Tant que cela se passe en-dessous de la ceinture, même les pires grippe-sous sont très généreux… Contrairement au panda qui a du mal à se stimuler, nous ne sommes pas avares de notre semence : nous sommes prêts à donner tout ce que nous avons jusqu’à la dernière goutte. Dites-moi quelle damnation nous condamne à ces chaleurs permanentes… Ça tombe bien, pour les reproductrices bien disposées, le sperme que les mâles dispersent à tout va devint le liquide le plus précieux de la création. Tout le monde devrait s’y retrouver, mais la société et en particulier les religions sont venues mettre le holà...
Page du 19 juin 2020 jour de voyage dans le temps...
Nous sommes tous passés par un accouchement sans doute encore plus éprouvant pour le nouveau-né que pour la mère. La nature est bien faite, sauf accident, nous n’en gardons pas de traumatismes apparents, impossible de remonter jusque-là. Manifestement, ce n’est pas le véritable moment de notre naissance, mais en y repensant, qu'est-ce donc qu'une grossesse et qu'un accouchement, sinon ... un voyage dans le temps ?... Les femmes sont des machines à voyager dans le temps et l’espace. Si, si ! Je sens vaciller votre cartésianisme ! Les femmes prennent corps et le rendent. À l'évidence, leur utérus...
A la suite du Grand Confinement, la vente des tests de grossesse a explosé en pharmacie et vous voyez nombre de jeunes femmes enceintes sourire à la vie. Mais, à part les hormones, qu’est-ce qui les rend si heureuses et rayonnantes ? Serait-ce la satisfaction du devoir accompli? Cela ne relèverait-il pas du contrat social ? De la reconnaissance d’un statut ? Dans les sociétés traditionalistes, la grossesse signe en effet le lien et l'engagement durable des parents ; elle met la femme à sa place, là où elle doit être et rester, dans le rôle qui lui était à elle seule conféré par la nature : celui...
Quoi de plus rond, de plus plein, de plus parfait qu’une femme enceinte ? Elle s'avance, éternelle, indestructible, belle et bien là, aussi belle qu'une nuit sans nuage où scintillent des myriades d'étoiles qui brillent comme autant de diamants de l'eau la plus pure. Dans ses yeux se reflètent l'aurore d’une nouvelle vie, la luminosité d’un matin calme, comme si en elle l’éternel se mêlait à l'humain... Elle porte l’enfant de l’univers… La femme-mère, la femme-monde, réveille ici un lyrisme ampoulé aussi ridicule que dépassé au 21ème siècle, n’est-ce pas ? C’est normal : il y a au moins un domaine...
La vie sort de l’eau Le ruisseau de la source L’alarme de l’œil La colère de ses gonds Et l’homme d’une vulve Vous allez dire que je suis obsédé et il y a du vrai, mais c’est par l’incroyable merveille qu’est la vie… les vulves, les pénis, les fesses, les seins, sont d’une telle banalité de nos jours… L’Origine du Monde qui a fait un scandale de tous les diables à son époque s’inscrirait aujourd’hui banalement dans le nouveau traitement des images (- pornographiques entres autres), dans leur diffusion illimitée, emblématique de notre relation actuelle aberrante au visible et à la réalité. D’où,...
L'Origine du Monde vue par Courbet en 1866...
"Pour qu’une femme naisse, il faut qu’une jeune fille meure" disait-on joliment dans un autre siècle… mais ce qui devait être une fête était souvent vécu comme un drame. Vous imaginez aisément la catastrophe et les mines déconfites quand le criminel était un godemiché… Certains d’entre nous rêvent d’avoir 72 houris à déflorer indéfiniment… Il ne faut pas en rire, le sujet est toujours sensible et ce depuis fort longtemps. Si évoquer le sexe masculin est toujours source de plaisanteries égrillardes ou bien de compassion amusée par contre, dès qu’on aborde...
Page du 14 juin 2020 jour de l'origine du monde...
Ô toi vierge impatiente, femme non encore née ! Entre donc dans l’arène… Tout ce qui a trait à la virginité et à sa perte imprègne nos diverses cultures. Il faut dire que la moitié de la population est directement concernée et que l’autre en fait toute une histoire qui, parfois, vire à l’obsession. Pourtant, dans certaines contrées bénies mais remplies de serpents comme Guam dans les Îles Mariannes, une loi à contre-pied de l’avis répandu stipule qu'une vierge n’a pas le droit de se marier. Même si elle est un territoire non incorporé des États-Unis, elle en fait partie et qui peut s’imaginer qu’aux...
Défloraison n’est pas raison… Mais oraison pour une fleur… La caresse est lissée par une main sensuelle Et l'on voit sur la peau courir mille frissons. Les doigts glissent des seins jusqu’au cœur du buisson Se faufilent audacieux sous la fine dentelle. Sa bouche a tout goûté même au creux de l’aisselle, Sa paume a enveloppé le fragile mamelon, La mignonne a frémi quand s'est couché sur elle Le garçon vigoureux au sexe dur et long. L’inquiétude a voilé un instant sa prunelle Et son regard humide où le plaisir se mêle Redoute la déraison que toute sa chair appelle. Ses reins se sont cambrés sous...
Les piliers de bar vous le diront, la vie est une maladie sexuellement transmissible… "fatale à 100 %" renchérira le poivrot du fond.... Vivre, c'est bricoler comme on peut dans l'incurable. Hors de question d’ouvrir des livres et de chercher un remède à la vie ou à l’amour, il n’y en a pas, faisons plutôt bon usage de cette douleur que l’on s’inflige. Ermite perché dans sa grotte ou bonne sœur cloîtrée derrière ses murs, nous aurons beau faire, notre esprit finira toujours par se soumettre à notre chair d’une manière ou d’une autre, nul n’est infaillible. Ils n’auront pas besoin de se confesser,...
Quand tout fout le camp, quand tout nous échappe… tout le secret du bonheur est d’accepter qu’on ne contrôle rien du tout. Par exemple, nous pensons être une espèce inventive capable d’innovations prodigieuses qui nous sauveront de l’autodestruction, mais en réalité, le génie créatif de nos jeunes gens, en particulier des garçons, n’a qu’un seul but : séduire le maximum de partenaires pour nous multiplier encore plus. Il n’y a là rien d’extraordinaire, la plupart des mâles des autres espèces font de même. Pour cela, nos jeunes de tous sexes sont capables d’élaborer des stratégies amoureuses dignes...
Même si on adore la vie, on aime nos morts… D ans le film "Saint Amour", Depardieu, en bon gros paysan tendre et attentionné, continue à communiquer avec sa femme décédée en lui racontant ses journées par le menu sur son répondeur : "- elle est peut-être morte, mais elle est toujours joignable"… "-Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis." ne cessait de répéter Victor Hugo à sa fille… Léopoldine portait le nom de son frère Léopold, le premier enfant de Victor Hugo, mort à 5 mois. Il apprit la noyade accidentelle de sa fille, spirituelle et gracieuse, en lisant le journal sur...
Copier, coller, copier, coller, toucher, couler, copuler… C’est chouette la reproduction et son petit café autour de la photocopieuse… Allez Messieurs, trinquons à nos femmes ! Qu’elles ne soient jamais veuves !... Surtout qu’on parle de diminuer de moitié leurs pensions de réversion… "Que la lumière soit !" (Dieu) "Et vous là-bas, taisez-vous, éteigniez la lumière et faites vos devoirs !". La raison est manifestement une valeur diurne… "Croissez et multipliez" et allez-y à fond !…les Tables de la Loi étaient avant tout des tables de multiplication. On obéit aux injonctions venues du ciel quand...
« Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous...
Ils avaient cru malin de poser le nouveau panneau sens interdit aux deux extrémités de ma rue, la rue Raymond Devos. Je sais… c’est con… c'était un panneau de sens interdit avec inscrit sur la bande blanche : INTERDIT AUX CONS, et sous le panneau : SAUF RIVERAINS. Ça a provoqué la consternation générale dans le quartier. Gêne et râles. Personnellement, je ne me sentais pas concerné ; de toute façon, j'étais riverain, donc la question ne se posait même pas. Mais il y avait parfois des embouteillages devant les panneaux car, à cause d'une autodiscipline bien peu coutumière, il faut le dire, et à...
Quelques amis bienveillants vont jusqu’à me trouver parfois un brin de talent… Moi, ça me fait sourire : quand je me compare à des maîtres, j’ai beau fouiller, rien qui s’y apparente dans mes bavardages. J’ai au mieux de temps à autres quelques loupiotes qui clignotent mais par contre, je suis convaincu de posséder des talents cachés… ça, oui ! Le problème, c’est qu’ils sont sacrément bien cachés. Je les cherche comme ces amis qui toute leur vie ont cherché en vain un trésor ou bien comme ces proches qui cherchent désespérément leurs bijoux de famille qu’ils ont si bien cachés que personne ne les...
De toute façon on est tous tous des cons des contrits des tribus on est tous des cons des contri bu ables Les cons, c'est comme le dahu… Tout l' monde veut faire croire à tout l' monde que nous en sommes entourés, qu’ils nous cernent mais qu’on n’est pas concernés…. Chacun échappe donc à cette tare rédhibitoire qu'il désigne du doigt. Comme j'en ai fréquenté quelques-uns et qu'aussi j'ai été affublé de ce peu délicat vocable, si ressemblant à un sigle, c'est en connaisseur que j'en fais un prédicat. Si dans le midi, elle n’est qu’une ponctuation, il est remarquable de constater par ailleurs que...
C’est une observation banale : dès que nous prenons le volant, nous nous transformons en une chimère hybride mi chair humaine, mi métal. Au moindre incident, nous nous métamorphosons en un monstre éructant et postillonnant à donner des cauchemars à Kafka. Il m’arrive alors, comme tout un chacun, de me faire traiter de con. Cela m’amuse toujours considérablement et m’aide à comprendre l'ignorance de l’Homo automobilus insultant. Quoi de plus sinistrement drôle et édifiant que le spectacle d’un type furibond éructant dans l’habitacle d’une auto ? S’il savait jusqu’où je peux aller en la matière…...
La vie n’est pas bien compliquée à condition de se répéter jour après jour « travaille, fais des gosses, agis sagement, regarde la télé, consomme… tout en se disant en boucle "je suis libre ! Je suis libre !" »… Si l’on n’est pas noir de peau aux Etats-Unis, il est vrai que la vie en société nous apporte confort et sécurité. En échange, il nous faut travailler et payer nos impôts. Et sur ce plan, ces esclavagistes de Taylor et de Ford avaient raison : on travaille mieux, plus vite et avec moins de fatigue quand on est à plusieurs plutôt que chacun de son côté. Mais cela reste à condition de bien...
Page du 2 juin 2020 jour de Peter et de Dilbert...
Tel fossoyeur qui creuse les tombes pour les autres dans le noir, y tombera de lui-même. Je m’acharne à faire le compte des turpitudes que nous partageons et en observateur distrait par l’abstrait, j’oublie qu’au moment où j’observe, je figure parmi les acteurs du tableau de genre que je veux décrire. Pour tout tableau, il y a là un passage de flambeau du peintre au tableau et puis ensuite du tableau à celui qui le regarde même si ce spectateur est le peintre lui-même, il s'en trouvera donc changé, et ne sera plus le même et changera de ce fait sa perception du tableau, devenu maintenant un tout...
- Tu places deux miroirs face à face dans le vide et sans lumière… qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir réfléchir ? Eh bé tu vois c’est ce qui se passe dans ta tronche de naze … - Ouah con ! Qu’il est con ce con ! - De toute façon, toi et les autres, vous n’êtes qu’une bande d’enfoirés ! Des loques, des tarés, des raclures dégénérées ! Tous, tant que vous êtes ! Même pas des quarts de bâtards !… Et, comme tous les soirs, j’ai quitté le bistrot en hurlant… non mais… ils me gonflent ces fins de races ! - Trouve un seul juste et j'épargnerai la ville… m’a glissé au passage le vieux schnock qui tient...
L’Europe n’est qu’une fable de La Fontaine à l’échelle d’un continent : les fourmis marchandes et protestantes du Nord refusent de prendre en charge les déboires et les défauts structurels des cigales latines du Sud. A l’Ouest les Anglais se sont tirés une balle dans le pied et sont hors-jeux tandis qu’à l’Est les rudes échappés du goulag comptent leurs billes et les points. Au milieu, l’Allemagne et la France tentent de recoller la vaisselle cassée pendant que le Luxembourg en compagnie de la Suisse, ce morpion opportuniste et cynique, lavent de concert l’argent sale et engrangent la monnaie....
On peut très bien vivre sa vie entre ses choux et ses chèvres et la vivre agréablement sans trop se poser de questions, mais dès qu’on s’intéresse au pourquoi du comment, cela devient une toute autre histoire. On peut très bien également chercher la vérité pour la connaître (- c’est-à-dire philosopher) dans son coin et élaborer son propre système et s’en satisfaire autant que d’un autre, mais, manifestement, notre recherche du vrai aura de fortes chances de passer à côté de la réalité de ce monde. Pour me faire une idée du vrai, je ne peux faire l’économie d’un savoir le plus encyclopédique possible...
« C'est parce que la foule est une masse inerte, incompréhensive et passive, qu'il faut la frapper de temps en temps, pour qu'on connaisse à ses grognements d'ours où elle est - et où elle en est. Elle est assez inoffensive malgré qu'elle soit le nombre, parce qu'elle combat l'intelligence. » diagnostiquait cruellement Alfred Jarry. Partout où la bien-pensance suinte ou prêche, Dada surgit… La masse domestiquée n’est pas le peuple guidé au combat par la Liberté aux seins nus piétinant les cadavres : « Souvent la foule trahit le peuple » à ce qu’en regrettait Victor Hugo et vous emmène au pas de...
Elle a certains aspects novateurs et positifs, mais globalement, cette époque de gadgets est médiocre. Médiocre, c’est le mot… Les gens médiocres se complaisent dans un environnement médiocre qui, à force, imperceptiblement, devient la norme. Je trempe dans ce bain tiède et, finalement, je fais joujou avec mes gadgets en plastique et je m’y sens bien mais parfois, je me demande où sont passées les libertés que j’ai connues, notre fraternité, notre solidarité, notre culture, notre joie de vivre ? Il y a bien sûr toujours des êtres d’exception qui relèvent le niveau mais inexorablement, années après...
<page du 27 mai 2020 jour des enfants mitraille...
Photo de James Nachtwey au Congo en 2008...
- Il n’y a pas si longtemps que ça, des hommes se mangeaient entre eux. Vois-tu mon enfant, on appelait ça le cannibalisme… Incroyable non ? Quand viendra donc le temps où un père pourra apprendre à son petit : - Autrefois, les hommes se battaient et se tuaient entre eux. On appelait ça la guerre. Effroyable, n’est-ce pas… ? Mais je ne te dis pas tout, il y avait bien pire, j’ose à peine te le dire tant c’est terrible… on enlevait des enfants, on les terrorisait et puis on les droguait, on les armait et on en faisait des machines à tuer… je les appelais...