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Cahier décharge

Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 mars 2018 jour de la réalité.

Denis Vallier
Page du 23 mars 2018 jour de la réalité.
Page du 23 mars 2018 jour de la réalité.

Au décompte impossible de la multitude infinie de facteurs nécessaires depuis la première fraction de seconde de l’univers, il est invraisemblable que nous soyons tranquillement là de part et d’autre de ces lignes et pourtant c’est une évidence… Le possible est-il le contraire de l'impossible ? Ou bien en est-il un dérapage ? De plus, si l'on admet que, dans l'univers, rien ne peut exister sans son contraire, matière, antimatière, lumière, obscurité, chaud, froid, il nous faut admettre tout et son contraire. En règle générale, le contraire est toujours vrai d’ailleurs. Que dire alors de la notion...

Page du 22 mars 2018 jour d'interview.

Denis Vallier
Page du 22 mars 2018 jour d'interview.
Page du 22 mars 2018 jour d'interview.

Interview-express (et je l’avoue, un rien fantaisiste…) devant ma glace.Moi : - Ce que vous faites n’est pas ordinaire. Êtes-vous génial ? Mon reflet : - Cette question… Plus que génial, allons… Qui n’est pas un génie à ses yeux ?- Mais alors qu'est-ce que le génie ? - Ouvrez votre dictionnaire mon brave, nul n’ignore qu’un génie est un démon tutélaire qui préside à la conception, une sorte de voyeur de service bienveillant. Il s’agit donc de bien faire ce que l'on sait faire, d’accoucher dans les règles de l’art. Et de travailler en masse ! Mais le mot génie me gêne, c’est une abdication obscurantiste...

Page du 21 mars 2018 jour altruiste.

Denis Vallier
Page du 21 mars 2018 jour altruiste.
Page du 21 mars 2018 jour altruiste.

Si Rousseau était notre intellectuel de gauche préféré, Hobbes était son pendant ultra-libéral et derrière eux les rangs se sont formés. Rousseau était un teigneux, il s’opposait à Thomas Hobbes sur ce qui fondait la société. Pour Hobbes, le fondement de la société est un sentiment qui donne des limites à chacun, un sentiment de crainte qui fait que l’égoïsme de chacun forme le socle du vivre ensemble. Pour Rousseau, au contraire, l’amour de soi et la pitié que l’on pourrait traduire par égoïsme et altruisme, ne sont pas les deux pôles qui opposent l’état de nature à l’état de société, mais au...

Page du 20 mars 2018 jour de profil

Denis Vallier
Page du 20 mars 2018 jour de profil
Page du 20 mars 2018 jour de profil

Qu’aurait bien pu penser un père fondateur comme Jean-Jacques Rousseau de Facebook, de notre société, de nos comportements actuels, des tweets de Trump ?... À tous les coups, il en serait tombé sur son séant. Après avoir tenté vainement de se relever, ce très mauvais parent n’aurait pas manqué de nous rappeler que le passage de l’amour de soi digne et nécessaire à l’amour propre égoïste et puant nous a fait entrer dans l’Histoire de l’individu faisant société. En se frottant aux autres, l’individu oublie son essence actualisable, ce qui en lui peut passer du virtuel au réel, au profit de ce qu’une...

Page du 19 mars 2018 jour narcissique

Denis Vallier
Page du 19 mars 2018 jour narcissique
Page du 19 mars 2018 jour narcissique

Même quand on est une montagne, ne nous leurrons pas en nous mirant : la montagne aura fondu quand l’eau sera toujours là. Notre époque se leurre, l’heure est à l’individualisme, à l’égoïsme et au narcissisme. On s’imagine agir collectivement en nous agitant sur les réseaux sociaux, mais matériellement rien ne se passe, c’est du vent dans le cloud et les profiteurs continuent à profiter, les pollueurs à polluer et les massacreurs à massacrer. Par ailleurs, si s’accepter soi-même est une nécessité pour vivre pleinement, l’amour de soi est nécessairement égoïste. « On appelle égoïste l’homme qui...

Page du 18 mars 2018 jour de reflet dans l'eau

Denis Vallier
Page du 18 mars 2018 jour de reflet dans l'eau
Page du 18 mars 2018 jour de reflet dans l'eau

On convient fort souvent de l'importance à s'aimer soi-même mais rare sont ceux qui s'accordent sur le chemin à prendre pour y parvenir. Le nombrilisme ? L’ouverture sur les autres ? Solliciter leur regard bienveillant ? Quémander des petits pouces bleus ? La téléréalité ? Vous vous y connaissez ? Moi, je ne sais pas trop, cela me semble naturel, je le fais de moi-même depuis toujours même quand je me connaissais à peine… moi-même, moi m’aime… Je sais… une personne qui adore une autre, c'est déjà irritant pour les jaloux et les aigris, mais quand l'une et l'autre sont dans la même personne, c'est...

Page du 17 mars 2018 jour d'exploration

Denis Vallier
Page du 17 mars 2018 jour d'exploration
Page du 17 mars 2018 jour d'exploration

Plus ça va, plus je m'oublie au fur et à mesure que j'avance. Chaque petit matin brumeux est toujours une première fois, toujours différente, par effacement successifs et parce que cela ne peut être identique en raison d’une évolution que je ressens. L’effacement n’est jamais une simple disparition d’un coup de gomme, ce qui disparaît laisse la place à ce qui vient. On ne recommence jamais comme l'eau, cette quantité continue sur notre planète qui parle sans cesse use la pierre et jamais ne se répète. Je veux bien dire toujours la même chose, cela ne me gêne en rien, mais je m’use à me répéter....

Page du 16 mars 2018 jour de peinture

Denis Vallier
Page du 16 mars 2018 jour de peinture
Page du 16 mars 2018 jour de peinture

œuvre passagère... Modifier la qualité même du jour dans ce monde de brutes est la plus belle des œuvres d’art, passagère, volatile, certes, mais ô combien valorisante. Le beau est plus utile que le bon. Chaque fois que l'aube paraît, que nait le plus beau jour de ma vie, c’est-à-dire celui-ci, le mystère est là tout entier. Le plus intime, le plus impartageable réside dans l’«exister » intransitif qui est, cependant, le lot de tous. La vie, ça va de soi tout le temps, elle ne nous discerne pas dans la biosphère, c’est le fait de vivre qui est invraisemblable… Vivre, c'est à dire vivre par et pour...

Page du 15 mars 2018 jour algébrique.

Denis Vallier
Page du 15 mars 2018 jour algébrique.
Page du 15 mars 2018 jour algébrique.

Ce matin, je me suis levé pour une fois d’humeur plus algébrique que lubrique. Les deux pieds posés au sol, je me suis dit que ce qui est est ce qui n’est pas dans le symbole, ce qui n’est pas dans le rêve même si le rêve va toujours plus loin que la nuit… Ce qui est est, le reste se formule en négatif… Positif, négatif, c’est bien de l’algèbre ce que je raconte-là, des maths avec des lettres et on n’y comprend rien. Parménide me précède : « Il est nécessaire de dire et de penser que seul l'être est; un rien, en revanche, n'est pas. Pénètre-toi bien de cela. ». J’hésite, je suppose que ça peut...

Page du 14 mars 2018 jour intelligent

Denis Vallier
Page du 14 mars 2018 jour intelligent
Page du 14 mars 2018 jour intelligent

Un jour de plus qui s’acharne sadiquement à diminuer mon espérance de vie d’une journée… Mes yeux s’ouvrent sur une nouvelle aurore mais je garde ce que j’ai vu de la nuit sous mes paupières. Comme me disait (très rarement) ma mère, je suis un ange ; c’est vrai, je suis l’ange de ma réalité, le mystère de mon évidence, c’est-à-dire l’évidence du rien et comme telle la joie, d’être, de vivre, la joie tout court…un peu niaise, paradoxale, mais la joie quand même. L’imagination nécessairement finit par me ramener à la réalité, à ma vue, c’est elle que vous voyez ici en action... La fonction d'imagination,...

Page du 13 mars 2018 jour d'érection matinale

Denis Vallier
Page du 13 mars 2018 jour d'érection matinale
Page du 13 mars 2018 jour d'érection matinale

Dès l’aurore tout au long des années, je me lève pour voir si le visage du monde a changé et cela fait maintenant un grand nombre de décennies que cela dure. À trois ans, sans doute est-il naturel de considérer le monde comme une chose nouvelle puisque cette chose a à peine trois ans. Mais voilà qu’à sept, c’est pareil, à douze aussi, et qu’à dix-sept c’est encore pire. Et depuis, chaque matin de chaque année je nais, regarde et découvre avec surprise le monde qui m’entoure. Peut-être que je ne cesse et ne cesserai de naître « ainsi, toujours poussé(s) vers de nouveaux rivages » lamartiniens ?...

Page du 12 mars 2018 jour réveillé

Denis Vallier
Page du 12 mars 2018 jour réveillé
Page du 12 mars 2018 jour réveillé

Le « dormeur du val »… quelle puissante et tragique image ! Mais un éveillé au saut du lit… quel potentiel a priori… Ce serait quelqu'un qui aurait accepté et vivrait sa discontinuité. Jour ! Nuit ! Jour ! Le démantèlement en temps réel de son moi, est à chaque instant une mini-mort, un prêté pour un rendu, une scission d'avec ce qu'il était et sera, et c'est donc une suite d'explosions et de discontinuités sinon comment s’opèrerait le changement que l’on constate au fil des ans ? Il ne se fait pas brusquement à minuit à la Saint-Sylvestre. Le jour, on vit, la nuit on meurt, et ainsi de suite jusqu’à...

Page du 11 mars 2018 jour qui se lève

Denis Vallier
Page du 11 mars 2018 jour qui se lève
Page du 11 mars 2018 jour qui se lève

Partagés entre l'infiniment trop loin et le vertigineux trop près il ne reste qu'une seule amarre. Celle qui nous a fait fuir. Celle d'une réminiscence d'un monde soit trop dur soit trop faux. Celle de celui qui veut dire ou crier quelque chose de foncièrement vrai. Celle de celui qui saura trouver les mots justes pour nourrir le monde et soi-même. Malheureusement, nous nous oublions en route : il y a certainement beaucoup plus de distance entre la « même » personne prise à 25 ans d'intervalle qu'entre l'une de ces personnes et ses amis proches du moment. Une première lueur dans la nuit, loin,...

Page du 10 mars 2018 jour apeuré

Denis Vallier
Page du 10 mars 2018 jour apeuré
Page du 10 mars 2018 jour apeuré

Pourquoi mes nuits sont-elles toujours plus courtes que les nuits ? Le réveil toujours plus vite venu que le sommeil ? D’ailleurs, j’ai beau chercher, je ne trouve jamais le sommeil, c'est lui qui me trouve. Je ne sais rien de lui, il sait tout de moi. Comment saurais-je ce que je suis quand je dors ? Un corps, une « âme » ou un repaire inaccessible de sensations ? Je ne peux d’ailleurs rien en dire de mon sommeil parce que chaque fois que je m'apprête à l'observer, je m’endors… Il n’y a qu’un très bref coup d’œil, quasi imperceptible qu’il m’autorise et dont il me fait cadeau :celui qui me raccorde...

Page du 9 mars 2018 jour des nuits de Gassendi

Denis Vallier
Page du 9 mars 2018 jour des nuits de Gassendi
Page du 9 mars 2018 jour des nuits de Gassendi

Pierre Gassendi. Il n’y a pas que l’avenir qui appartienne à ceux qui se lèvent tôt, il y a le lointain passé aussi et ses pâles étoiles. Un superbe spécimen d’humanité en était persuadé : Pierre Gassendi, érudit provençal bon teint né près de Digne en 1592, contemporain bien moins connu que Descartes avec qui il était en bisbille, et qui se levait à deux ou trois heures du matin. Météore à la trajectoire superbe et au doux regard. Il fut le prince des éclipses, il en prévoyait l’apparition par le calcul et s’efforçait de les vérifier. Tout à fait accessoirement, il fut le prévôt de la cathédrale...

Page du 8 mars 2018 jour de vaisselle

Denis Vallier
Page du 8 mars 2018 jour de vaisselle
Page du 8 mars 2018 jour de vaisselle

Au départ, c’est quoi un homme ? Un être vivant organisé, anatomiquement, chimiquement, avec un métabolisme, une irritabilité nécessaire, des facultés de bouger, de se déplacer, capable de se reproduire, et de s’adapter aux variations du milieu, voire pour certains, d’agir sur ce milieu C’est une structures codées s'auto codant et donc évolutives, une information sur pieds structurante et signifiante… comme toutes les autres bestioles de cette planète et des autres : les araignées tissent bien leurs toiles, les castors construisent bien des barrages. (Les castors tuent les arbres rien que pour...

Page du 7 mars 2018 jour de la Joconde

Denis Vallier
Page du 7 mars 2018 jour de la Joconde
Page du 7 mars 2018 jour de la Joconde

Un peu partout et depuis fort longtemps, on estime que seules trois choses donnent la mesure d’un être humain: sa puissance, sa richesse et son malheur. Mais il est très prétentieux de s’accorder le droit d’évaluer qui que ce soit car sa valeur ne s’estime grossièrement qu’à l’épaisseur de ses ombres accumulées, transparentes une à une, mais obscures toutes ensemble. Nos têtes d'oignon bégayent leurs pelures et nous laissent perplexes. Des caméras multispectrales permettent d’éplucher les couches de peintures de nos plus célèbres croutes. Ainsi, sous les traits idéalisés et le sourire énigmatique...

Page du 6 mars 2018 jour sous la surface

Denis Vallier
Page du 6 mars 2018 jour sous la surface
Page du 6 mars 2018 jour sous la surface

Nous avons les pieds dans le temps, et la tête dans l'oubli. J’ai tant à dire sur tout ce que j’ai oublié… mais je ne sais plus trop ce que c’était. Le vrai drame, c’est de ne pouvoir organiser l'oubli et la perte… Avoir le choix d’effacer ce que l’on voudrait de notre mémoire serait un luxe suprême que même les nababs ne pourraient se payer. Mais est-ce bien le hasard qui fait qu'on oublie, ou qu'on perde ? Qui efface le tableau ? Qu’est-ce qui est derrière ce geste ? Angoissant, non ? On ne constate qu'on a perdu un souvenir que si on se met à le rechercher. Pourquoi l’a-t-on perdu ? Oublié ?...

Page du 5 mars 2018 jour avec une fenêtre sous un volcan

Denis Vallier
Page du 5 mars 2018 jour avec une fenêtre sous un volcan
Page du 5 mars 2018 jour avec une fenêtre sous un volcan

Nos vies, nos œuvres, ce court voyage immobile… Dans ce non-voyage qui en est un malgré tout, nous tentons courageusement de garder les yeux grand ouverts, lucides et curieux. Pas de fuite à la Michaux dans des univers parallèles pour voir la réalité différemment. Il s’agit toujours d’ivresse, même si elle est à l’eau pure. Qu’elle est vaine une vie sans ivresse… Nul besoin d’héroïne ou de coke, un livre nous suffit. Il suffit de lire pour se mettre en retrait et laisser surgir l’évènement. On reproche actuellement aux gamins de s’isoler dans le virtuel, mais on oublie un peu vite la puissance...

Page du 4 mars 2018 jour immobile

Denis Vallier
Page du 4 mars 2018 jour immobile
Page du 4 mars 2018 jour immobile

La terre a porté des personnes vraiment prodigieuses par le passé et revisiter leur génie est un régal. Leibnitz, l’inventeur du calcul infinitésimal qui a tant compliqué nos années lycée, était de ceux-là. Pour ce surdoué touche-à-tout ayant appris le latin et le grec tout seul étant gamin, « une âme ne peut lire en elle-même, elle ne saurait développer tout d’un coup ses replis car ils vont à l’infini ». On a voulu déduire de cette phrase l’intuition de l’existence de l’inconscient et des fractales qu’aurait eu Leibnitz à la fin de 18ème siècle. Deleuze, très admiratif, a écrit « Pli » en s’inspirant...

Page du 3 mars 2018 jour en kit.

Denis Vallier
Page du 3 mars 2018 jour en kit.
Page du 3 mars 2018 jour en kit.

Tout bouge, tout change… C’est bien beau de changer, mais ce n’est pas sans conséquences. Chaque matin vous ouvrez les yeux libre de toute connaissance, de tout savoir qui quelques secondes plus tard vous re-saisira et vous avalera tout cru. Chaque matin, par la grâce de cette petite mort qu'est le sommeil, vous revenez à l'éveil vierge de votre « moi ». L'exercice de la liberté consiste à durer de plus en plus longtemps dans l'éclairage et dans la conscience de ce complexe, de cette sidération de soi qu'est le « moi » et l'immixtion de la loi des autres en soi. Le penseur est une pensée, il n'y...

Page du 2 mars 2018 jour de glace et de miroir

Denis Vallier
Page du 2 mars 2018 jour de glace et de miroir
Page du 2 mars 2018 jour de glace et de miroir

J’ai posé ma question et la nuit m’a répondu que tout n’est qu’illusion, que l’impression d’être quelqu’un de bien défini, qui, sans être un autre, n’est pas tout à fait le même que la veille, provient de ma mémoire ou plus précisément de ce qui en nous sélectionne dans cette mémoire les éléments du puzzle assemblé en quelques instants au réveil. Le cocktail varie chaque jour, des composants subsistent tels quels, d’autres s’atténuent, s’amplifient, disparaissent, réapparaissent. Le socle semble solide mais une substance quelle qu’elle soit ne saurait demeurer éternellement immuable : qu’est-ce...

Page du 1er mars 2018 jour de tir de chasse

Denis Vallier
Page du 1er mars 2018 jour de tir de chasse
Page du 1er mars 2018 jour de tir de chasse

Tous les matins je me lève en ayant l’impression d’être quelqu’un, plutôt de bien d’ailleurs, en tout cas d’unique, de ne faire qu’un. Quelqu’un de définissable, de racontable. À partir de là, un bon conseil : quand quelqu’un se décide à vous montrer qui il est vraiment, ne le croyez que la première fois… Effectivement, comment se définir en étant juge et partie ? Est-il possible de se décrire objectivement à partir d’une impression ? S’attribuer une identité parait dès lors très compliqué et si on s’y attèle, le plus facile semble de distinguer tout d’abord un support qui serait immuable : ce...

Page du 28 février 2018 jour de l'Euromillion.

Denis Vallier
Page du 28 février 2018 jour de l'Euromillion.
Page du 28 février 2018 jour de l'Euromillion.

En 2012, Hollande affichait sans vergogne son goût pour le changement. Ce qu’il taisait, c’est qu’il voulait avant tout qu’on change de président, pour le reste, il y avait le temps. Sur l’autre bord, lors de la même campagne, « la France forte » de Sarkozy voulait réaffirmer a contrario l’identité même de la France immuable, solide comme un roc, et l’image associée nous montrait sur un fond d’une mer indifférente, le capitaine du navire, Sarkozy le Hongrois de Neuilly en surimpression. Là aussi, deux signaux opposés entre l’image et l’écrit. Quoi de plus mouvant, quoi de plus incertain que la...

Page du 27 février 2018 jour du changement.

Denis Vallier
Page du 27 février 2018 jour du changement.
Page du 27 février 2018 jour du changement.

Nous nous imaginons roseaux alors que nous ne sommes qu’oignons pensants. Moi n’est qu’une étiquette que me colle ma pensée, couche par couche, jour après jour, pour, à la fin, devenir un autre, un autre que moi. Personne n’est le premier venu. Pour ma part, je ne m’en lasse pas pas plus que l’on ne se lasse dans un voyage de retrouver chaque jour le même asphalte, les mêmes rails, et pourtant de découvrir de nouveaux paysages, d’explorer des contrées inconnues, de frayer de nouvelles voies parallèles, en biais ou perpendiculaires. « Moi » est initialement l’objet unique de cette espèce de journal...