Page du 6 novembre 2022, jour des derniers bouquinistes...
De mon tabouret de bar, il me semble évident que dans ce monde de compétition truquée et de concurrence déloyale, ceux qui contrôle la monnaie détiennent le pouvoir et que le leadership ira dans la poche du pays à l’économie la plus forte et à la force de travail la plus rentable. Avec leur dollar en papier, les Américains s’engraissent et font payer un impôt au reste du monde. Je le payerais volontiers avec un chèque en bois comme Pierre Guiraud, un ébéniste énervé par les exigences de son percepteur : il en avait confectionné un de 1,5 sur 3 mètres (- je me demande s’il a gardé la souche). Le...
(Illustration par Karezoid Michal Karcz)
En économiste de comptoir, je me pose quelques questions stupides : si nous continuons à délocaliser à tour de bras, avec quel argent nos chômeurs achèteront-ils les produits bon marché fabriqués en Chine ? Pourquoi donc n’y a-t-il pas de rubrique "chômeurs" dans les pages jaunes ? Et pourquoi le taux de radiation est-il plus élevé à Pôle Emploi qu’à Tchernobyl ? Pourquoi nos usines ont elles cédé la place aux maisons de retraite et autres mouroirs ? Je n’attends pas vraiment de réponses, j’en ai ma petite idée, mais le constat est terrible… Notre industrie...
Page du 4 novembre 2022, jour dans l'entre-deux...
(Photo : Split Apple Rock en Nouvelle-Zélande)
- Allez, on y va, on court ! - Heu, après quoi ? - La croissance… - À quoi ça sert la croissance ? - À courir… Où suis-je encore tombé en me levant ce matin ? Où est ma gauche et où est ma droite dans ce brouillard ?… J’ai souvent bien du mal à me répondre… il m’arrive de me croire intelligent comme tout le monde, mais je dois être asymptomatique. Ainsi, je ne suis pas assez naïf pour être totalement de gauche, ni assez riche pour être carrément de droite. Ça ne sert à rien d’être riche : il suffit d’avoir assez d’argent pour ne pas en avoir besoin…...
Non, je n’ai pas le seum, je ne suis ni en PSL*, ni vénère . Par contre, si je ne vais pas me mettre à parler "Djeune" sous peine du plus grand ridicule, je suis malgré tout un boomer ayant eu la chance de naître en plein âge d'or, juste après la pénurie, et bien avant les problèmes ce qui m’accorde de sains repères même si ma mémoire fait des siennes plus souvent qu’à son tour. Depuis cette position privilégiée, je suis tenté de comparer, de classer, de mettre des notes à ce que je vis ou vois et c’est un reproche plutôt justifié que l’on pourra me faire. Il faut perdre quelque chose pour mesurer...
Joyeuse Halloween ! Là où nos potes iront, nous irons…Vous nous voyez porter des déguisements d’Halloween tout au long de l’année ? Ce serait rigolo… mais il y a des pays où ça se fait déjà et personne ne rigole… Des intégristes mortifères y imposent le port du niqab ou du tchador… Estimons-nous heureux, chez nous, la folie a des limites : les curés ne portent plus soutane à part quelques Orthodoxes et les bonnes sœurs en cornettes ne courent plus les rues que pour aller à un bal masqué. Que les citrouilles vous accompagnent donc tout au long de la Toussaint et que l’on en reste là !… Ces derniers...
(Photo sinistre d’Arthur Tress)
Sous un généreux soleil quasi estival, je me faisais ma petite marche sportive le long de la mer quand je me suis fait rattraper par une armée de zombies et de squelettes de toutes tailles… On aura beau critiquer l’aspect outrancièrement commercial d’Halloween, les masques sont quand même plus réjouissants que les chrysanthèmes de la Toussaint véhiculant tant de chagrins. Les plus fervents Chrétiens nous reprocheront ce retour païen à la barbarie tout en cédant à la tentation de manger la chair du Christ et de boire son sang à chaque messe… Beurk ! (- Mais comment...
Page du 31 octobre 2022, jour de fête des plantes...
(Les plantes nous aiment comme le dit et dessine Riton)
Dites… les gens qui chialent en épluchant des oignons un soir d’Halloween… vous ne pensez pas qu’il y a des choses plus graves dans la vie ? Voyons… grandissez un peu ! Vous me faites rigoler… Le plus grand péril qui menace l’univers, c’est ma disparition et vous pleurez pour quelques pelures… Il y a de quoi rire mais vous remarquerez que l’on rit avant tout de ce qui ne risque pas de nous arriver… or ce qui paraît inimaginable aujourd’hui, sera sans doute inévitable demain… Aussi, si l’on est convaincu de détenir la moindre vérité en ce...
Page du 30 octobre 2022, jour de chaud et froid...
(Photo de Frederik Schindler à Berchtesgaden)
On y est… selon l’ONU, nous allons franchir dans une quinzaine de jours le cap des huit milliards d’êtres humains sur la seule planète à notre disposition. Il fait de plus en plus chaud et nous sommes très nombreux à nous bercer dans l’illusion de vouloir en changer plutôt que de changer de manière de vivre. Ainsi, nous serons huit milliards à nous lever chaque matin, à nous débarbouiller plus ou moins vite ou à prendre une douche, à passer devant son miroir, doré ou usé, embué ou ébréché… en général, il ne renvoie que ce que nous voulons voir...
(Photo : Œuvre contemporaine et fugitive -Tomate et Tournesol à la Galerie de Londres - 2022)
Les loups rodent à nos portes, la menace totalitaire pèse, un retour à l’obscurantisme n’est pas à écarter… Heureusement, nous n’en sommes pas là et chacun se voudrait encore libre de penser et de s’exprimer. Penser, on s’imagine toujours pouvoir le faire librement puisqu’on ignore ou minimise ses propres formatages et ses conditionnements… mais quant à nous exprimer, c’est une autre affaire : il y a les autres dans l’histoire ! Seuls les simples d’esprit parviennent à dire sans détour ce qu’ils pensent...
Ce qui distingue les humains des autres animaux, c’est leur capacité à imaginer et à raconter des histoires aux autres et surtout à soi-même… J’avoue ne pas m’en priver. Ce qui accentue l’écart, c’est que les histoires ne meurent jamais vraiment. Ainsi ce qui parait incroyable peut arriver, le chaos et l’absurdité du monde peut trouver temporairement un sens et ce qui paraît la fin peut se révéler un éternel recommencement… Le monde ne va ni dans un bon sens, ni dans un mauvais, il va, tout simplement, indifférent à vous et moi, et à ce que je raconte. Et chacun, en retrouvant les autres chaque...
(Photo de Jörg Heidenberger)
Nous sommes très nombreux, huit milliards… et malgré nos innombrables points communs, nous sommes tous différents : grands, petits, fortunés, sans le sou, intelligents ou bête à manger du foin, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas Einstein ou Bill Gates qu’on a raté sa vie. Pour ma part, je suis le type le plus moyen du monde, un pot-pourri de tous ces aspects situé pile poil au sommet de toutes les courbes de Gauss… Il en faut bien un et c’est ma manière de me distinguer, mais plus moyen que moi, tu meures. Je me nomme Medium Lambda mais en France, vous m’appelez...
Ces derniers temps, au lieu de venir jeter ces mots sur cet écran, j’ai des envies de grasses matinées : plus je m’éveille, moins je désire m’intégrer… surtout dans cette société du tout jetable et de l’instantané. Mon besoin de liberté, même illusoire et superficiel, l’emporte encore pour un temps sur la sécurité factice que m’offre le groupe surtout quand son bourrage de crâne de plus en plus grossier me devient insupportable et pousse à la résistance. Je soulignerai toutefois que l'influence des courants de pensée ou artistiques propagés par l’internet, ou même des théories scientifiques vulgarisées...
(Dessin de Cardon)
Internet ou les réseaux sociaux sont de superbes inventions mais sont également d’efficaces moyens pour nous bourrer le crâne et nous orienter dans la direction voulue… Méfiance donc ! Tout bouge, tout change, on change naturellement avec l’âge, la société évolue et nous formate au fur et à mesure, mais d’un autre côté, mieux vaut ne pas tomber dans la paranoïa : tout n’est pas manipulation siffle le pauvre serpent de la Bible… Mais comment distinguer le vrai du faux entre la scientologie et la mécanique quantique, entre les images de Voie lactée et les pubs pour du lait...
(Carte postale d’Irak en souvenir d’Abou Ghraib)
La guerre serait très supportable à distance malgré la hausse des prix si elle ne s’accompagnait de son lot d’atrocités… Toute guerre est atroce, elle oppose des armées de morts-vivants qui se battent pour servir les intérêts de quelques égos démesurés et de charognards actionnaires. La brute n’est jamais très loin sous un casque ou un képi mais redevenue humaine, elle en paye le prix. Dans l’histoire, tout le monde est victime, même le tortionnaire : quel que soit le jugement de la société, ses actes le poursuivront sournoisement, silencieusement,...
C’est toujours plus facile à plusieurs, l’union fait la force… mais la force de qui ? Et pourquoi des personnes marchant un peu vite ensemble ont-elles tendance à synchroniser leurs pas ? Laissez vivre en autonomie une bande de gamins et ils vous rejoueront "Sa majesté des mouches". Ils vont se créer une nouvelle langue, des codes de conduites et des conditionnements pas forcément les plus tendres… La vie en société entraine nécessairement des conditionnements car il n’y a pas de groupe sans conditionnement : c’est inscrit dans nos gênes comme dans ceux des autres mammifères sociables. La société...
(Dessin : Le Chat de Geluck fait ses courses)
Les modes vont, viennent et font tourner le commerce comme tournent les éoliennes… Actuellement, les jeunes gens dans le vent et en tennis à semelles blanches, propres sur eux, ont les cheveux très courts, voire rasés. On le constate au fil du temps, les modes parcourent un grand cercle… ces jeunes renouent sans le savoir avec le look de ces bonnes brutes d’hooligans des années 60. Mais, si les hooligans avaient le crâne rasé, c’était pour une raison bien précise : lors des manifestations, la police anglaise, qui était souvent montée à cheval,...
Il y a dans les tréfonds de notre cerveau des replis si denses et profonds qu’aucune lumière ne peut s’en échapper. De temps à autres, seule l’horreur absolue manifeste la présence de ces trous noirs et se traduit par des faits divers glaçants qui nous pourrissent l’existence. Cela ouvre l’occasion à certaines parties des médias d’instrumentaliser notre dégoût pour nous entraîner dans leur sillage de haine et de vengeance en servant au passage les intérêts de leurs commanditaires. Bref, sortons de ce cauchemar, retrouvons nos préoccupations habituelles et relatives. En dehors de ces épisodes répugnants,...
(Peinture : La Ronde de nuit de Rembrandt avant son découpage en 1715)
À part de rares exceptions, nous sommes tous des aliénés… et il est dans la nature des troubles cognitifs de ne pas s’en rendre compte. Ce qui nous empêche d’être libres d'esprit, ce ne sont que quelques petites idées colportées et entretenues par l’information, elle-même manipulée par des mains fortunées. Elle est contrôlée, faussée, monopolisée, transformée en pâtée pour animaux de basse-cour. Ce n’est pas nouveau, mais les moyens de broyage actuels sont sans commune mesure par rapport à ceux du passé. La pire façon de...
(Photo : "La ronde de nuit" de Rembrandt vue sur portable)
Je suis libre, libre comme l’air, libre comme l’oiseau, libre !… Tu parles… Nous vivons certes en démocratie et personne ne viendra m’embastiller pour mes propos, je vote librement mais pas à mon gré… suis-je aussi libre que je l’imagine ? Si l’information n’est pas parfaite, mon vote devient insignifiant… Autant aller à la pêche... De nos jours, la gouvernance n'est plus appliquée en s’appuyant sur la police ou la Gestapo veillant en ronde de nuit sur notre léthargie mais plus économiquement grâce à la manipulation : on utilise la...
Page du 18 octobre 2022, jour des hommes de main...
(- Peinture de l'excellent Giovanni Gasparro)
Dans nos salles de cinéma, un alien provient d'un autre monde. Sur notre bonne vieille Terre, c’est un coutumier du désordre mental ou une personne soumise à des manipulations dont il n'a pas conscience. Du coup, là où l'on a le plus de chances de rencontrer un alien ici-bas, c'est dans un asile ou un stade de foot, devant une télé ou dans un bureau de vote. Nos élections ne sont pas truquées, mais nous votons n’importe comment pour élire n’importe quoi ! Le paradoxe suprême de la démocratie, c'est qu'elle permet d'élire à sa tête des individus...
(Dessin de Jitet Kustana)
Selon Arthur C.Clarke, toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie… Il est vrai que tous nos gadgets sont prodigieux, fantastiques, impressionnants… l’inconvénient, c’est que la technologie dévoyée par les boutiquiers devient une tumeur qui nous transforme en mollusques flasques, narcissiques et infantilisés, esclaves de nos innombrables machines impactant notre environnement. L'accroissement inconsidéré des dangers potentiels engendrés finit en épée de Damoclès menaçant la planète entière et, pour les plus pessimistes, mettant en cause notre...
(Dessin d'Angel Boligan)
La politesse, les bonnes manières, ça ne suffit pas : apprendre à vivre véritablement ensemble, voilà qui est passablement négligé dans notre éducation. Livré à soi, au gré des velléités des tempéraments qui s'affirment, se désavouent, se glorifient, se réprouvent, etc... à la va comme je te pousse, cahin-caha, perturbé par l’exemple de parents souvent séparés qui se sentent coupables, l'enfant se voit, par ailleurs, embrigadé de vive force par un train d'usages parfaitement réglementés, pré définis, emmené par un conditionnement vu comme une donne allant de soi....
(Illustration par Alex Gross)
Le système… le système… Quand votre monde ne tourne plus rond, peut-être est-il plus facile d’accuser un système que de se regarder dans la glace… Quelle que soit notre position géographique ou sociale sur cette planète, la pièce qui se joue est faussée dans sa trame. Situation viscéralement frustrante, dont nous ne sommes plus en mesure de discerner les causes et ce, la plus part du temps, de par notre éducation. À l'égal des ados en rébellion au sein de contraintes liées à des perspectives confuses, nous nous retournons contre un "système", alors que nous en...
"On ne peut pas résoudre un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré" constatait un Einstein pour le moins décalé… Effectivement, ce n’est pas le tout de vouloir s’en prendre à un système qui nous pourrit la vie, encore faut-il s’en extraire pour le visualiser et le localiser… Ce n’est pas évident car ce qui nous pose problème au niveau de notre gouvernance est sous nos yeux mais en dehors de tout éclairage : en partant du constat que, pour être réélus, nos politiciens doivent prendre des décisions populaires qui sont le plus souvent inefficaces et à court terme, quelques hauts fonctionnaires...
(Dessin d'Unger toujours d'actualité...)
Connaitriez-vous un métreur efficace ? Il aurait pour mission de passer par Matignon pour qu’ils les prennent enfin leurs mesures tant promises… "Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout" observait le sarcastique sénateur Henry Queuille alias "le petit père Queuille", symbole de l'inefficacité de la IVe République. Effectivement, depuis, rien ne bouge, notre inertie est devenue prodigieuse et bat tous les records : voyez les demi-mesures inapplicables prises par notre gouvernement devant le "défaut d’approvisionnement"...