Qui dit « fin du monde », dit Mayas puisque des siècles plus tard, ils remettent régulièrement l’apocalypse sur le tapis avec leur fameuse roue calendaire et leur « Compte Long » du temps en nous affirmant que nous sommes à la fin du 13ème baktun, une fin de cycle. Approximativement, « apocalypse » se traduirait chez eux par « ça va bien se passer »… Si vous parvenez à déchiffrer leurs glyphes, vous comprendrez qu’à la fin d’un cycle de 5125 ans pour les uns, 26 000 ans pour les autres, on efface tout et on recommence : il nous faut repasser par la case départ sans recevoir 20 000 francs (j’en...
Feu et souffle nous ont fait de verre … temps et frottements … nous retournerons poussière. Nous nous imaginons solides et transparents mais quand nous ne nous cassons pas, nous coulons. Si vous observez les très vielles fenêtres moyenâgeuses, leur verre est nettement plus épais en bas qu'en haut. Le verre coule, lentement, mais il coule comme les grains du sablier, c’est un liquide… un peu dur, certes, mais si on l’étudie à l'échelle microscopique, sa structure est complètement désordonnée ce qui est caractéristique des liquides. Pourtant, il paraît bien figé dans la durée, mais c’est une erreur...
Quand le Soleil enflera, l’eau des océans gonflera, s’évaporera et commencera à se disperser dans l’espace avec notre atmosphère qui est particulièrement fine. Paradoxalement, dans un premier temps, au fur et à mesure que l’air se raréfiera, le froid du vide tombera sur terre comme l’hiver de Mars : -260°, ça fait froid dans le dos et ça plombe l’ambiance… Il fera alternativement très chaud le jour et très froid la nuit mais il y aura bien longtemps que nos traces se seront effacées… Blanc désert Le vent rare et ténu souffle un semblant de vieSous les étoiles sans nom de ce lieu ancestralQue la...
Un jour, notre si belle terre se ratatinera comme une vieille pomme desséchée par la faute d’une géante rouge… Mourir, serait-ce se tenir nu dans le vent et se fondre dans le soleil ? Ça aurait de l’allure mais il n’y aurait plus de témoins. Il n'y a rien de plus gros que le complexe de supériorité d'une étoile qui se transforme en géante rouge. On pourrait retarder l’échéance en éloignant mètre par mètre la Terre du Soleil en utilisant la force gravitationnelle d’astéroïdes de passage mais aucune planète ne peut échapper éternellement à son destin : il est inéluctable. Mais d’ici là, tout peut...
Nous vivons dans l’inquiétude tout en redoutant le calme plat. Si nous n’avons pas de problèmes, pas de soucis, nous nous en créons car toute menace est porteuse d’espérances. S’il n’y avait pas de menace, si tout allait bien sur terre, alors il n’y aurait pas de place pour le changement et qui n’avance pas recule dans ce monde en perpétuel mouvement. En temps de crise, notre imagination est prolifique. Non seulement nous avons à résoudre des problèmes pratiques et techniques, mais nous avons à inventer un nouveau mode de vie. Les pires dangers que nous ayons à affronter alors, sont notre pessimisme...
Un Américain sur quatre est persuadé qu’il verra la fin du monde de son vivant…Du coup, les survivalistes ont transformé le sous-sol américain en une gigantesque termitière équipée d’armes sophistiquées, de boites de conserve et de tout le confort. C’est un gaspillage absurde mais logique : quand tout s’écroule autour de vous et si l’on veut survivre aux aléas du chaos, on ne peut plus compter que sur soi-même et il vaut mieux se méfier des autres. Dans le Désert du Mojave au Sud de la Californie, cette paranoïa collective s’exprime sous une autre forme bien plus sympathique : là-bas, chaque année,...
Peu importe à quelle époque on naît, on finit toujours par la quitter, mais c’est un privilège extraordinaire que d’être né à notre époque : outre le spectacle d’une prodigieuse explosion technologique et démographique nous avons un ticket pour assister à l’Armageddon en étant placés aux premières loges. C’est comme être nés au tout début de l’Histoire, au moment clé. Une grande catastrophe nous menace donc à plus ou moins long termes. Dans un premier temps, l’effet de serre va entraîner plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère et donc plus de précipitations brutales et destructrices. On pourrait...
Page du 12 octobre 2018 jour du dernier des Mohicans
On a beau croire en l’éternité et aux contes et légendes, le soleil sera réduit en poussières compactes dans 5 milliards d’années et puis c’est tout. Mais bien avant, dans 900 millions d’années, les conditions seront déjà telles qu’il n’y aura plus que des organismes unicellulaires sur Terre. Une sorte de fin de cycle, un retour au point de départ. La vie sur terre est bien plus proche de sa fin que de son apparition ; toute cette vie si foisonnante disparaîtra dans la nuit comme les larmes dans la pluie… Pour des organismes, cela peut paraître long, mais 900 millions d’années, cela passe vite...
À quelques jours près, les scientifiques sont comme les pires sectaires : eux aussi prédisent la fin du monde avec force arguments. Ce n’est pas demain la veille, certes, mais quand il sera au bord de l’épuisement, le soleil passera par toutes les couleurs : dans cinq milliards d’années, il se transformera en géante rouge qui viendra frôler notre planète puis se rétractera en naine noire et selon les scientifiques, il ne rase pas gratis : la Terre essuiera un sacré chaud et froid. L’univers, finalement, c’est grand mais ce n’est pas grand-chose : il est constitué avant tout d’hydrogène qui, avec...
Selon les oiseaux de mauvaise augure et les sinistres sectaires tout de sombre vêtus brandissant leurs pancartes « La fin du monde approche », la fin du monde est annoncée pour la fin du mois. Et si ce n’est pas celui-ci, ce sera le suivant. Elle aura lieu dans une soupe aux champignons radioactifs après le bulletin Météo du soir : « Partiellement nuageux, risque de pluies épaisses. Maximum prévu : 3800 degrés ». Elvis Presley ressortira de sa cachette pour l’occasion et chantera « Blue Suede Shoes » et Mireille Mathieu « Z'avez pas vu Mirza? »... À force de fréquenter de près la catastrophe annoncée,...
Page du 9 octobre 2018 jour en voie de disparition
Dans l’absolu, le destin de l’individu, s’il est forcément tragique, rejoint celui des civilisations et finalement de son espèce toute entière. Giambattista Vico observait depuis l’Italie du XVIIème siècle que « la nature des peuples est d'abord cruelle, puis sévère, puis clémente, puis délicate et, pour en finir, dissolue ».Je ne sais pas trop où on en est mais ce qui est certain, c’est que, malgré l’Arche de Noé, l es espèces vivantes sur Terre actuellement ne représentent approximativement que 1% de toutes les espèces que la planète a connu. Les scientifiques estiment en effet que 99% des espèces...
Vert déluge Sur le flanc arrondi de la collineQui domine le petit village,Prospère un verger de cerisiersOù les enfants s’en vont jouerDans la chaleur d’après-midi,Les uns comme les autres s’y plaisent,Au printemps c’est une féérie.Au milieu des cerisiers si vieuxQu'ils se courbent au-dessus des têtes des promeneursUn mince sentier traverse le verger.Ils sont si denses et si touffus,Penchés sur ce passage qu'ils ombragent,Que l'on se sent englouti par une forêt sauvage,Étouffante et farouche.Mais peu de fauves dans nos sous-bois,Pas plus de tigres que de panthères.Le sentier mène à un hallierDe...
Pour qui je me prends ? Suis-je si important pour étaler ici, aux yeux de tous, mes réflexions, l’intimité de mes pensées ? Le monde est plein de gens qui meurent de faim dans l’angoisse, d’opprimés sous le feu de la mitraille vivant dans la terreur, de personnes malades attendant la fin et tous aimeraient bien pouvoir s’exprimer en tapotant le clavier d'un Dell sous une température contrôlée par ordinateur. C’est autrement important. Il y a des jours comme ça où la réalité a plus de sens que ma vie, le contenant plus d’intelligence que le contenu. Je suis en chicane avec le monde qui me nourrit...
S'adapter au non-sens et se dire que ça n'a aucune importance d'être ici ou là… n’est-ce qu’une mauvaise habitude ou bien est-ce une perversion ? Serait-ce le non-sens interdit qui donne au sens tout son sens ? Ou au moins un sens. C’est possible… Mais il faut se méfier autant de la panne des sens que des coups de pompe ! Et d'aucuns (pervers !), d’ajouter : « Il y a plus dur encore que de trouver pourquoi nous sommes-là. Essayez donc de découvrir pourquoi y rester. » Dans le fond, tout au fond, qu'est-ce que ça peut bien faire que je sois planté là et que je ne m’en aille nulle part ? se demandent...
C'est chouette ! Souvent, je me sens bien !Pas de l'amour ou du bon vin,Ni de l'argent, ni du soleil,Pas de connaître des merveilles Mais de me voir à ce point sot !Bêta crétin débile idiot ! Sot de n'aimer que ma mémoire,Sot de parler à des miroirsEt seul au monde dans ma sueur,Abandonné à mes erreurs. Quand je le sais, je me sens mieux,Je ne veux plus fermer les yeux,Ou bien alors pour écouterLe pas des amis s’éloigner Alors plus rien ne me retient,Ni haine ou peur du lendemain,Même les rires des souvenirsSe font lointains, deviennent soupirs. Je me sens prêt à m’envolerUn fait divers à la télé...
« P.D.Q. Bach » pseudonyme de l’hilarant et irrésistible Peter Schickele...
L'absurdité, de ma vie et de ce qui l’entoure, est avérée. Soit, mais elle est sans cesse renouvelée et du coup, je remercie tous les jours, l’imbécillité joyeuse et merveilleusement équilibrée qui me permet de l’accepter, cette innocence tentatrice qui m’accorde une inextinguible joie de vivre dénuée de tout fondement quand le navire est en train de couler.À chacun son Gloria ! « Je vis, et je ne sais pas pour combien de temps, je mourrai et je ne sais pas quand, je m'en vais, et je ne sais pas où, je m'étonne d'être aussi...
La plupart du temps, je me lève joyeusement de bon matin parce que d’une part, j’attends quelque chose de cette nouvelle journée et d’autre part, j'ai l’envie d’embarrasser tout le monde en étant persuadé que vous m’aurez mal lu… J’aime la vie et surtout ma vie, c’est une chance pour elle mais elle ne s’en rend pas compte… et si de plus je peux aimer même les jours les plus vides de ma vie, alors j'aurai gagné quelque chose de précieux de ces jours... Fort heureusement pour nous, le présent semble éternel quand on lui prête attention : je vis chaque moment avec un plaisir de sybarite comme une...
Je me surprends bien souvent à imiter mon regretté philosophe de perroquet, lui qui répétait en boucle : « Être ou ne pas être ? Telle est la réponse ! ». Autrement dit, tout comme lui, je finis par m’en balancer dans mon hamac de tous nos doutes métaphysiques. L’exemple vient des hautes sphères puisque l’univers lui-même n’est qu’un gigantesque pendule où tout ne tient qu'à un fil élastique, tout part de rien, puis y revient. Tout va, tout vient et ce rien n'est pas rien, puisque tout part de lui et y revient… Sur notre bonne vieille planète, les continents eux aussi, vont et viennent et s’en...
Les cormorans aptères sur les îles des Galápagos rêvent peut-être de l’immortalité des méduses à longueur de temps mais sont avant tout une parfaite démonstration de l'évolution des espèces en fonction de leur milieu naturel : leurs ancêtres étaient des cormorans lambda avec des ailes de cormorans mais les eaux de ces rivages étant si poissonneuses, il leur a suffi d’être bon nageur pour prospérer. N’ayant pas de prédateur à fuir sur l'archipel, les oiseaux anormaux nés avec des ailes atrophiées peu propices au vol mais bien plus à la nage ont pu survivre en toute tranquillité. La mort ne sanctionnant...
Pour un regard froid et lucide, tous nos efforts, nos plaisirs, nos joies nos peines, tout ce qui fait notre vie semble vain et voué au néant. Cependant, je n’ai qu’une conscience floue de cette inutilité absurde : je ne l’approche que quand j’y réfléchis, le reste du temps, elle m’est tout à fait égale. Parfois quand j’y réfléchi je me dis que c’est même notre chance : la mort permet aux espèces de s'adapter à un environnement changeant par le renouvellement des générations. Ce n'est pas une punition mais le moteur efficace de l’évolution. D’ailleurs les morts gardent toujours quelques droits...
Illustration par Ronald On.
Constat absurde Que sont tes pleurs sur le bitume ? Où vont ces pas, toutes ces viesQui disparaissent dans la brume et t'abandonnent à l'ennui ?Le savais-tu, au fond du lit, ce jour d'école où tu gardasTon corps d'enfant au creux du nid, tremblant de fièvre et de frimas ? Le savais-tu ce Grand Pays où l'horizon est sans saveurOù l’ailleurs est un autre ici et le rosier, un crève-cœur ?Tous les géants sont de chimère et tous les rêves, de noire suie.Notre avenir est de poussière, un corbillard que l’on poursuit. Même en marchant à reculons, le vide est là qui nous attend.Même...
Il était une fois Sisif, une termite un peu zinzin, qui, lassée de besogner pour des prunes, d'un grain de sable se fit un piédestal. Elle aimait regarder ses consœurs s'agiter autour d'elle vacant à leurs occupations. Elle jetait sur elles un regard condescendant, les estimant ignorantes de la petitesse de leurs besognes. Parfois le passage d'une de ces ouvrières, venait à ébranler son grain de sable piédestal, aussi notre amie entreprit-elle de consolider son socle : elle agença 3 grains ensemble pour poser le premier ce qui en fit 4, puis elle en rajouta 9 par en dessous ce qui fit 13 au total...
La vie est formidable, prodigieuse, miraculeuse et les mots sont faibles, mais à y regarder de plus près, rien ne peut être qui ne soit absurde. Nous avons tant d’énergie à dépenser et nous sommes si nombreux que cela pose problème… s’il est bon de courir, nager, glisser, jouir de tout ce que peut nous offrir notre corps, il est tout aussi absurde d’en abuser. Mais au bilan, sortir du néant, faire son petit numéro et disparaître à jamais… n’être qu’un brave humain qui a la trouille de crever, qui veut se vider testicules et ovaires et qui cherche à « réussir », il y a des jours où on se demande...
Nos fonctions organiques sont tout autant digestives et rénales que cognitives ou autres mais avant tout indispensables à notre bon fonctionnement. Assumons-nous en fonctionnant, puisqu'on est fait pour ça. Quel bien-être après avoir pissé, pété, déféqué, éjaculé, éliminé tout ce qui nous encombre l’esprit comme le reste, tout ce que notre verni social et nos religions ont fait glisser en coulisse sous une chape de pudibonderie : on se sent libéré d’un poids comme si tout ce que nous exprimions nous faisait du bien… ne serait-ce que ça la vie ? Fonctionner ? Absorber ? Éliminer ? Non pas se débarrasser...
Dans la vie, tout n’est qu’équilibre et mouvements, mais c’est avant tout un énorme besoin à satisfaire qui regroupe nombre de besoins secondaires. Je ne vois aucune raison de les hiérarchiser et d’en passer certains sous silence plus que d’autres. La scatologie mériterait de retrouver la simplicité naturelle de notre « Comment allez-vous ? » quotidien. Pour les plus urgents, c’est la deuxième porte à gauche. En un an, une personne ordinaire utilise en moyenne 2500 fois les toilettes. L’endroit mériterait un investissement à la hauteur de son usage pour en faire la pièce la plus agréable de nos...