En toute objectivité, nous pouvons constater que les deux extrémités de la vie, la naissance et la mort, sont des évènements déterminants indépendants de notre volonté et qu’il n’y a pas de mode d’emploi. Et si un vendeur est là pour vous conseiller, c’est bien plus souvent pour le pire que pour le meilleur alors que ce serait vraiment le moment de bénéficier d’informations pertinentes. Au lieu de cela, on nait sans le savoir puis on se retrouve compresser en troupeau dans des salles de classe et quand on a bien compris les leçons des vieux croûtons, on reçoit un joli diplôme de bonne conduite,...
La lucidité est manifestement la pire des pommes qu’on nous ait offerte : elle est empoisonnée par l’absurdité. L’absurdité, l’absurdité… tout nous y ramène sans cesse, les pommes, la réflexion autant que le quotidien… Elle manifeste autant notre désorientation que notre déception dans notre vaine recherche du sens. Les divers courants de la raison philosophique qui ne supposent pas a priori l'existence d'un sens, s’enfonce en tournoyant dans l’entonnoir de l'absurde et se le mettent sur la tête. La philosophie ne peut que constater sa propre absurdité et vexée, en tartine tout ce qui existe et...
Dès que l’on se pose un instant et que l’on réfléchit sur notre existence ou sur n’importe quel ouvrage qui ressemble à de la philosophie que l’on vient de lire, le doute s’instille sournoisement dans nos pensées… La question qui s’impose d’elle-même alors est de savoir si la méditation, la culture, la philosophie et son étude des grands auteurs, des vieux grimoires, rendent nécessairement sceptique ? Apparemment oui, la réflexion nous y mène mais la lecture le fait encore plus rapidement car nous avons tendance à attendre des réponses des autres au lieu de les rechercher par nous-même. La réflexion...
L’orgueil ou en tout cas une haute estime de nos capacités nous a longtemps poussés à caricaturer les hommes préhistoriques comme des brutes épaisses armées de massues et traînant leurs femmes par les cheveux. Pourtant, les hommes n’avaient pas moins de potentialités cérébrales il y a quelques dizaines de milliers d’années et sans doute, les ont-ils exploités au maximum pour simplement survivre et nous permettre d’être là : en fait, un profond respect semble de mise. Ils étaient sans doute « étranges » car leur mode de vie imposait qu'ils développent d'autres aptitudes que l'Occidental moyen du...
Au cours d’une vie, nous accumulons une quantité astronomique d’informations, fort heureusement notre mémoire est sélective et se charge de rendre inaccessible ce qui est sans importance. Mais lorsque nous prenons de l’âge, cette mémoire dont nous ne voyons que la partie immergée, effrayée par l’invraisemblable quantité de données qui continue à s’agglomérer sans fin, finit par éliminer de plus en plus et enregistrer de moins en moins. C’est pourquoi il importe de transmettre tant qu’on est encore en mesure de le faire. Nous éprouvons le besoin et le plaisir de transmettre à nos enfants tout le...
Suite de Fibonacci...
Les chiffres sont là, ils s’imposent dans la nature : à tout bout de champs fleuri, de prairie ondulante, de forêt touffue, on retrouve la suite de Fibonacci associée au Nombre d’or. Si Fibonacci voulait simplement s’amuser à compter des lapins, d’autres vont plus loin en affirmant que tout est mathématique y compris notre cerveau qui, comme les mathématiques, crée des mondes virtuels, qui sont des systèmes de pensée, avec des axiomes, qui sont des énoncés de ces systèmes. Les ingénieurs informaticiens tentant d’insuffler quelque intelligence artificielle à leurs puces savantes...
Selon nos tempéraments et nos facultés, l’immense point d’interrogation de l’avenir nous passionne, nous laisse perplexe ou bien nous inquiète. Élaborer des scénarios ingénieux ou fantaisistes est sans doute la caractéristique la plus marquante de notre espèce et des auteurs de Science-Fiction y sont passés maîtres. Ils nous font vivre par anticipation dans des mondes souvent étranges et poétiques ou dans de sinistres dystopies. Au vu de l’actualité, certains comme Orwell ou Huxley ont démontré à l’évidence des dons de prophétie, d’autres comme Ron Hubbard ont bien fait de se recycler du moins...
Si l’on vit sa vie, on meurt à la fin… nul n’y échappe. C’est banal n’est-ce pas ? Cela va de soi, tout le monde vous le dira. C’est valable pour toutes les formes de vie ou presque… Ce sont les règles du jeu. Maintenant, l'accepter ou pas est un tout autre discours : à y regarder de plus près, qu’il y a-t-il de normal dans le fait de mourir ? Quand je participe à un jeu, j’en accepte les règles, mais pour celui-là, d’une part, je n’avais rien demandé et d’autre part, personne ne m’a prévenu. C’est de la triche comme disent les gamins et je m’estime en droit de protester. Si elles sont puériles,...
Il y a quelques jours, on pouvait lire dans la rubrique faits divers de nos quotidiens qu’un jeune homme de vingt ans était mort étouffé par l’effondrement du trou qu’il s’était creusé dans une plage des Landes. Lorsqu’on creuse le thème de l’absurde, on se retrouve asphyxié par l’extrême solitude. Non pas la solitude physique ou morale partagée par des centaines et des centaines de millions de célibataires ou de personnes âgées de par le monde, mais la solitude inhérente à l’existence de chacun d’entre nous. Je parle ici de la solitude au sens absolu, le fait de ne jamais trouver dans ses sentiments,...
« Le monde est absurde !…Le monde est absurde ! » marmonnait dans sa barbe l’éternel ado. Mais non mon gars !!! Tu te trompes… Nous avons des tas d'explications pour le monde et en aucun cas, il ne saurait être absurde en lui-même : avec ou sans nous, il ne saurait être que ce qu’il est. Sa complexité et sa beauté ne nous ont pas attendus, elles nous ont précédés de très loin. Les fleurs sont parfois complexes mais la plupart du temps belles n’est-ce pas ? Elles étaient ainsi faites bien avant que nous les trouvions belles. Cette beauté n’est pas une parade sexuelle pour attirer un partenaire,...
Page du 7 août 2018 jour des questions sans réponse
Comme les cyniques de Diogène, matérialistes, subversifs, ironiques mais vertueux, j’ai bien appris ma leçon : introduction, développement, conclusion, et paf !... T’es mort… Terminus, tout le monde descend ! On ferme ! Rideau ! Clap de fin ! Coupez ! La vie s’offre à cet instant auquel nul n’échappe la sobriété d’un coup de hache. Pendant ce temps, en attendant Godot, les femmes continuent d’accoucher comme l’ont fait leurs mères : dans la douleur à cheval sur un tombeau… Tu fais l’amour, les enfants grandissent, et ça-y-est, t’es bon à jeter. Ce bref clignement d’œil met fin à une histoire immense...
Merci Gradimir Smudja.
J’aime les corbeaux et leur voix éraillée: bien mieux que nous, ils ouvrent leur large bec et croassent à s’enrouer l'épouvante de leurs vies désenchantées, l’horreur des jours parsemés d'erreurs. Pas de début, pas de fin, aucun savoir global : on naît, on vit, on trépasse, et c'est complètement tout. Certains esprits rieurs confineraient avec raison cette pensée à une farce. Aux autres de démontrer le contraire, espérons leurs trouvailles ... En attendant… Quand demain passeront des corbeaux hystériques Sous des cieux en furie pleurant une encre noire, Quand le fourbe horizon...
Tu trembles carcasse… Ce n’est sûrement pas de froid, qu’est-ce qui t’effraie? L’absurdité… Nous sommes cernés par l’absurdité, elle est partout, dans notre Histoire, nos religions, nos vies de dingues. Ce qu’il y a d’inquiétant et de terrible dans l’absurdité, c’est de ne pas la comprendre : ce n’est pas de la folie, c’est au contraire l’application d’une logique des plus rigoureuses à quelque chose que la raison est incapable de comprendre et qu’elle doit impérativement accepter. Les nazis, Staline, Pol Pot, Daesh ou Trump à sa manière, ce n’est malheureusement pas de la folie. Si la logique...
Les convictions précèdent-elles l'ambition ?...Ou bien est-ce l'inverse ? En tout cas, quitte à se couvrir de ridicule, il ne faut jamais hésiter à voir grand, surtout quand on est peu de chose se heurtant aux grains de sable. Ver de terre façon Ruy Blas, je commence par viser la pleine Lune, le temps que j’arrive, pas de veine ! l’éclipse du siècle, et paf ! je file dans le noir… pas grave, j’irai dans les étoiles façon Victor Hugo. Je réalise, au fur et à mesure, que, dans ces pages, j’ai entrepris sur le long terme un treizième travail d’Hercule Poirot avec l'objectif de remplir un énorme tonneau...
Depuis bien avant les artistes de la Grotte Chauvet ou de Lascaux, nous avons dessiné ce qui nous traversait l’esprit sur toutes sortes de supports plus ou moins pérennes jusqu’à ce qu’un beau jour la lumière impressionne la rétine des Corot, Pissarro, Cézanne, Renoir, Monet, Manet, Van Gogh et autres Morisot, et prenne le dessus sur le dessin : elle est devenue l’élément premier de leur œuvre puis ensuite la photographie a pris le relai. S’il fallait à tout prix laisser une trace, quelques traits et un peu de lumière sur les parois d’une grotte éternelle pour les générations futures, comme si...
J'ai trop d'ambition pour en avoir, mais quitte à ne pas être très ambitieux, je vais vous refaire l’Univers, moi ! Le monde m’est devenu trop petit. Pourtant, j’ai bien conscience et c’est le mot juste, de n’avoir rien d’exceptionnel : dès qu'une forme de vie a pris naissance, elle cherche à semer la pagaille dans toute organisation, elle postule le retour à la conscience-énergie à l'état pur, le Noûs du génial Anaxagore, la soupe initiale. Eh oui mon gars, il ne fallait pas naître après le Bigbang, c'était déjà bien trop tard, fallait pas naître non plus avant la fin du monde, c'était encore...
Page du 28 juillet 2018 jour de mes noires mémoires
Mes noires mémoires Mémoire : miroir d'années-lumière Noyant l'amère certitude De mordre bientôt la poussière Des chemins de décrépitude. Mémoire : clé pour le condamné Glissée dans un rayon de lune Qui lui offre de s'évader Sur cette échelle de fortune. Mémoire : miroir aux alouettes Scintillant sous des cieux sereins L'herbe parait toujours plus verte Quand on s'éloigne du jardin. Mémoire : miroir des faux-semblants, Des souvenirs réinventés, Compagne infidèle et pourtant Inlassablement caressée ! Miroir-menteur qu'on interroge Quand le présent soudain nous fuit Tandis que s’arrête aux horloges...
J’imagine que les animaux et l’inconscient savent tout, mais ne savent pas qu’ils savent. J’imagine que le conscient croit savoir, parce que lui sait qu'il sait. Or, ce qu'il sait, n'est que peu de choses, quasiment rien, quand ce ne sont pas que fadaises ou foutaises. Mais alors… comment puis-je être conscient d'une telle chose ?... Allez savoir…. Avec un minimum d’intelligence et de travail sur soi, ce ne doit guère être bien compliqué à comprendre : tout cela est observable pour peu qu'on se donne la peine de regarder autour et en soi. Mais, comme tous les ahuris limités, je ne crois que ce...
Quand on tend un miroir à un orang-outang qui a appris la langue des signes il fait le geste « c'est moi » et se regarde (ce n'est pas un réflexe appris). En même temps il faut bien constater que c'est l'homme qui a enseigné le langage à l'orang-outang et non l'inverse. Le fait est que c'est l'homme qui s'interroge sur le bienfondé de la disparition du loup ou du requin et non l'inverse. La puissance de l'être humain est incontestable, le bon sens permet de le constater tous les jours. Mais ce n’est pas la chose la mieux partagée, nous sommes menacés par notre utilisation peu intelligente de notre...
Je sais bien que les vérités du jour sont souvent ridiculisées le lendemain, mais il n’empêche qu’une de mes certitudes de gamin partagée avec nombre d’enfants est en train d’être admise par la communauté scientifique : l’homme et l’animal sont constitués de manière identique. Comme quoi, quand les savants sont fatigués, ils devraient écouter vraiment les gosses, ils gagneraient beaucoup de temps. La fraicheur d’esprit offre le privilège de disposer d’un regard nouveau avec des yeux tout neufs capables de nous montrer la vibration de la lumière, nos imperfections, les corpuscules mouvants et insaisissables...
La Bible et autres recueils de contes et légendes archaïques, ont marqué nos sociétés au fer rouge et continuent à nous imprégner. Où est-il écrit sinon dans la Genèse qu'il faut dresser des barrières entre les espèces ? Puisqu’il y est écrit que Dieu a fait le monde en cinq jours et a créé séparément son chef-d’œuvre le sixième, il ne saurait en être autrement. Qu’on le veuille ou non, nombre de nos préjugés et de nos schémas de pensées proviennent de là et il serait peut-être temps d’en prendre conscience. Que l’homme ne soit plus un animal tout à fait comme les autres, admettons, il y a quelques...
Une des expériences intérieures que j'ai faite, peut-être l’une des plus fortes, c'est la guerre de 14 ; je n’ai pas plus fait la guerre de 14 que celle de 3, mais je me suis plongé en immersion, j'ai vu beaucoup de photos et j'ai beaucoup lu ; je suis en particuliers hanté par le sort des animaux dans la « Grande guerre ». Un très beau livre « Héros oubliés : Les animaux dans la guerre » de Jean-Michel Derex et un magistral film de Spielberg « Cheval de guerre » démontrent à quel point tous ces animaux, et les chevaux en particulier, les mulets, les ânes, les éléphants sur les fronts d'Orient...
La complexité de la nature sera toujours supérieure à celle de toutes nos réalisations, elle restera une source intarissable d’inspiration. Par exemple, nos informaticiens voulant se protéger des hackers observent avec beaucoup de curiosité et d’attention le comportement des pingouins et en particulier leur stratégie de chasse en meute qui permet de prodiguer à chacun des membres du clan une part égale du butin. Un mécanisme complexe d'autorégulation de la traque du gibier permet à ceux qui ont été moins servis en poisson de se rattraper. La synchronisation des plongées et le jeu de roulement rapide...
Sans la société où il vit l’homme n’est rien, il n’y a pas d’homme, il n’y a que des enfants-loups. Nous sommes le résultat d’une très longue histoire, mais après l’idée que la Terre tourne autour du Soleil, puis celle de Darwin nous reliant indiscutablement au monde animal, l’idée qui bouleverse et divise le plus l’Humanité actuellement est celle que notre conscience dont nous faisons tant cas n’a rien d’exceptionnelle. Toutefois, selon ce qu’on en sait à ce jour, l’homme est le seul être vivant capable de se représenter sa vie sous un grand nombre de ses aspects et d’y trouver quantité de sens....
Mémoire de la terre... cuite.
Etape par étape, étage par étage, chacune reprenant le flambeau de la précédente, nos civilisations se sont construites pendant des durées si longues qu’elles dépassent nos mémoires : nos origines se sont effacées sous le sable et au bout d’un moment, on a eu l’impression que vivre ensemble en société organisée allait de soi, était dans l’ordre des choses, que cela nous était quasiment naturel. Chacune de nos inventions majeures provoqua pourtant de véritables révolutions du mode de vie, permettant à la population de croître et de passer à l’étape supérieure en enclenchant...