitalisme n’est qu’un mot, un gros-mot, une vulgarité ordurière qui n'existe pas physiquement en tant que tel : il n’est ni localisable, ni palpable. Seul existe le réseau des offres et des demandes fondamentalement dissociées et tout irait bien dans le meilleur des mondes si les humains n’avaient pas tant de défauts, s’ils n’étaient pas égoïstes, cruels, féroces, avares, boulimiques, indifférents, insensibles... C'est comme notre mémoire, elle n'est pas organisée elle non plus : seuls existent les réseaux de preuves et de considérations. Ainsi, il n'y a même pas...
(Photo Quim Fabregas)
Même sans jumelles, une chose saute aux yeux quand vous regardez vers l’Ouest : le rêve américain (- un des mythiques piliers de cette nation avec le "melting pot" et les colts à la ceinture) s’est brisé ou alors il est sacrément déformé. Autrefois, avec des idées, de l’audace et beaucoup de travail, la réussite vous tendait les bras… ça a bien changé… En tout cas, bosser ne suffit plus : pour réussir aux Etats-Unis de nos jours, il vaut mieux être en premier lieu riche et en bonne santé mais surtout avoir un bon avocat. Il faut dire que dans ce pays de Liberté, on ne...
Page du 27 février 2023, jour de retour vers le futur...
Les Américains, je les connais depuis ma petite enfance… Bill et Joe m’ont jeté des chewing-gums et du chocolat du haut de leurs camions militaires circulant en convois… Les GI’s nous avaient libérés mais malgré tout, je n’en pensais pas moins et ne leur souriais guère : même la paix retrouvée, des soldats et des fusils, c’est impressionnant pour un enfant. Je n’étais qu’un petit gamin de quatre ou cinq ans, mais j’avais compris par les conversations des adultes et leurs émotions, que la guerre est une horreur et les soldats étrangers une menace. Je m’en méfiais donc d’où qu’ils viennent. Quand...
(Photo de 1898 : le colonel Roosevelt après sa victoire à la bataille de San Juan)
Il faut bien que je trouve des raisons objectives à ma méfiance viscérale : si j’en veux aux Américains, c’est à cause de ma DMLA… L’antiaméricanisme primaire ne se réduit pas à la banale critique des États-Unis pour leur égoïsme et leur boulimie, c’est avant tout une tache aveugle dans notre focale correspondant à un discours vieux comme le Nouveau Monde, bien ancré et paraissant toujours aussi frais, pondu du jour. On constate une continuité surprenante dans cette opinion qui s’est répandue au niveau mondial...
Ce que nous redoutons de nos "amis" américains, c’est qu’ils nous ressemblent car ce sont des colonisateurs en puissance. On sait qu’ils font les choses en grand et nous craignons que ces aventuriers brutaux ne s’arrêtent pas une fois parvenus à la Côte Pacifique, qu’ils continuent toujours plus loin leur marche vers l’Ouest comme les Huns… et finissent par boucler la boucle. La mythologie populaire est puissante et c’est pour ne pas être pris de court que les Européens se sont empressés de les devancer afin d’occuper le terrain en Afrique et en Asie au 19ème siècle… Cela nous a donné une bonne...
Le pouvoir absolu rend fou absolument et Poutine aura beau discourir, il restera l’agresseur, mais d’un autre côté, de surenchères en surenchères, les Américains nous entraînent dans leur sillage vers la guerre. Même si parfois nous les avons précédés comme au Viêt-Nam, nous ne les avons pas toujours suivis de bon cœur comme en Irak et cela a entraîné quelques crises diplomatiques. La relation entre la France et les Etats-Unis est comparable à une caracole, cette tactique des reîtres allemands : plutôt que de charger comme des bourrins, nos diplomates se harcèlent en rangées successives et mouvantes...
(Heu... ce n'est pas moi sur la photo...)
Quand vous débarquez la première fois sur le sol américain, les contrôles sont rigoureux et sévères… on vous prend les empreintes de tous vos doigts et une photographie de vos yeux, c’est tout juste si on ne vous prélève pas un rein en caution… de quoi vous mettre dans l’ambiance et en condition… En réalité, je ne déteste pas les Américains eux-mêmes : si les cow-boys en uniforme à la frontière vous considèrent généralement comme du bétail, vous êtes accueilli chaleureusement quand vous sortez de l’aéroport. J’ai eu droit à ce même traitement mais...
Nous nous sommes tant aimés… À partir de 1865, cent milles américanophiles français se sont cotisés pour offrir fort symboliquement la Statue de la Liberté aux Américains. Pour l’occasion, on a fait appel au talent du Colmarien Bartholdi, mais aussi au savoir-faire de Gustave Eiffel et de Viollet-Le-Duc… En tout, l’affaire a couru sur vingt ans, il est vrai que les Américains ont un peu traîné des pieds… Se voir offrir la liberté par des Français est plutôt vexant quand on l'a conquise pas à pas et à coups de fusils. C’est Victor Hugo n’ayant plus que quelques mois à vivre qui aurait dû la dédicacer...
J’en veux aux Américains… D’où me vient cette vindicte quasi irrationnelle au point d’être iconoclaste ?… De ma déception pour en avoir trop attendu ? La pression des médias est si efficace qu’elle me laisse l’impression d’être le seul à pester contre eux. Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ressentiment est largement partagé dans le monde… Même si depuis les frasques de Poutine, on l’entend moins, "Yankee, Go Home" a été le slogan le plus hurlé dans le système solaire et la bannière étoilée est de loin, le drapeau le plus brûlé sur notre planète. Comme s’il fallait nommer le...
(Dessin de 1953 toujours d’actualité de l’Ukrainien Yuliy Ganf alors soviétique)
"Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie à parler je ne sais quoi…"chantait Michel Sardou… Effectivement, je devrais écouter ce vieux schnock et me montrer reconnaissant, mais non, ils sont si décevants… je leur en veux, mais c’est sans doute par dépit amoureux. Avec l’âge, j’ai appris qu’il vaut mieux dire leur vérité aux autres en riant plutôt qu’en les insultant : c’est la seule façon de s’exprimer sans se faire étriper quand tu t’adresses à des brutes, mais je craque… j’ai de moins en...
D’abord… On s’est farci quelques Indiens, des p’tits, des bruns, pour s’faire la main ! Dans la foulée, deux trois bisons… Oh pas grand-chose… soixante millions…! Ensuite, on a fait v’nir les noirs… c’est qui bosse dur ces grands gaillards ! Quand on avait des balles de trop, on s’tapait une chasse au négro. Puis vint l'époque des Ruscofs et des cocktails de Molotov. John Fitzgerald, le playboy et la panique sur Hanoi. Mais on visait toujours plus loin et l'ennemi fut le Martien. Méchant, hostile et plein de fiel il nous surveille depuis le ciel. Manquait plus qu'une seule race à not’ fameux tableau...