J’ai beau lutter et me démener, mes archétypes fonctionnent, mes a priori sont bien ancrés. Ainsi, à mes yeux innocents et écarquillés, la femme et les chats demeurent des cadeaux de la Nature. Ils partagent nombre de points communs et en particulier, tous les deux vous choisissent. Ces bestioles nous ramènent toujours un peu de l'inconnu qu'ils ont visité. Ils en rapportent parfois l'essence et très souvent les meurtrissures. Je ne parlais que des chats, mais vous pouvez en être sûrs, un jour, ils se fatigueront de nous et partiront en emportant tout le poisson… Mon chat est un génie : il comprit...
En ce qui concerne l’espèce humaine, tout ce que je peux affirmer des différences entre hommes et femmes, hormis quelques données anatomiques et physiologiques, n’est que pure spéculation. Ce qui est sûr, c’est que nous avons été conçus dans le même moule, avec des ingrédients très légèrement différents, mais, pour des raisons X ou Y, à l'arrivée on n'a pas la même forme. Toute forme est un assemblage de forces contraires ; en l'homme aussi bien qu'en la femme, n'y aurait-il pas encore une part masculine et une part féminine assemblées, l'une ayant puissance d'agir, l'autre de pâtir (ressentir...
Les femmes communiquent pleinement entre elles depuis toujours. Elles partagent, du fond de leur âme (- si on a eu la générosité ou l’inconscience de leur en accorder une) avec leurs sœurs, leurs mères, leurs amies, et apparemment ceci est bon pour leur santé. Passer du temps avec une amie est tout aussi bénéfique pour leur état général que de faire du jogging ou du yoga. Ne pas entretenir de relations personnelles de qualité leur est aussi néfaste que de fumer ou de boire de l’alcool ! Donc, Mesdames, chaque fois que vous passez du temps à papoter avec vos amies, dites-vous que vous avez bien...
Au court d’une conférence du patron du département Psychiatrie à Stanford traitant du rapport entre le corps et l’esprit, du lien entre le stress et la maladie, l’orateur a, entre autres, affirmé que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d’entretenir ses relations avec ses amies. Tout l’auditoire a éclaté de rire, mais il était tout à fait sérieux. Les femmes ont des relations d'échange entre elles qui engendrent des systèmes de soutien grâce auxquels elles gèrent...
Conseil d’ami, Messieurs, arrondissez les angles : dès que vous en avez l’occasion, offrez des fleurs à votre compagne de son vivant… sur sa tombe, ce sera trop tard… Nos femmes aiment les fleurs mais surtout, elles attendent qu’on leur offre nos orchidées sur un plateau… (- à propos, le mot orchidée a une étymologie remarquable : il vient du grec orchis qui veut dire testicules. Il parait que les tubercules de certaines orchidées ressemblent comme deux gouttes d’eau, selon certains obsédés, à cette partie du corps. Ça devrait nous donner des idées de cadeau pour la Saint Valentin.). Dès le bagage...
Comment ça…les hommes et les femmes seraient les mêmes ? Avoir un chromosome différent n’aurait aucune influence sur nos cerveaux quand on sait que le mongolisme est un handicap majeur ? Je ne précise pas qui est handicapé mais, égarés en voiture, les hommes, attendent vingt minutes en moyenne avant de demander leur chemin, contre seulement dix minutes pour les femmes. Les muets de sexe masculin tournent encore… Ce ne serait dû qu’à notre éducation ? Le chromosome mâle qui nous différencie est XY, alors que le chromosome femelle est XX. On pourrait donc dire que le mâle, c'est la différence, alors...
L’homme et la femme, ce sont deux corps, certes différents, mais prévus pour s’emboîter harmonieusement, sans effort, comme le tenon et la mortaise… mais dans le même temps, c’est l’union de l’Histoire avec la Nature. J’entends déjà des hurlements (- car il y a, bien sûr, d’heureuses exceptions pour me contredire) mais le constructivisme aura beau dire et bien qu’il soit toujours choquant de se voir condamné par son origine biologique, ce sont, primitivement, deux destins différents. Le principe masculin cherchant à se démarquer du reste de l'univers en s’en appropriant une minuscule portion et...
(Illustration par Alexander Lefler)...
"Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé, Qu'on est bien dans ces bras-là! " chantait Guy Béart en souriant… à l’époque, personne n’y voyait à redire : les sexes ne pouvaient être qu’opposés, on avait un genre ou on ne l’avait pas… Une fois de plus, et c'est tout à fait normal, notre vocabulaire charrie les à priori de notre culture. La société elle-même retrouve logiquement à son échelle les turbulences de la différence éprouvante (- au sens d'éprouver, de mise à l'épreuve) qui déjà s'exprime au sein d'un couple. Nier que les genres s’opposent...
Page du 2 juillet 2020 jour de complainte de la zone
Ronsard’la zone C'est décidé, j'fous tout en l'air Parc'que ma greluche, elle fait la tête. Je peux même pas tâter son derrière, Paraîtrait qu'on n'est pas des bêtes… Depuis qu'elle lit d'la poésie, J'la r'connais plus, c'est plus la même, È r'garde le ciel et elle sourit Avec une tronche de mi-carême. Même sa gamelle elle y touche pas, Elle a maigri, c'est pas croyable ! Et quand elle dort moi ça m’accable,, Ça m'attendrit, on s'refait pas ! Mais moi, y m'faut un peu d'amour Sinon j'déraille et j'perds la boule Rendez-vous compte, ça fait quinz’ jours Qu'elle n’a pas chatouillé mes boules ! Alors,...
Que peut bien-t-il se passer entre quatre murs ? Quels détails du ménage, du partage du lit, de l’éducation des enfants et de toute l’organisation matérielle vont mettre en péril progressivement l’équilibre d’un couple ? Comment se reconstituent dans un intérieur les luttes sociales, raciales, sexuelles ? Vont-ils s’en libérer ? Quel rôle joue l’argent ? À quel moment les murs deviennent-ils des passoires de toutes les maladies sociales ? Ont-ils jamais protégé de quoi que ce soit ? Faut-il renoncer ? Qui va gagner? Lui ? Elle ? Et que va-t-il arriver aux petits, qui les réunissent et les divisent...
Belle jeunesse ou vieux croûtons, quand le vent d’amour se lève, il nous balaye comme fétus de paille. On se prend au jeu et gamelles sur gamelles, on tombe amoureux comme des mouches. On tombe amoureux comme on tombe malade, c’est une épidémie… mais comment guérir de l’amour qui n’est qu’un rêve ? Dans cette affaire, on ne sait jamais qui est le rêve de qui… Nous acceptons volontiers l’idée que les hormones stimulent nos neurones alors qu’on sait très bien que l’amour rend idiot et on fait tout pour en produire ... des hormones. On tente de s’habituer… non, ce n'est pas le mot juste… de maîtriser...
Jules et Jim ne sont pas des personnages de fiction, ils ont bel et bien aimé tous les deux la superbe Catherine. Le film vire au drame mais dans la vraie vie, l’histoire se termine plutôt bien, Henri-Pierre Roche était l’ami du couple Frantz et Helen, les parents de Stéphane Hessel, et son livre est à l’origine du film de François Truffaut. Ah…tomber amoureux…que de souvenirs, des bons, des moins bons, des pas bons du tout… Ça fait plutôt mal de tomber, mais nous sommes incorrigibles, rien ne nous sert de leçon, on retourne toujours à la bataille avec la fleur au zizi ou à la "boutonnière" et...
On nous saoule de guimauve et de drames, mais deux personnes qui fêtent leurs noces d’or après avoir passé cinquante ans côte à côte sans rien savoir l’une de l’autre, c’est peut-être ça l’amour véritable… On peut connaître quelqu'un depuis des années et s'apercevoir brusquement qu'on ne sait pas au juste la couleur de ses yeux ni la forme de son nez. Peut-être est-ce bon signe car la vérité du jour surgit au moment où l'on en oublie les traits de surface pour apercevoir ce qui se cache derrière eux. L'esprit de l'autre, comme l'amour, est sans visage... Le quotidien est souvent décevant mais l’extra...
Page du 29 juillet 2020 jour de transverbération...
On ne sait jamais trop de quoi l’on parle quand il s’agit d’amour mais on peut toujours dire que c’est désirer ce que l’on possède même si c’est une folie. Comme tout philosophe, Spinoza est en quête du "souverain bien" qui supporte l’idée qu’il faudrait désirer ce qu’on possède, ce dont l’obtention n’épuise pas le désir… Pour son cas plutôt exceptionnel, il s’agit de ce qu’il appelle "Dieu", c’est-à-dire la totalité, mais il est possible de considérer que pour le quidam lambda, le "souverain bien" n’est accessible qu’à l’intérieur même de ce qui semble par avance décevant dans la mesure où on...
La vie est prodigieuse, c’est un miracle permanent que nous banalisons allègrement. On a beau nous raconter des histoires, on le sait bien, nous n’en aurons qu’une et il n’y a pas de bouton "reset". La vie ne nous accorde qu’une seule chance d’être vivant et du coup, nous consacrons une bonne partie de notre énergie dans la recherche de jouissances. Elles peuvent prendre plusieurs formes et se situer à plusieurs degrés. À chacun son niveau, ses ambitions et sa hauteur de vue mais nous sommes nombreux à aller au plus simple en nous satisfaisant des plaisirs sexuels quand l’occasion se présente....
Page du 27 juillet 2020 jour presque au présent...
Lorsque la vie nous accorde un petit moment de bonheur, elle est déjà en train de le gommer, il s’estompe et on ne le voit que de dos…"Ce que je suis, je ne le sais pas, ce que je sais, je ne le suis plus"…du coup, pas moyen de vivre pleinement l’instant présent à cause de ce décalage, observe Jankélévitch. Il y a malgré tout une exception à ce régime d’existence, à ce paradoxe constitutif : faire l’amour. En faisant l’amour, on éprouve à la fois le sentiment d’être bel et bien là avec l’autre et dans le même temps, celui de vivre pleinement ce qu’on y fait ; la présence de soi et de l’autre n’est...
Et un beau jour d’enfance, il y eu ce coup de tonnerre dans un ciel bleu, un superbe éblouissement… La surprise de mon premier orgasme demeure une expérience relativement banale, je l’admets volontiers, mais qui va bien au-delà du simple plaisir éprouvé : c’était le plus intrigant étonnement qui soit, ineffable sur le coup… D’où venait-il ce truc ?!!! Il m’en a fallu du temps pour y mettre des mots !… J’étais relativement précoce mais je m’en souviens comme si c’était hier ! C’était la célébration merveilleuse d’une existence totale enfin unifiée, la jouissance du premier envol pour l’oiseau, la...
Un dernier regard, un dernier sourire Quelques pas Mon amour est mort Je lui parle encore tendrement, tout doucement La tristesse infinie de la séparation Rend mon poème sombre, infiniment Pour que là-bas, au loin, Tout au fond des airs, Il emporte mon dernier souffle Jusqu’à ses lèvres Dans un dernier baiser On le sait d’expérience, les amours meurent. Ce qui tue l’amour, ce n’est pas la routine, c’est le temps qui use les hormones. On le sait mais on refuse d’y croire et chaque fois, on est surpris. Pourtant, c’est bien connu, le bonheur s’accompagne toujours de l’inquiétude de ne plus l’être...
Tout se mélange, tout s’assemble dessous les apparences, aucune chose n’est pure ici-bas même l’amour, cette eau de vie, celle de la source… Pourtant, c’est la joie elle-même, celle qui vous transporte… L’amour nous sature de ses hormones et comme pour toutes les drogues dures, il est facile de tomber dans l’addiction mais difficile d’en sortir. D’ailleurs, on l’identifie tout autant par la souffrance qu’il provoque que par l’euphorie qu’on ressent. Joie et souffrance ne vont pas l’une sans l’autre… A-t-on idée de vouloir vivre ainsi écartelés à la Ravaillac ! Le pragmatique (- mais très "spinoziste")...
L’amour est parait-il un oiseau rebelle qui se moque des convenances et des normes sociales : dans les romans et les opéras, on ne tombe jamais amoureux de la personne qu’il faudrait socialement ou bien si cela arrive, ce n’est pas pour la bonne raison que cela se produit. Mais, il y a-t-il une bonne raison ? L’amour est fou au sens propre comme au sens surréaliste du terme : c’est une magie, une illumination, une création, une invention… Chagall a parfaitement illustré ce surgissement de l’étrange et de la magie dans le quotidien par "l’Anniversaire", un curieux tableau peint en 1915: dans un...
C’est si triste et romantique le feu qui décline dans l’âtre … C’est si douloureux un amour qui s’éteint, qui tombe en cendres, trois petit tours et puis s’envole en fumée… Mais dites-moi, qui est encore assez fou ou stupide pour attendre de l’amour qu’il dure toujours ? Ce ne serait plus de l’amour, il se transformerait en un brouet insipide ou en eau de boudin... l’amour est une flamme et qui s’y frotte s’y brûle les ailes comme le déclare la sagesse populaire. Les jeunes générations ne connaissent peut-être pas (- ou mal) Landru, l’homme au foyer, le véritable Barbe-Bleue. C’était un tueur en...
La vie d'marin parfois est rude J'avais des longitudes extrêmes Pour ton triangle des Bermudes T'étais mon petit matin blême Ah… l’amour de passage… la grand large… champs de bataille, draps souillés, lit en vrac et mines terreuses… On se dit à la prochaine, on ne sait même pas son nom… Il peut être terrible le petit matin blême … L'amour foutre et les horreurs de la guerre… Le chemin des dames… Dites-vous bien que ce ne sera jamais la der des ders : on se réfugie toujours dans l’amour pour fuir les peines de cœur… à tachycarder ainsi, on risque l’explosion. Puisqu'on se lasse de tout, pourquoi...
Coluche est mort, il sera donc encensé, mais la crudité actuelle d’un Bigard sera considérée bien souvent comme de la vulgarité quand celle d’une Blanche Gardin fera sourire. Pourquoi ce traitement de faveur ? Parce que c’est une femme ? Les hommes, ces gros ballots, s’imaginent avoir le monopole de la gaudriole et des blagues salaces mais qu’ils se fassent oublier un instant dans une conversation entre filles et ils tomberont sur les fesses. Pourquoi ce que nous nous autorisons en petit comité ne peut-il s’étendre à la sphère publique ? Quelles forces sont à l’œuvre pour maintenir cette bienséance...
(Illustration par Vitalli Semenenko)
Toits et toi La ville était à nous, paisible et endormie. Deux trois ombres coulaient sur ses veines de pierre Pour rejoindre en silence leurs modestes abris Ou de riches hôtels, sinistres et austères. Nous étions sur les toits, échappés et joyeux Allongés côte-à-côte, juste heureux d’être là Deux ados se cachant du regard des vieux Dans la brume glacée d’une soirée de frimas. Nous aurions pu aussi bien mourir ou bien danser Jouer du violon, chanter dans la nuit noire Nous aurions dû courir pour mieux nous envoler… Nous nous sommes enlacés, il était bien trop...
Il n'y a que les personnes amoureuses, estourbies par les hormones et bonnes pour l’asile qui peuvent parler de l'amour mais il est assez aisé de se remettre en condition quand on a connu cet état renversant…. Mains et doigts entremêlés, ils s'en allaient par les chemins ; ils n’avaient plus faim, ils n’avaient plus soif que l’un de l’autre… Et l'abandon, doux édredon, ce provoquant abandon, qu'il est profond… Quelle illusion ! Tu ne peux pas parler d'une illusion tant que tu n'en a pas été l'objet... à moins d'être un romancier ou un poète. Parce que quand tu en es sorti, ce que tu ne voyais pas...